Déjà le 16...
Donc, hier c'était le 15. Et jour de Recrue.
Rendez-vous sur le site de La Recrue du mois pour connaître les commentaires de l'équipe sur le livre Je jette mes ongles par la fenêtre de Natalie Jean.
| lun. | mar. | mer. | jeu. | ven. | sam. | dim. |
|---|---|---|---|---|---|---|
| 1 | 2 | 3 | 4 | 5 | ||
| 6 | 7 | 8 | 9 | 10 | 11 | 12 |
| 13 | 14 | 15 | 16 | 17 | 18 | 19 |
| 20 | 21 | 22 | 23 | 24 | 25 | 26 |
| 27 | 28 | 29 | 30 | 31 |
Donc, hier c'était le 15. Et jour de Recrue.
Rendez-vous sur le site de La Recrue du mois pour connaître les commentaires de l'équipe sur le livre Je jette mes ongles par la fenêtre de Natalie Jean.
Il y a deux jours, c'était jour de Recrue et j'ai oublié de vous en parler.
Nous sommes le 15, c'est jour de Recrue. Rendez-vous sur La recrue du mois pour savoir ce que nous avons pensé de Petit guide pour orgueilleuse (légèrement!) repentante d'Annie L'Italien, un premier roman québécois.
Un extrait de mon commentaire: Ça fait autant de bien que la fois où tu te permets un McDo préférablement dans une ville étrangère pour être bien sûre de pas tomber sur une collègue de travail en sortant. Ça fait du bien, mais ça reste du fast-food.
Dans la même lignée, je vous promets d'ici quelques jours une histoire rigolote sur les livres coupables qui s'intitulera: Les oiseaux se cachent pour mourir... et parfois pour lire.
J'essaie d'écrire (surtout dans ma tête pour l'instant), dans cette volonté d'écrire la folie. J'y pensais depuis un temps. Comment on peut écrire l'obsession compulsion sans la décrire? Et sans le savoir je me tape Les saisons de la nuit de Colum McCann où le personnage principal est clairement obsessif compulsif (obsession de symétrie). Column McCann s'en sort bien, c'est subtil tout en étant excessivement présent. L'obsession de la symétrie est peut-être la plus simple à décrire... il touche d'une main, touche de l'autre main. Se blesse d'un côté, se fait une blessure de l'autre. Est dit aussi combien tout cela commence par un jeu pour se terminer en maladie. Pourquoi ce jeu...? Là est toute la question. Pourquoi des gens ressentent le besoin de ce jeu pour contrer l'angoisse?
Mais ce que je voudrais c'est de pouvoir l'écrire à la première personne. Je voudrais que cet étourdissement créé par la compulsion se sente dans l'écriture. Ce qui est complexe parce que la compulsion semble se vivre à un niveau mitoyen de conscience, comme en parallèle avec le reste. Une narration à la première personne se situe généralement dans le niveau le plus superficiel de conscience. Elle peut à la limite choisir un autre niveau, mais comment faire sentir se parallèle entre deux niveaux de conscience? La simultanéité? Si j'écris le jeu mental je ne suis pas en train d'écrire la pensée. Or les deux se vivent au même moment, ou plutôt dans un va-et-vient continuel, de plus en plus rapide...Mais écrire ça c'est plate! En fait la compulsion elle-même c'est quelque chose qui est profondément sans intérêt. Ce qui est intéressant, c'est son effet... Mais comment écrire l'effet sans raconter la compulsion?
Quand j'écris mes narrations sont généralement blasées (oh surprise!). Des narrations analytiques, très fines, très précises, douloureuses mais à un niveau ailleurs de la douleur. Chirurgicales. Or, ce qui explique cette capacité à se maintenir dans la pensée en acier, c'est le niveau mitoyen de conscience qui lui 'joue' pour contourner l'angoisse. Comment on écrit ça? Je ne sais pas encore, je ne sais pas...
Vous connaissez des livres qui parlent d'obsession compulsion ou des narrations qui jonglent avec la folie?
