Écrire.
Être soi, l'artiste derrière l'oeuvre. Faire oeuvre. Vraiment?
Au nom de quelle prétention du savoir dire? Du pouvoir dire?
Je ne peux pas me résoudre à croire, moi qui manque tellement d'humilité d'ordinaire, qu'il n'y ait pas là quelque chose de plus prétentieux que tout.
Je ne suis pas une artiste. En ce sens. Le besoin d'écrire ou d'être lue n'est pas impérieux au point d'oser la critique, le regard, le danger.
J'admire les artistes pour ça, pour leur talent mais aussi pour leur conscience du danger, leur conscience intime du danger qui se conclut par la plus improbable des réponses. Le risque.
L'artiste n'est pas un insouciant. Il sait le risque. Et pourtant il avance. Par besoin impérieux probablement. Malgré la douleur de dire.
Et je réalise que plus que tout,j'ai peur de la poésie. Une tour. Un univers. Un langage de l'ailleurs.
En fouillant dans mes paperasses je suis retombée sur cette lettre du Prix littéraire de Radio-Canada.Nous sommes désolés... blablabla... J'ai le plaisir... blablabla... classée parmi les 30 finalistes... blablabla...
Section poésie. Un travail qui m'apparaît aujourd'hui assez basique. Étrange ce sentiment. De relire ça, une autre moi déjà. L'ensemble des vies que l'on rencontre en nous. Étrange
J'ai peut-être envie de m'y remettre. Tenter la tour. Poésies.
Je n'ai rien.
Un titre peut-être... Un mot qui m'obsède. Une colonie des sens.
Un soupir d'attente.
Jachère...
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