Parfois je voudrais dessiner dans l'air qui s'estompe entre toi et moi, les signes chinois qui conjureraient le sort de nos impossibles. Mais je ne sais pas. C'est une langue que je ne parle pas. Celle des signes. Alors je pointe mon épaule où elle rencontre la tienne, et nos pas qui se rythment comme des continents qui dérivent quelque part au coin de Rachel. D'une montée soudain tellement éternelle.
Je me contente des borborgymes béats, de notre B.A.BA maîtrisé d'intellectuels mal-assumés qui se reconnaissent dans la brume de leurs lunettes. Je me contente de l'immensité offerte. L'absolu d'un nous qui ne connaît pas de bon temps pour se conjuguer dans la bonne clé.
Et quand je te laisse je n'ai plus de douleur à récolter. Un certain vide peut-être. Et un froid quelque part dans la courbe essentielle de ma vie en alvéole. Mais le froid c'est peut-être la neige seulement. C'était novembre ce jour-là, mais l'été dans tes joues et le printemps dans mon sein. Le froid c'est peut-être l'hiver seulement, non pas l'absence de sentiment.
Aujourd'hui c'était ma première neige avec toi. Elle était plus douce encore quand tu as marché dos à moi. Peut-être à cause de cette conviction lente que comme elle, cyclique, tu me reviendras.
Aujourd'hui c'était une autre première fois.
Les commentaires récents