Cette chronique a été rendue possible par le service de presse des éditions Marchand de feuilles que je remercie de faire confiance aux blogueurs.
Dolorès, enfant métissée d'une femme de l'Europe de l'est et d'un homme d'Asmara en Érythrée part à la recherche de son père qu'elle n'a jamais connu. Entre les souvenirs de son enfance, les morceaux de l'histoire de ses parents, les souvenirs des dictatures communistes et son propre voyage, le deuxième roman d'Ioana Georgescu est construit comme une oeuvre graphique.
J'avoue mettre parfois perdue dans cette écriture touffue, cette narration brisée. Je n'ai pas trop compris, non plus, au départ, pourquoi les chapitres étaient tous coiffés d'un très long titre évoquant les plaisirs gastronomiques: Café macchiato et brioches à l'orange ou Sprite au citron vert et lame de rasoir Gillette.
Je pense que les (non)réponses à ces questions de mon cerveau trop rationnel se trouvent dans le fait que Iona Georgescu est une artiste contemporaine, qui fait entre autres des installations, très symboliques, qui abordent des thèmes que l'on retrouve dans son roman.
Malgré quelques réserves, je dois admettre que le roman opère en ce qu'il glisse en nous des images très fortes (une certaine casque bleue, très charismatique; une cérémonie au stade; les souvenirs de la mère de Dolorès).
Une lecture que je ne mettrais pas entre toutes les mains parce qu'elle exige un laissez-aller, une habilité à accepter la narration brisée et un rythme plus impressionniste que vraiment narratif. Une oeuvre vraiment contemporaine même si elle s'inscrit dans des thèmes universels: identité, mémoire, famille.
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