par Anick
Caroline a été élevée par Gérard, son père, un homme renfermé au physique ingrat qui se laisse toucher par la poésie, les fleurs et un peu sa fille. Malgré sa solitude, elle passe une enfance somme toute tranquille, protégée par un père aimant. À ses questions sur l’absence de sa mère, Gérard lui répond que c’était un ange. Caroline grandit et vit quelques relations amoureuses qui la poussent à réfléchir sur elle-même. Mais c’est la découverte du journal intime de sa mère, écrit à son intention, qui la force à s’interroger sur son identité et sur la part d’héritage léguée par ses ancêtres. Elle part donc à la recherche de sa famille, ou de ce qu’il en reste, et à la recherche d’elle-même par le fait même.
Elle plonge alors dans le malheur de sa lignée ; les atrocités vécues par sa mère, l’enfance triste de son père, la disparition précoce de sa grand-mère, l’indifférence de son grand-père, l’exil, la guerre, la solitude, la souffrance, le mépris, l’incompréhension. Elle trouve quelques points positifs, par exemple quand elle découvre que son père l’a nommée Caroline en hommage à son amitié avec un compagnon d’armes, peut-être son seul ami, et quand elle fait la connaissance de Pauline et Samuel qui deviendront ses amarres.
Chacun des courts chapitres donne voix à un personnage, en alternance avec Caroline, ce qui permet d’avoir plusieurs points de vue simultanés. Puis vient une vague épistolaire pendant une période de flottement où Caroline cherche où s’ancrer, ici ou ailleurs. Elle en vient peu à peu à trouver sa propre voix, à se définir elle-même, en brisant les liens avec le passé et son hérédité.
L’écriture, la lecture, les livres sont au cœur de l’histoire, ils occupent une part importante dans la vie de Caroline qui travaille dans une maison d’édition et qui adore se faire raconter des histoires, dans celle de son père qui passe ses journées à lire et écrire, dans celle de son ami Julien qui est auteur-compositeur, dans celle de sa mère qui choisit d’écrire un journal pour lui tendre la main...
Caroline fait sien l’adage de Socrate disant qu’il faut se connaître soi-même. Elle creuse ses racines puis s’en affranchit, réussissant du même coup à s’ouvrir aux autres.
J'ose imaginer que tu l'as aimé vu que tu le décris si bien.
Rédigé par : Venise | 15 décembre 2009 à 14:38
En effet, c’est un livre qui m’a plu, même si j’ai trouvé certains passages trop longs. L’écriture de madame Dumais fourmille d’images riches et savoureuses mais parfois, comme avec la nourriture, quand c’est trop riche ça laisse une impression de saturation. J’ai aimé le jeu de miroirs, les fameux fragments, mais la partie des lettres et celle en France auraient à mon avis gagné à être plus courtes. Je lirai très probablement son prochain roman mais je ne peux pas dire que c’est une révélation ou un grand coup de cœur pour moi, plutôt une belle découverte et un moment agréable.
Rédigé par : Anick | 15 décembre 2009 à 14:47
J'apprécie beaucoup ce commentaire personnel, voilà que c'est beaucoup plus clair pour moi.
Merci Anick !
Rédigé par : Venise | 15 décembre 2009 à 14:54
Tu fais bien de souligner la présence continue de l'écriture et des livres tout au long du roman. C'est un fil d'Ariane dans le labyrinthe dans lequel évolue Caroline.
Rédigé par : Phil | 15 décembre 2009 à 14:57