On a tous, à un moment donné, réfléchi sur la mort. On s’est tous questionnés sur sa nature, on a tous cherché des réponses aux questions impossibles que la mort nous laisse en emportant un proche. On a cherché à enlever le goût amer ou les relents d’anxiété qui nous prennent quand on s’attarde sur ce sujet. On a tous, un jour ou l’autre, d’une façon ou d’une autre, été confrontés au suicide. Mais rarement de façon aussi directe. Et rarement de façon aussi puissante. C’est un bien long voyage dans un bien petit livre qu’Olivia Tapiero nous propose. Bien plus qu’une réflexion, l’auteure nous entraîne dans une réelle fascination : les mots sont lourds et durs, mais ça nous alimente. Je n’ai pas pu détacher mes yeux du roman. Et lorsque je posais le livre, son propos virevoltait encore dans ma tête. C’est hypnotisant. Olivia Tapiero a produit une œuvre dense et remarquable. Et elle a évité le piège du sentimentalisme et des élucubrations stéréotypées, si fréquentes à ce genre de roman. Cette auteure a une tête, définitivement, et un sens des mots qui m’a renversé. Pour nous, qui sommes si franchement et aveuglément accrochés à la vie, le sujet du roman a de quoi rebuter : comment compatir, comment comprendre ou accepter que l’autre refuse de vivre, qu’il décide volontairement de se battre pour mourir ? S’il m’a été impossible de m’identifier au personnage, l’auteure m’a certainement abasourdi par autant de vérités et d’évidences qui me semblaient, au contraire, si ridicules auparavant. Il y a l’intelligence et il y a l’intuition. Ceux qui ont les deux gagnent le prix Robert-Cliche. Et gagnent toute mon admiration de lecteur.
Très belle critique, Marc-Antoine. J'ai été moi-même époustouflé par le talent d'Olivia Tapiero.
Intuition et intelligence = Prix Robert-Cliche. Je te seconde à 100%.
Rédigé par : Claudio | 15 janvier 2010 à 20:12