My Photo

juillet 2008

lun. mar. mer. jeu. ven. sam. dim.
  1 2 3 4 5 6
7 8 9 10 11 12 13
14 15 16 17 18 19 20
21 22 23 24 25 26 27
28 29 30 31      

Miss Lapsus sur Biblioblog

Divers



  • Top Blogues


  • Catherine Voyer-Léger. Tous droits réservés.

Poésie

mardi 08 juil. 2008

Et si j'étais votre sanctuaire...

Pour l’accueil. Bien sûr. La chaleur. À cette façon que vous avez eu de venir en moi, vous lover au fond de mon sexe. (Ou non. Parce qu’on peut pénétrer ailleurs aussi et s’installer plus subtilement. Dans une artère. Ou un neurone. Dans une ride ou dans le pli du coude.) M’habiter. Comme des bestioles hivernant, leur mal de vivre en bandoulière, en quête d’un lieu pour déposer leur ancienne peau. Histoire de devenir enfin.

Devenir un oiseau.

Et que moi je me sanctifie. M’abandonne. À l’Unique toujours. L’Unique qui change mais qui chaque fois mérite sa majestueuse majuscule. Qui n’a peut-être comme seul point commun que des couilles. (Quoi que…) Mais c’est pas mal déjà. D’en avoir. Quand il s’agit de se répandre. (Même pour répandre des larmes rien de mieux que des couilles, parce que vos larmes à vous ont toujours l’exotisme des premières fois.) Se répandre donc. Sur moi. En moi. Et partir.

Histoire de consacrer la béance. Le sacré est pourtant celui qui lie, la finitude. Le sacré chez moi est un précipice, un fossé, un hospice. (Hystérique. Du grec hustera. Utérus. À la fois fourreau et abîme. Et on me regardera dans les yeux en me disant que l’abandon n’a rien à voir avec ça!) Donc partir. Donc un trou noir. La béance consacrée. Sacrée. Comme dans Sacrée-là!

Sagrada…
Familia…
In absentia…

Familia! Qu’à vous répandre ainsi vous ne semez pas. De passage seulement, l’orteil dans mon sable, le doigt vers mon sud, le reste dans mes bras. Et vos angoisses qui s’encirent dans mon oreille trop faite pour ça.

La famille qui ne vient pas.

Et que dans ma paume vos confidences s’imbibent à la sueur. Absence de barrière. Absence de pudeur. Forteresse aux aveux. Qu’un peu je vous libère, votre main dans mon dos, la mienne sur votre cœur.

Et chaque fois vous voir encore. Mes yeux dans l’eau.
Vous voir encore.

Chaque fois miraculé.

Devenir un oiseau.

mardi 03 juin 2008

Faire Lien

Cet amour pur dans mes paumes
N'a aucun besoin de s'arquebouter
Sous les désirs
Aucun besoin de bander

Cet amour dans mes paumes
N'a pas de sexe ni d'âge
Il naît des courbes de tristesses
Au fond des yeux gris
Des âmes sombres
Des naufrages de vos vies

Cet amour-là n'a rien à faire de mes draps chocolats
Et de mes soupirs imparfaits
Il se nourrit à vos maux
Et s'handicape de nos défauts

Cet amour-là tu n'as qu'à tendre la main
Qu'il te nourrisse ton coeur au sang sec
Que tu lacères toi-même quand personne ne le perce
Ton coeur en île
Dérive
Dévie
Qui délie tous les possibles

Ton coeur en île
Dérive
Dévie
Loin de moi tant que tu voudras

Dire le besoin de l'autre libère plus qu'il n'écrase
Mais ce n'est pas moi qui va t'apprendre ça
Construire l'autre de son regard grandit plus qu'il n'abrutit
Mais tu sais déjà tout ça

Délie tous les possibles
Mais arrête de chercher des fleurs
Dans l'aridité de tes solitudes

Les fleurs ne poussent que si tu acceptes de boire
Un peu
Parfois
À l'ombilic de nos histoires

Premier jet. Mais une soirée de Poésie, Sandwichs et autres soirs qui penchent nécessitaient que je batte un peu le vers pendant qu'il est chaud!

mercredi 12 déc. 2007

Rebound

Avec les années j'ai le foie plus fragile.
Je vomis mes sentiments au moindre caillou dans ma chaussure.
Rien n'y fais. Je crois que plus rien n'y fera.

et je m'attache aux souvenirs d'hier
sans amour
conjuguée
en luxe et en coton
et il neigeait
et j'étais belle
bien que sans avenir
belle dans tes bras

Et j'ai juste envie de vous brûler
À jouer dans mes plate-bandes
À me traiter comme l'ultime rebound
Avec vos yeux qui brûlent d'ailleurs
Et votre pied qui sue
     dans mes eaux trop pures
Et votre front qui pleure

jeudi 16 août 2007

Chut!

