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Socio-politique

samedi 28 juin 2008

Pour en finir avec Le Secret

Louis Cornellier publie dans Le Devoir du week-end un commentaire sur l'essai Enquête sur le secret qui vise à en finir avec le phénomène livresque (littéraire me semblerait exagéré) de l'heure. Vous comprendrez qu'il ne s'agit pas de remettre en question la force «du mental», l'importance de la visualisation et de la motivation... mais Le Secret va beaucoup plus loin.

J'étais surtout contente d'y lire la critique sociologique qui me préoccupe depuis plusieurs mois. Comme je le répète souvent: s'il suffit de vouloir pour avoir ce qu'on souhaite, je trouve que ça fait quand même pas mal de milliards de personnes dans le monde qui ne souhaitent pas assez fort manger à leur! Quand l'article de Cornellier m'apprend que Le Secret pousse son individualisme plus loin en incitant les gens à se dépolitiser, à fuire les nouvelles du monde qui sont négatives, à ne pas fréquenter pauvres et obèses de peur d'être contaminés, je m'insurge qu'on laisse faire un tel succès sans réagir.

Mais que peuvent ceux qui croient encore à l'existence du système et de la société contre des centaines de bulldozer qui ont tout intérêt à ce que tout le monde se croit responsable de sa propre destinée. Le rêve américain réinventé...

J'aime particulièrement la phrase d'Yves Casgrain, spécialiste des sectes qui participe à l'essai critique en disant: «Le Bonher, c'est l'autre! Quiconque vous dira le contraire est un faussaire et un fossoyeur de l'âme!»

Je ne serais donc pas seule à vouloir en finir avec le cultre du «bonheur au fond de toi»!

samedi 17 mai 2008

Quelques réflexions quant au journal du samedi matin

D'abord, la chronique de Gil Courtemanche sur l'opportunité de s'éloigner du Québec et du Canada pour pouvoir y réfléchir a quelque chose de dérangeant.

Grand bien fasse à M. Courtemanche s'il a l'opportunité de s'éloigner régulièrement pour réfléchir mieux, mais j'ai la non-humilité de croire que j'ai été capable d'arriver aux mêmes conclusions que lui sans bouger d'ici. On a quand même pas besoin d'un séjour à La Haye pour conclure que l'opposition libérale à Ottawa est une opposition fantoche!

Ce qui m'a surtout énervée c'est la référence à cet «endroit où les idées existent encore». Et que ça m'énerve cette dévotion à l'Europe des idées. Premièrement, les idées existent au Québec comme au Canada et aux États-Unis. Qu'elles ne soient pas ou peu relayées par les médias relèvent d'autres considérations, sociologiques certes et qui méritent attention.

Mais les intellectuels d'ici qui se pâment sur la vie intellectuelle de là-bas se sont-ils déjà demandés si leur connaissance intrinsèque du Québec leur fait voir des réalités d'ici qui leurs sont inaccessibles là-bas parce qu'ils sont de passage et fréquentent essentiellement les cercles intellectuels? J'étais en France en 2002 lors de l'horrible 2e tour opposant Le Pen et Chirac et je vous avoue que dans la commune de jeunes où j'évoluais, ça idéationnait pas très fort et ça se sentait pas mal coupable de ne pas avoir été inscrit sur la liste électorale. On écoutait Loft Story, de le musique américaine, se nourrissait au Kinder Surprise et au McDo (bien plus que mes amis d'ici!), on ne connaissait rien aux grandes idées de l'heure et on zappait devant les émissions d'affaires publiques où les intellectuels s'engueulent. D'ailleurs, lors d'une émission de Qui veut gagner des millions? j'étais la seule de la commune à savoir que Rousseau avait écrit Du contrat social. Donc basta hein...

***

Le Devoir répondait ce matin à l'invitation à rendre les armes des éditorialistes de Gesca à leurs «amis souverainistes». Notons la finale de l'éditorial de Bernard Descôteaux: «Déposer les armes est une expression qui a d'ailleurs un sens bien concret, celui de la reddition... à moins que tous ne le fassent. Disons «à nos amis fédéralistes» qu'il leur appartient de s'ouvrir aux préoccupations des souverainistes s'ils veulent que naisse un projet de société commun pour le Québec.»

Et je crois que Michel David est un de mes journalistes préférés. Pour la justesse de son propos souvent, mais surtout pour l'efficacité de sa plume et sa douce ironie. Entendez: «Le moment semble bien mal choisi pour rendre les armes, comme Alain Dubuc invite ses amis souverainistes à le faire. Remarquez, il y aura toujours des gens pour trouver que la soumission à la loi du plus fort est une preuve de discernement.»

***

Mon journal du samedi matin (voir le Devoir de philo avec Georges Lereoux) me fait dire à Gil Courtemanche que les idées existent encore au Québec. Pas tout le temps sur les sujets dont on voudrait parler et avec la répercussion qu'on souhaiterait leur donner. Mais elles existent... 

samedi 01 déc. 2007

Cynisme

[Pauline Marois] voudrait bien que le gouvernement Charest profite de la baisse de la TPS pour augmenter la TVQ, mais s'il refuse, elle ne le fera pas non plus.

