Contrairement à ma collègue Venise, j'ai adoré ce livre. Le cynisme et l'amertume du personnage principal, Marc S. Morris, m'a fait sourire, et même rire, plus qu'il m'a déprimé. Il y a, dans cette extrême lucidité d'arme blanche, des points de résonnance pour une lectrice comme moi.
Il faut dire que c'est très bien écrit: artiste visuel de talent et de grande renommée, Marc Séguin maîtrise le verbe et le sens de la formule. "Emma que j'aimais comme une prière qui se serait réalisée." Ou encore: "Un jour, à propos de la vie, la mienne en particulier: Ah! ce n'était que ça." Ou encore: "La vrai distance est horizontale. Entre nous. Sur un divan."
En sortant de ce livre je me disais que le talent fait pardonner bien des choses. Parce que foncièrement, je n'adhère pas à la thèse maintes fois répétée dans ce livre: le tout biologique. Mais Marc Séguin y adhère-t-il lui même? Je n'en suis pas certaine. Comme il l'écrit si bien, l'intérêt est dans la recherche. La recherche de sens, en particulier. Et non pas dans la découverte.
Ce qui est merveilleux dans ce livre, c'est que Marc Séguin nous entraîne dans des propositions souvent invraisemblables, en commençant par ce road-trip en forme de FUCK YOU qui est la colonne du livre, et qu'on le suit avec plaisir, sans se poser de question. Enlevez-lui 20% de son talent et cette proposition aurait pu sembler grotesque.
Comme quoi, il y a, dans la littérature, quelque chose qui relève de la chimie. Ou de la magie. Ou des deux en même temps.
Bonjour Catherine,
moi aussi, j'ai adoré ce livre, c'est fort et intelligent. Ce n'est pas pour rien qu'il est parmi les finalistes du Prix des libraires et du Prix des collégiens.
J'ai parlé récemment de ce roman dans mon blogue.
Bonne semaine.
Dominique
Rédigé par : Dominique Blondeau | 26 janvier 2010 à 08:36