Ne dis rien
Laisse le silence faire comme si
Les percussions au fond de nos puits
Sacraient nos idylles en légendes

Tu n'as rien d'unique
Il n'y a pas ta trace dans mes mains
Ni ton oeil dans mes larmes
Elles n'ont pas de nom propre
Fausse commune
Florilège de mes oppropres

Et je pratique encore la scène
Que j'ai joué cent fois
Avant que toi, tu trébuches
Sur des vers qu'ils furent cent à dire avant toi

L'autre femme a souvent le même prénom
Moins pour enculer le destin
Que pour saluer l'ironie
Juste assez embêtante pour que tu viennes te lover
Ou dans mon sexe
Ou dans mon esprit
Sans jamais la quitter
Asticot rongeant des vies

Et ma maison hantée
De vos fantômes qui ne visitent jamais
Que le Nord ou le Sud
En bien piètres voyageurs
Conquérants de pacotilles

L'arrogance de celui qui n'a rien à perdre
Et qui confond dans mon sourire
La vessie de mon vide
Et la lanterne de son charme

mercredi 27 déc. 2006

Parce qu'il m'est arrivé d'écrire des poèmes pendant mon absence (oui oui je sais Bas... passe ton chemin...)

L’heure avant le cadran

Couchée le sol au dos, la ville aux pieds

J’ai de l’insomnie plein la gorge

Et des joues aux paupières

J’espionne les persiennes qui strient

Au plafond

La lumière comme des portes

Vers l’imprécis de nos vies

Down down the rabbit hole

J’ai voulu plus fort qu’Alice

Me croire aux seins d’un songe

Nourrie du lait poétique

D’une relation aveugle

Entre le fou de la cour

Et la reine de pique

Comme une dérive des continents

Comme une fracture des piliers

Amputée de mes plus belles nuances

J’ai traversée notre stupide miroir

Notre univers fragmenté

Espérant que derrière on gobe nos différences

Qu’on remplisse enfin notre fossé

Où nos mots rejetés par d’autres

Viennent se tendre

Affamés

Mais derrière je n’ai rien vu

Que des fleurs peintes qui s’écaillent

Contre les murs de ton antre famélique

Et un non-baiser

Qui goûte toujours autant le plastique

Octobre 2006

mercredi 19 juil. 2006

Caniculaire

L'irrévérence dans un sourire
Les dents toutes droites
D'une génération alu-plastique

Je me suis vautrée sans espace
climatisé, aseptisé
sans sueur et sans maillot
sans jauger ma peur de l'eau

Un coeur en ratine
Un pied en babouche
Des goûts qui se discutent
D'autres qui se taisent
éperdument

J'avais rangé mon temps pour ne pas y penser
Et le serveur en a abusé
J'avais tendu la main sans trop calculer
Et je n'ai rien harcelé
Sauf cet élastique
Qui entre nous joue au moustique

Et entre trois pincettes, une confidence et un fou rire
Quelques certitudes et presque aucun doute
Sauf que malgré ce qu'on peut en dire

C'est plus compliqué que ce que vous en pensez

samedi 20 mai 2006

Il pleut des cendres

Jour d'enterrement, de ces nouveaux enterrements collectifs où on nous fait perdre le sens de nos morts dans une foule compacte qui prend des photos avec flash d'une table remplie d'urnes. On n'arrête pas le progrès et les questions de fric ne cessent de nous faire régresser...

Jour d'enterrement
Les parapluies couvrent nos pas
Mais rien ne couvre nos lapsus

Horrible haleine
Odeur d'une mort qui se poursuit
Laissez ma mémoire en paix
Et mon avenir incertain

Laissez mon enfance et ses odeurs
Vous poursuivre jusqu'à la fin

Chaque fois que je croise l'impossible
Vous me quittez déjà
Trop tôt
Trop vite
Un deuil éternel qui n'aura pas de suite

Mort déjà parmi les morts
Vivant exprès chez les fantômes du sens
La passion en berne
Pleurant des vagues de sperme

Départ annoncé
Départ célébré
De fleurs en chemin de croix
Le sens de ma vie se fait cactus

Je suis une assoiffée résignée

vendredi 24 mars 2006

Le miel de la vie

Texte soumis au Coïtus

Les ailes de l’hystérie bercent mon corps inconfort, dans la persistance de ton absence.