Michel David, «Le courage de gouverner», Le Devoir, !er et 2 décembre 2007

Et après on s'étonne que les gens soient cyniques face à la politique. Une bonne mesure est impopulaire, alors souhaitons que l'adversaire la prenne puisque nous ne le ferons jamais.

vendredi 30 nov. 2007

Merci Louis Cornellier

Il faut dire que [Marc] Simard fait une drôle de lecture des médias québécois. Il répète à quelques reprises, en effet, que «la gauche bien pensante» y tient le haut du pavé, voire qu'elle impose «son hégémonie dans le discours public et médiatique au Québec». Ah oui? Où ça? Certainement pas à La Presse, au Soleil, au Journal de Montréal, à TQS ou à TVA.

Louis Cornellier, «Qui sont les vrais éteignoirs?», Le Devoir du 24 et 25 novembre 2007

Non, mais coudonc, il est temps que quelqu'un le dise.

mercredi 28 nov. 2007

Élitiste, va...

Depuis que j'ai découvert l'univers Canoë et ses blogues (je vais taire ici le nom de la personne qui m'a entraînée dans cette dérape...) j'avoue que mon niveau de tolérance à l'opinion populaire va décroissant.

Je constate comme jamais qu'à moi toute seule je représente les méchants intellectuels élitistes et gauchistes qui veulent empêcher la voix du peuple de se faire entendre. En effet, je persiste et signe: FAITES LES TAIRE!

Ce week-end, au congrès de la FPJQ, Anne-Marie Gingras de l'Université Laval rappelait que la démocratie ce n'est pas l'addition des opinions de tous, tout comme la société d'ailleurs n'est pas la somme d'individus. Il y a des structures. Il y a des valeurs. Il y a des choix. En démocratie on défend certains droits, malgré que la fluctuante opinion publique puisse changer d'idées.

Donc oui, élitiste et de gauche en plus, et parfois ce tout à ce que 'monsieur tout le monde en pense' me déprime. Qu'on s'entende bien, je crois qu'il est normal qu'en démocratie tout le monde puisse s'exprimer. Je ne crois pas pour autant qu'il soit normal que tous les avis soient traités sur un pied d'égalité.

Dire qu'un économiste n'est ni de gauche ni de droite comme l'a fait Joanne Marcotte ce week-end, c'est pas juste incompréhensible, c'est complètement niaiseux. N'importe qui le moindrement au fait de ce qu'est une pensée intellectuelle et une science sociale sait bien qu'une matière comme l'économie est teintée de valeurs. Et cette femme est vice-présidente de la Commission Castonguay sur l'avenir du système de santé. Come on.

Donc, pour en revenir à Canoë, non seulement je ne suis pas d'accord avec ce que disent 90% des gens qui s'y expriment, mais je trouve leurs arguments dogmatiques, démagogiques, individualistes, centrés sur leur expérience de vie, sans recul, sans analyse, sans profondeur. Je suis en CHOC CULTUREL (élitiste de gauche, on se rappelle!).

Sérieux, un échange comme celui-là ne vous donne pas envie d'aller vous jeter en bas du pont? Au-delà même de la teneur des propos, le ras-des-pâquerettes... et toutes les questions (élitistes et de gauche) qui moi me taraudent:

- en faisant ça est-ce que les jeunes coupent la job d'un emballeur pendant le week-end?
- la Facture nous annonçait récemment que dans ce genre d'initiative les chaînes se prennent souvent une cote? est-ce acceptable?
- est-ce mieux ou pire que de vendre du chocolat, des bonbons, tout le reste?

Ben non, on se contente de s'offusquer que ces jeunes auront une opportunité que la majorité de la population n'a pas. Après moi le déluge. Puisque dans ma génération nous n'avions pas compris qu'un voyage à l'étranger ouvre l'esprit, ben que ceux qui suivent crèvent aussi sans avoir mis les pieds dehors.

Depuis donc, que j'ai découvert l'univers des blogues Canoë je suis plus éliste et de gauche que jamais. Mais je pressens aussi que je risque de mourir jeune. Les nerfs probablement...

mardi 06 nov. 2007

Ceux qui ont le pas léger meurent sans laisser de traces

Dimanche, grâce à elle, je suis allée voir un beau documentaire de Bernard Émond, "Ceux qui ont le pas léger meurent sans laisser de trace". Une citation à retenir (non texto):

Ceux qui ne marchent pas, ceux qui sont en voiture, ne voient rien et peuvent ainsi croire que tout va bien.

Outre ça, quelques réflexions!Dans Le Devoir de ce week-end, Odile Tremblay affirme:

Un de nos grands torts consiste à vouloir folkloriser à tout prix les autochtones.

Je dirais la même chose des enfants, des vieux (sujet de l'autre documentaire de Bernard Émond dont je vous reparlerai), de certains groupes ethniques... et des pauvres.

