Avec un humour bien particulier, Martin Michaud a accepté de répondre au questionnaire de La Recrue. Voici ses réponses parfois éclatées.
1- Vous publiez votre premier roman. Racontez-nous une autre première fois inoubliable ?
La Recrue du Mois, vitrine de la relève littéraire québécoise… C’est la première fois que je me retrouve en vitrine ! Pour tout le mois d’avril en plus… J’ai reloué Mannequin ce week-end (avec la superbe Kim Cattrall avant qu’elle ne verse dans le Botox) et j’espère être capable de tenir tout le mois sans bouger… Ça risque d’être inoubliable !
2- À quel moment avez-vous su que vous souhaitiez écrire ?
(Voix de stentor, ton solennel, regard mystérieux) : Hum, hum… Chers concitoyens… D’aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours eu en moi cette conviction profonde qu’un jour, j’aurais quelque chose à dire.
3- Avez-vous un rituel d’écriture ?
Oui, j’ai adopté celui de mon alter ego, l’enquêteur Victor Lessard : moitié café, moitié Pepto-Bismol au réveil. Mmm, un délice ! Ensuite, je fais mes exercices : lecture des nouvelles du sport, de couvert à couvert. Enfin, je m’installe à mon ordinateur pour « romancer ».
4- Avez-vous écrit d’autres types de textes avant de vous tourner vers le roman ?
Bon... Un peu de sérieux… Étant auteur-compositeur-interprète, je suis arrivé à l’écriture par la chanson (quelques pièces du répertoire de mon band, m-jeanne, peuvent être entendues à www.myspace.com/mjeanne). Des textes de chanson, je suis passé à la poésie. Le roman s’est ensuite imposé naturellement comme un véhicule de choix pour me permettre de raconter les histoires qui me hantaient. J’ai à ce jour dans mes tiroirs deux romans, un recueil de nouvelles et un recueil de poésie. Et je travaille présentement sur la deuxième enquête de Lessard, qui sera publiée en 2011.
5- Sur combien de manuscrits avez-vous travaillé avant que ce projet voit le jour ?
J’ai travaillé sur un seul manuscrit, que j’ai ensuite ré-écrit plusieurs fois, jusqu’à ce que le rythme et l’intrigue me satisfassent. Je me suis imposé une discipline de fer : je n’allais pas gagner le Goncourt avec un polar. Aussi, contrairement à mes deux romans précédents qui étaient plus littéraires, j’ai à dessein choisi d’adopter un style nerveux, dépouillé et sans fioritures. J’ai donc éliminé en cours de route plusieurs pages qui ne faisaient pas avancer l’intrigue.
6- Comment s’est déroulé le processus d’édition ?
J’ai eu la chance de recevoir une offre de publication de la maison Goélette, qui projetait lancer sa collection de romans adultes avec Il ne faut pas parler dans l’ascenseur. Ma rencontre avec Ingrid Remazeilles, mon éditrice, a été à cet égard déterminante. Nous partagions la même vision des choses : un véritable coup de foudre professionnel. C’était à la fin de l’été 2009. Par la suite, les choses se sont enchaînées rapidement, il y a eu peu de corrections. Le roman a été publié en janvier 2010.
7- Quelques mots sur les critiques ? Vous les lisez ou les ignorez? Elles vous lisent ou vous ignorent ?
Soyons honnête. Qui ne les lit pas ? Jusqu’ici j’ai eu de la chance, elles ont été excellentes et nombreuses.
8- Quel a été votre premier coup de cœur littéraire ?
La 25e heure, un roman de Virgil Gheorghiu, qui raconte l’histoire d’un paysan roumain, Iohann Moritz, traversant la Seconde Guerre mondiale comme victime inconsciente de l’indifférence et de la cruauté d’une société déshumanisée, arrivée à la 25e heure. Le roman intègre en filigrane une remise en question percutante des effets de l’industrialisation sur la condition humaine, laquelle est toujours criante d’actualité même si le roman date de 1949 ! Est-ce que son auteur vous accompagne encore aujourd’hui ? Oui, Virgil et moi sortons souvent ensemble le jeudi soir. Je mens, bien entendu !!!
9- Quelle place la littérature québécoise occupe-t-elle dans votre vie de lecteur ? Et la relève littéraire ?
Une grande place. J’ai lu avec intérêt plusieurs auteurs québécois dont Sylvain Trudel, Gaétan Soucy, Monique Proulx, Jean-Jacques Pelletier et Patrick Senécal, pour ne nommer que ceux-là. Et je fais de belles rencontres d’auteurs ces jours-ci dans les salons du livre. À mes yeux, la littérature québécoise n’a rien à envier à quiconque. Les lecteurs que je croise dans les salons me le confirment : on lit de plus en plus les auteurs d’ici. Quant à la relève, je n’ai pas l’impression de faire partie d’un mouvement, ni de remplacer qui que ce soit. J’ajoute ma voix à celle des autres écrivains du Québec, j’espère y trouver une place, la mienne.
10- Pourquoi avez-vous décidé d'intégrer un côté « ésotérisme » à votre roman ?
Il n’y a pas d’ésotérisme dans mon roman. Il faut plutôt parler d’un soupçon de « surnaturel ». Pourquoi ? Le métissage de genres est ici purement au service de l’intrigue : il me permettait de me laisser porter par l’idée qui m’habitait. J’ai par ailleurs adapté le montage narratif pour bien marquer la distinction entre les intrigues. Ainsi, contrairement au reste des protagonistes, le personnage de Simone Fortin s’exprime au « je ». Ceci dit, et c’était mon objectif de départ, que les purs et durs du genre policier se rassurent : Il ne faut pas parler dans l’ascenseur plaira même aux esprits les plus cartésiens.
11- Et vous, avez-vous une question pour l’équipe de la Recrue ?
Oui, et il s’agit d’une question ouverte… Pourquoi ? (Ici je prends la pose dans la vitrine et je retiens mon souffle. Bon mois d’avril aux lecteurs de La Recrue!!!).
Après avoir lu ces réponses le sourire aux lèvres, nous ne pouvons que répondre: « Pourquoi pas? »
J'adore!
Rédigé par : www.facebook.com/profile.php?id=1351705734 | 31 mars 2010 à 21:16
Comme Maxime, j'adore ! J'ai un vrai coup de coeur pour cet auteur. :-)
Et moi qui suis cartésienne, le côté surnaturel du roman m'a charmé.
Rédigé par : Caro[line] | 13 avril 2010 à 09:04