Pour le Coïtus...
Rituel d’intimité. Cinq mois et un sourire pour une matante à la voix qui chante. L’impudeur des nouveaux nés, les langes et le bonheur de se retrouver deux dans un rire, ma main contre son ventre, sa peau. Mon nez contre le sien, baiser esquimau. Je ne crois pas que jamais puisse m’écoeurer un rituel aussi essentiel. Une lingette humide, un pyjama propre, un gazouillis et une fausse note. L’odeur du talc. Le bonheur en poudre et notre mémoire dans les nuages.
Texte écrit pour le Coïtus
***
Ici le malte au gosier, le vert qui pousse sous mes doigts, les pieds dans la terre grand format.
Ici la vie sent le printemps dans la fraîcheur d’une Corona.
Ici le rire s’écaille, contre le bleu infini d’une perspective altitude.
Ici je cherche mes mots dans la pâte empathique où dansent mes idées en écheveau.
Ici personne ne court ailleurs que dans sa tête trop bien entraînée pour s’arrêter.
Ici personne… pourtant mon souffle court.
Mon souffle s’écho contre les parois rêches de ma gorge sans Niagara.
Mon souffre court, court entre hypocrisie et amour.
Ici le temps arrête et se regarde défiler dans l’ombre délavée.
Ici mon temps s’étend.
Texte écrit pour le Coïtus
***
Vingt ans encore et dans l’œil le doute que demain puisse se conjuguer vraiment. Un nouveau temps.
Je me souviens de nos vingt ans.
La phrase assassine au bout d’une ligne de bambou, à la pêche aux perles pour tisser des menottes entre nous.
Vingt ans encore et mes fantômes se frottent à tes démons.
Les mêmes briques, les mêmes murs, deux diapasons.
Vingt ans c’était hier, je soupirais d’un plaisir feint dans les dédales d’un escalier discret.
Et je ne pouvais pas imaginer qu’ailleurs un adolescent riait déjà pour cacher ses douleurs.
Et que les chemins étonnants nous traîneraient là où l’un de nous (les deux peut-être ?) tenterait de contourner secondes et minutes pour oublier les générations et leurs fossés.
J’étais où à vingt ans déjà ?
Ici, présente désespérément…
Comme toi…
Texte pour le Coïtus
Aphorisme québécois
Après chaque nuit d'amour, la québécoise célibataire, l'oreille au combiné, s'étire le doigt et la mémoire entre l'étoile et le 69. Cinquante sous la dose, pour se convaincre qu'il n'a pas rappelé et qu'il n'y aura pas de réponse au numéro qu'elle voudrait s'inventer.
Piqué chez mon amie Pascale!
DIX PREMIERS
- Première meilleure amie: Très petite une Ariane et une Annouk. Plus vieille, la première meilleure amie que je n'oublierai jamais s'appelait Natacha. Je l'ai revu récemment d'ailleurs. Je me la suis fait piquer par une fille pas gentille. J'avais 6 ans.
-Premier hamster: Jamais eu, mais mes premiers chats [noirs!] s'appelaient Pic-Pic et Collégramme.
-Premier piercing: Les oreilles autour de 7 ans.
-Premier béguin: J'avais 4 ans et on l'appelait (l'appelle toujours!) Pigo, qui avait un bon 8 ans de plus que moi et j'avais dit que s'il se mariait avec quelqu'un d'autre j'allais m'asseoir sur le trottoir et attendre qu'elle s'en aille. Je ne l'ai jamais fait... du moins avec lui!
-Premier CD: Ben c'était pas des CD. Premiers vinyles: Nathalie Simard. Première cassette: Roch Voisine. Premier CD: mmm! me rappelle plus. Peut-être Bon Jovi!
-Première voiture: Ben ma belle Écho bleue 2005 siouplé!
-Première peluche: Première marquante, Tête-de-chien qui est en effet qu'une tête qui joue [mais ne joue plus maintenant!] de la musique.
-Premier amour: Un vrai amour? Euh, éternelle insatisfaite, je l'attends encore! Sinon un amour comme ça, ben c'est le même que le crush!
