Boris Vian est à l'honneur ce mois-ci pour le blogoclub. J'ai opté pour L'herbe rouge, qui traînait dans ma bibliothèque et que je n'avais jamais lu.
Un premier cinquante pages difficiles: un univers éclaté (univers Vian!), difficile à cerner, mais toujours cette écriture fine, précise, d'une richesse infinie. Et soudain la lumière. Rouge.
Un livre intelligent! Manifeste parallèle à la psychanalyse, la machine inventée par Wolfe permet des réflexions sur l'éducation, l'amour, la religion, l'amitié, la famille. En parallèle avec cette expérience, Wolfe et Lazuli, dans leurs relations avec leurs femmes, deviennent un laboratoire excessivement contemporain d'observation du couple et de ces aléas.
Un bouquin jouissif donc, qui m'a donnée envie de retourner vers les lectures de Vian que j'ai pu faire plus jeune.
Ce qui grince un peu:
Une vieille édition avec une page couverture particulièrement hideuse.
De petites longueurs au début, avant d'entrer dans l'univers (cette étrange procession municipale, comme un pied de nez aux autorités...).
Le mieux:
Des dizaines, des dizaines et des dizaines de citations toutes plus percutantes les unes que les autres. En vrac:
«Il n’y a pas de souvenirs, c’est une autre vie revécue avec une autre personnalité qui résulte pour partie de ces souvenirs eux-mêmes. On n’inverse pas le sens du temps à moins de vivre les yeux fermés, les oreilles sourdes.»
«- Tout ce qui n’est ni une couleur, ni un parfum, ni une musique, dit-il en comptant sur ses doigts, c’est de l’enfantillage.
- Et une
femme ? protesta Lil. Sa femme ?
- Une femme, non, par conséquent, dit Wolf, puisque c’est au moins les trois.»
«C’est remplacer un mystère par un mot. Ça fait un autre mystère, c’est tout. On commence comme ça, et on finit par faire de la magie.»
«- Vous avez une rancune de petit garçon contre la religion.
- Vous avez une religion de petit garçon.»
«Aussi longtemps qu’il existe un endroit où il y a de l’air, du soleil et de l’herbe, on doit avoir regret de ne point y être. Surtout quand on est jeune.»
J'ai beaucoup aimé relire Vian... c'Est vrai que c'est totalement éclaté et qu'il faut un moment pour s'y faire. Je n'ai pas lu celui-ci en particulier...
Rédigé par: Karine:) | lundi 02 nov 2009 à 14:11
Vian finit toujours par fasciner
pour ma part j'avais pris pour le 1er novembre "le loup garou" 13 nouvelles moins connues mais intéressantes quand on aime Vian, ce qui est mon cas
Rédigé par: denis | lundi 16 nov 2009 à 14:50