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samedi 05 déc 2009

Commentaires

Claudia

Tout d'abord, bravo pour votre nomination et bienvenue dans la 'National Capital-e nationale' euh , la vraie, celle du pays tout entier que nous appelons le Canada (où vous trouverez, oh miracle! toujours des francophones, de la côte ouest aux Maritimes).

Moi, je trouve que Montréal n'est pas assez 'groundée'. Elle se prend pour le nombril des Québécois au complet, y compris ceux de l'Abitibi et de la Côte-Nord, because son statut de carrefour qui dessert les trois-quarts du marché de la province. J'ai habité la Rive-Sud pendant quatre ans et me suis familiarisée avec le labyrinthe bétonné et déprimant des autoroutes entre le 514 et le 450, les voies à sens unique autour de la montagne sur l'Île, les rues hyper-étroites non déneigées sur le Plateau, cet espèce de 'snobisme-parce-que-tu-ne-fais-pas-partie-de-la-gang', le smog qui teint le ciel opaque en rose et jaune, l'agenda hyper-rempli de quiconque veut goûter aux plaisirs auditifs, gustatifs et visuels de cette mecque de la culture. Votre mecque n'est qu'à une heure et demi d'Ottawa en voiture, et il est courant pour plusieurs d'entre nous d'y faire un aller-retour rapido pour une sauterie ou une soirée entre amis. Rassurant, non?

De retour dans l'Outaouais depuis six ans, je respire. Ici, il ya cinq cours d'eau, beaucoup de promenades, les collines de la Gatineau et son parc immense, le bilinguisme (même s'il est institutionnalisé, il est quand même obligatoire pour la plupart des fonctionnaires). Une qualité de vie qui fait l'envie de plusieurs villes grandes et petites en Amérique du Nord. Ne manquez pas de vous rendre à l'un des joyaux gastronomiques du pays, Les Fougères à Chelsea (le lunch est plus abordable que le souper).

Je suis donc ravie de lire vos observations moins 'cinglantes' que plusieurs de vos collègues qui pensent qu'Ottawa, c'est une tour d'ivoire in English only.

Miss Franco-Ontarienne
:)

François

Catherine,

J’envahis l’espace un peu, car tu me plonges dans mes souvenirs : j’ai fréquenté assidûment Ottawa pendant quelques années, une maîtresse que je parvenais mal à faire aimer là d’où je venais, une belle maîtresse sage, proprette, que tout le monde jugeait un peu froide. Et pourtant, et pourtant… Je me rappelle ces printemps, ces automnes, où je me rendais à l’université en bicyclette, en passant par en bas, derrière le Parlement, en montant la côte jouxtant les écluses, dans la fraîcheur brumeuse. Alors oui, Ottawa était belle comme la belle carte postale à laquelle on la réduit souvent. Et on peut vivre dans une carte postale. En sentant toujours un peu que c’était une vie parallèle; ce bout long et ennuyeux de la 417, avec une pointe maximum d’ennui entre Ottawa et Casselman, qui agirait comme une zone tampon.

Même sentiment pour ce qui sort du radar. Ça te brise la dichotomie facile, ça immunise. Ne pas avoir fréquenté Ottawa, pas sûr que j’aurais autant accroché à la chanson « Mommy, Daddy », une chanson qui s’est infiltrée en moi, qui me fascine. La langue, l’identité partout. Demander un « pe-tit ca-fé, un lait » au Tim Hortons relève de la prise de position. On entend « faire sûr » ou « faire du sens » la première fois; on sursaute, on a l’oreille qui grésille, il y a distorsion. Un mois après, le virus insidieux a opéré, on a presque à lutter pour ne pas le dire. On doute de tout après. Et ça, ce serait pas un anglicisme?

C’est aussi le souvenir des discussions politiques autour d’un pichet, parmi les plus intéressantes, qui commençaient presque comme une blague : c’t’une fois autour d’une table, deux Acadiens, deux Québécois, un Franco-Ontarien et un anglophone de Windsor…

Et il y a le plus beau coin d’Ottawa, celui accessible à tous, mais en même temps un peu en retrait, un peu caché, pas si connu. Tu vas vers le Musée des Beaux-Arts, tu enfiles par la gauche et montes à l’arrière. En haut, il y a une statue de Champlain, mais surtout la vue, un peu en plongée au-dessus du pont Alexandra, la rivière des Outaouais, le Québec de l’autre côté, qui fai(sai?)t son petit pied de nez avec une usine qui crachote tout juste derrière le Parlement, les écluses à gauche, et tout Ottawa qui joue à la ville derrière. Une sorte de jonction entre en retrait en en plein cœur. Et assis là, n’importe quand, je me sentais parfaitement bien.

Enfin, je te rejoins étonnamment sur un autre point : dans ma tête, j’ai souvent imaginé un polar qui commencerait avec un type qu’on jetterait dans les écluses et du gros trafic illicite qui prendrait place dans le Château Laurier. La ville cadre parfaitement pour ça.

Garamond

Le principal attrait d'Ottawa, c'est sa proximité d'Outaouais.....
Oui, de beaux musées, oui, c'est propre, oui, c'est sécuritaire, mais ça manque de vie ! Faut traverser le pont pour s'éclater un peu !

Cupidon de l'amitié

Bon, c'est en plein le genre de discours que ma cousine attend. Je vais lui envoyer ton adresse de blogue, question de la décider à t'appeler.

Superbe texte, comme d'habitude!

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