Par Claudio
Je l'affirme volontiers, Les murs m'a suffisamment secoué pour que mon esprit réclame une abstinence de lecture d'une journée ou deux après l'avoir fermé. Une chose remarquable entre toutes est la justesse du sentiment et de l'écriture. Le propos est assez dur pour que l'on souhaite n'avoir jamais à traverser une épreuve pareille. Quelques mères se poseront peut-être la question: « Comment réagirais-je si cela arrivait à ma fille ? »
À lire le premier opus d'une romancière qui n'a même pas encore vingt ans, bonnes sont les chances que le lecteur se voit confronté à quelques appréhensions. À laquelle de nos questions existentielles pourrait répondre une oeuvre écrite par quelqu'un d'aussi jeune ? s'exclameront certains. J'ai lu d'un trait cet ouvrage qui est d'une construction si solide qu'on n'oserait pas en déplacer la moindre virgule. Cette attention aux détails d'écriture rappelle, de près ou de loin, les compositions musicales de Frédéric Chopin; la moindre note mutée et toute la beauté harmonique s'effondre littéralement. Plus encore, l'équilibre de la pièce tout entière est altéré.
Éloge de la catharsis ou exploration sans failles d'une douleur le plus souvent innommable (le mot maladie est bien issu de mal à dire, n'est-ce pas?), ce roman décrit une souffrance universelle que très peu d'écrivains se seraient risqués à examiner. Pour l'acuité émotionnelle, pour l'intelligence du regard porté vers les êtres et les choses, mais aussi pour la splendeur des rencontres auxquelles nous convie l'auteure (il va sans dire, on s'attache inéluctablement aux personnages), je relirai ce roman. Enfin, ce n'est pas parce qu'on se tient près des choses qui font mal qu'on ne peut pas être habité d'une ardente volonté de vivre. Incontestablement, ce premier roman d'Olivia Tapiero est une véritable ode à la vie.
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