Tout le long du documentaire qui se veut un plaidoyer pour sortir de l'ombre les 'petites gens', je me demandais si la caméra en elle-même était paternaliste ou si c'est mon oeil d'embourgeoisée intellectuelle qui l'est. Ce qui me semble évident, c'est que si les gens rient dans la salle, il est difficile de dire qu'ils ne rient pas de ceux qui sont à l'écran.

Dès la première scène, un homme regarde la photo d'un parent disparu et dit "Ah ouin, c'est ben lui, avec son p'tit chandail de... hum... son p'tit air-là..." et je sais plus quoi et l'autre d'ajouter "Ouin, il avait toujours les cheveux de même là...". Manque de vocabulaire évident, émotion certes, mais une certaine candeur. Et les gens rient. Comme ils rient souvent tout au long documentaire. Comme on rit en regardant les enfants qui s'expriment sur quoi que ce soit. Parce que la candeur nous fait rire, pas méchamment bien sûr... Mais tout de même, on rit! Et on rit de haut.

Je soulève régulièrement la question en classe avec mes étudiants et mes étudiantes parce que je suis assez énervée par un discours un peu simpliste qui veut que la pauvreté préserve les valeurs et qu'au Tiers-monde ils sont ben plus heureux avec rien. Et que le développement économique c'est quelque chose de très laid qui nous flétrit l'intérieur et que vive l'âge de pierre. Et quand je leur demande: "Et pourquoi les femmes du Tiers-Monde n'aurait pas le droit de se libérer des tâches ménagères en ayant des électroménagers? Pour préserver la simplicité qui vous fait rêver?"... le silence.

On retrouve un peu de ça dans le documentaire de Bernard Émond, entre autres chez la sculpteure qui veut rendre hommage au disparu, un homme si simple comme il s'en fait plus. Récemment, dans un colloque où j'étais on osait poser la "question qui tue" de la médiation culturelle: est-ce qu'on insiste tant pour faire rentrer l'art chez les jeunes parce que nous sommes convaincus que l'art que nous apprécions est un incontournable d'une vie remplie? Une nouvelle bonne parole en quelque sorte?

Je ne sais pas, je n'ai pas de réponses, c'est une question que je trouve infiniment complexe. Mais à la fin de ce premier documentaire, j'étais poursuivie par ce malaise: nous glorifions la simplicité autant qu'elle nous fait rire. Et les deux mouvements, bien que contradictoires, me mettent mal à l'aise. Or, je ne sais pas comment on fait pour se sortir de ce paradoxe. Si je m'émeus devant la beauté des gens simples je fais acte de paternaliste, si je cherche des solutions à leur situation je le suis aussi, si je m'indigne devant la pauvreté de leur vocabulaire ou de leur perspective je suis élitiste, etc.

La seule réponse qui me semble incontournable c'est que notre nostalgie face à une certaine simplicité ne doit pas nous empêcher de décrier des injustices économiques inqualifiables.

mardi 23 oct. 2007

Parle encore

Il y a de ces choses dans la vie qui me pompent l'air comme cette volonté de tout vouloir poser binaire et dichotomique malheur/bonheur, qualité/défaut, théorie/action, etc. Le principe du yin et du yang, de la complémentarité des contraires, ça vous dit rien? Illustre bien cette irritation l'échange suivant sur un site de FaceBook dédié à l'événement de spoken word créole «Haïti parle encore».

Une inconnue: hummm... il me semble qu'Haïti a moins besoin qu'on parle mais plutôt qu'on agisse.

Catherine: Je suppose que c'est pour ça que l'humain est capable de parler en marchant!

dimanche 21 oct. 2007

Notes de journaux

Parfois, dans notre marmite multiculturelle, je pense à cette colonisation sauvage derrière l'histoire personnelle des gens que je croise dans l'autobus et dans la rue, avec leurs voiles, leurs turbans, leurs boubous. Et j'aurais envie que d'autres Doris Lessing se lèvent pour raconter leurs destins, en fissurant les murs d'intolérance qui riment surtout avec la plus impardonnable des ignorances.

Odile Tremblay, dans Le Devoir du week-end du 20 et 21 octobre 2007

Une autre petite touche de n'importe quoi!

Au Parti québécois, le désarroi - appelons-le idéologique - règne, et on doute que Pauline Marois puisse y remédier en «revampant» un programme dont certains éléments sortent du catéchisme, de l'Internationale socialiste des années 60.

Denis Bombardier, Le Devoir, week-end du 20 et 21 octobre 2007

Oooookkkk! Je suis pas trop certaine de bien comprendre, mais est-ce qu'on vient de comparer le programme du PQ avec l'Internationale socialiste?

samedi 13 oct. 2007

N'importe quoi!

Nous faisons face à une véritable urgence planétaire. La crise du climat n'est pas un sujet politique, c'est un défi moral et spirituel pour l'ensemble de l'humanité.

Al Gore

Moral et spirituel! Et apolitique! Rien de moins!