Comme le vert éphémère. Une rencontre et un œil petit posé au cœur de nos charpies.

J’ai dans ma voix en poussière les mots trop durs qui moisissent dans le coin des murs.

Les impossibles fleurissent toujours trop tôt au cœur des printemps sous zéro.

Et je devrai admettre plus tôt que tard que c’est moins dans un baiser infini que dans une main sur ton front que je te partagerai le miel de la vie.

mardi 21 mars 2006

D'écrans en silences

il y a des silences qui poussent dans les paumes
ou dans les bleus de mes doigts alpha-numériques
le toucher virtuel a ses limites
filament de vide

tu marches les premiers pas d'une trop belle histoire
et tu trébuches avec la grâce des premiers de classe
le front princier et l'oeil inquiet

tu aurais pu arriver il y a cinq ans
ou moi plus tard que toi
on aurait pu être du même bord
dans le même navire
se rencontrer au même port
peut-être que j'aurais eu mal de tes catégories
de tes critères qui manquent de poids

peut-être que j'ai mal encore aujourd'hui
quand tu te paralyses dans tes sourires
quand je t'envie ton mal de mer
qui comble mon vide de mère
ton pied qui tangue
ton rire qui craque
ta boulimie de désir
et moi anorexique

peut-être que j'ai mal sans avoir le droit
parce qu'assise sur le quai
je ne peux que tendre la main
pour t'aider à faire le prochain pas
sans savoir si tu l'accepteras

drapée dans ma pureté de Mère Térésa
castrant ma peur des fusions
dans le platonisme le plus pur
je construis en moi un temple à l'émotion

et dans le tête-à-tête mélancolique
entre l'écran et l'absence de corps
retord
de sueur
aphone
de voix

il y a mon coeur
motel de passes en moins kitsch
quelques cinq étoiles en urgence
pour étendre sa douleur
contre un oeil qui n'en a pas peur

et dans mes caves fermées à clé
ça hurle les fantômes
et les squelettes des placards qui rongent
les chairs de mes impossibles
et les virgules de mes trous noirs

s'ouvrir au monde ce serait arrêter de me poser barricade
entre les autres et leur mal
de me poser casque bleu
entre moi et mes abîmes
et je rêverais comme ça de te protéger des années durant
de toi et de moi
des nymphes et d’elle
de tes mondes délirants
des spirales infernales où tu t'enfonces
pour mieux te croire exister

je voudrais te protéger du pire
en te faisant bouffer mon émotion en comprimés
contrôler tes inputs, tes rêves et le reste
pour dans tes mots m'exister

et je me dis que je ne serai jamais mère
parce qu’aimer fait trop mal
que je ne serai jamais femme
parce qu’aimer encore ça va
mais être aimée c’est mourir un peu
de l’autre qui part déjà

mais je me connais mieux qu’avant
et si j’endure encore ton nom comme un rasoir
contre la gorge de mes nuits
c’est que je sais qu’au bout de ce sang-là
existe quelques pas vers la lumière de là-bas

avec un peu de chance je t’entraînerai avec moi
et tu te retrouveras chez toi après l’ouragan
comme une vague qui obstinément
se sent chez elle même si son centre s’épanche

avec un peu de chance
un jour nous écrirons nous
en conscience
ou nous dirons nous
sans parenthèse et sans guillemet

ou nous serons peut-être
morts un peu
mais moins amers

Cliquez ici pour télécharger le MP3

(Jennifer Warnes: Famous Blue Raincoat/Disque: Famous Blue Raincoat)

dimanche 12 févr. 2006

Trombone fatigué

Texte écrit pour le Coïtus

nous avons coulé ensemble
les chutes des cyprines interdites
pour nous retrouver mains moites
dans les nuits adolescentes
de tes printemps récurrents

nous avons fracassé ensemble
les icebergs de nos survivances
je n'en pouvais plus de ramer seule
et j'ai laissé filer notre barque
de mes attentes à nos néants
de ta tendresse à contre-courant

aujourd'hui tu me manques
sur nos chemins parallèles, trop éloignés
c'est à toi de faire de nous une autre histoire
moi je ne suis plus que le trombone fatigué
qui tient les dernières pages de nous
obstinée à nous voir fleurir
peut-être à tort