-Premier amour officiel: Un vrai amour? Euh, ben... le premier chum que j'ai présenté à mes parents s'appelaient Marc-André [Salut Marc!]
-Premier baiser: Mathieu, j'avais 14 ans, c'était la St-Jean!
Je pense à cette note depuis des semaines, depuis le débat autour du jeu des vérités. Mais le débat avait dérapé et j'ai voulu attendre que la poussière retombe. Elle est retombée si bien que maintenant mes idées auraient besoin d'un coup de plumeau. Elle est retombée si catégoriquement que j'en ai perdu des certitudes ombilicales.
Souvent vous me dites que je fais dans l'impudeur drastique. C'est étonnant parce que même si je sais bien ma facette exhibitionniste je ne me sens pas particulièrement nue devant vous. Mais peut-être que ce que vous appelez impudeur est en fait intégrité. Mon blog n'est pas un jeu dans le sens ludique pur du terme. Je n'aurais pas pu répondre aux 20 vérités en fabulant, même si tout le monde le fait. J'ai mon personnage ici et il n'est ni très grandiose ni très coloré. Il est plutôt noir et blanc avec des grains de mélancolie. Tellement d'ailleurs que ceux qui me rencontrent au détour d'un verre se surprenent de me découvrir en film couleur. Couleurs vives. Je n'aurais donc pas pu vous jouer le coup de l'exagération. Ça ne me ressemble pas.
Or, même ceux qui ne font pas dans le mode 'journal' se dévoile. Le blog, par sa forme, est une porte ouverte sur une certaine intimité. Ce que je voulais dire pendant ce débat c'est que dire «Je ne répondrai pas» en dit autant que de dire «Je répondrai des folies» ou alors «Je répondrai avec intégrité». C'est le geste qui parle, peu le contenu. Ceci dit je ne veux pas reprendre le débat, ce jeu était foncièrement adolescent mais il posait des questions fondamentales. Nous avons ce rapport viscéral à un médium nouveau, nous ne pouvons pas nous exclure de sa définition.
Le jeu posait entre autres cette question de l'intimité, suivie de près par celle de la pudeur. Il est arrivé que des gens me choquent, moi si impudique semble-t-il. Mal à l'aise quand on me raconte avec des mots trop vrais des relations sexuelles dont je connais les visages. Lectrice voyeuse. Désagréable. Mal à l'aise aussi quand il y a des regards et des chairs dans les virgules et les blancs des phrases. Impudique sûrement. Mais ceci n'est pas ma vie. Et vous ne pourrez jamais m'accuser de cela, d'avoir mis des gestes précis sur des regards que vous connaissez.
À l'heure des bilans, bien entendu, si c'était à refaire je tairais certains mots et je cesserais d'en faire un peu trop. Bien entendu. Mais généralement, si je raconte un moment, c'est parce qu'il se partage et je baptise ceux qui y étaient. Le reste c'est de l'émotif. Peut-être finalement que c'est ça mon impudeur. Cette conviction un peu tragique que mes émotions intéressent l'humanité. Mais je crois quand même qu'elles portent un peu d'universel. Entre rentrer un soir et vous servir un «Il m'a embrassé...» supposément anonyme ou une réflexion sur le baiser, ma voie est toute tracée.
J'en viens à me dire que le couple marquera nécessairement la mort de ce blog parce que je doute être capable d'en faire un lieu de fiction pure, ou alors de création aseptisée, ou alors d'humour. Je doute. Analytique dit le sous-titre. Jusqu'au bout des ongles. Et je n'imposerai pas mon impudeur à un autre. Remarquez, la question pour l'instant, ne semble pas vouloir se poser.
Je suis une blogueuse tout en célibat. Ma maison est vide, vous êtes une de mes intimités. Une seulement. Et finalement vous ne savez pas grand chose de qui je suis vraiment. Même si vous vous êtes vautrés dans quelques vérités que j'étais prête à dévoiler.
Les commentaires récents