Par Marco
Le métissage des arts est fréquent, et toujours un défi pour ceux qui le tentent la première fois. C’est un exercice intéressant, parfois surprenant, parfois dangereux. La littérature et la chanson, tout en étant liées, ne se travaillent pas du tout de la même façon.
Présenté comme un récit, Les Révolutions de Marina sont probablement davantage une autofiction ou une autobiographie romancée. Et c’est peut-être ce qu’il y a de plus intéressant, dans le roman. Parce l’auteure n’a pas de prétentions et sa première œuvre n’imposait aucune attente. Mais le travail transparaît dans ses écrits. Les chapitres, arrangés volontairement selon un ordre illogique, sont à l’image des passages inégaux qu’on y retrouve. Certains paragraphes sont maniérés. D’autres nous figurent le Brésil avec une franchise exquise.
Bïa a peut-être écrit ce roman comme on bâtit un disque : plusieurs chansons qui se suivent, ne se ressemblent pas toujours, mais qui épousent un thème global. Il nous reste au final un assemblage de textes amusants mais décousus. Et quelques leçons d’histoires.
Encore suis-je très loin de condamner les premiers écrits de Bïa Krieger. Ce livre comporte de nombreuses qualités, une ambiance exaltante. Marina est un personnage touchant, et Bïa pose un regard lucide sur ses propres souvenirs. La lecture est simplement compliquée par la forme du roman. Il ne nous laisse pas froid, mais on frissonne un peu sous la chaleur du Brésil.
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