Pourquoi maintenant? La première fois j'avais 15 ans. Pourquoi maintenant, prise en cage dans ma propre histoire, je n'ai su faire autrement que plonger dans ma bibliothèque pour en ressortir ce gros bouquin à la couverture rigide, Éditions Québec Loisirs Inc. Rien de moins!
Pour la première fois, j'ai relu Quelques adieux de Marie Laberge, ce roman qui m'avait tant marqué adolescente. Je l'ai relu au risque de m'ennuyer, au risque d'être déçue, de me décevoir moi-même.
Pas du tout. Surprise, mais pas déçue. Surprise de mon souvenir vif de plusieurs scènes, surprise de retrouver dans ce livre quelque chose comme le mapping de mon imaginaire amoureux et érotique. Des scènes qui me hantent encore, que j'attends encore d'une certaine façon.
Surprise de ce personnage d'Anne qui hante mes pulsions romanesques... et romantiques. Ce personnage blasé, fermé. Ce que je ne suis pas et que j'espère être, d'une certaine façon. Ce que j'ai attendu et qui ne sera pas. Parce que je ne serai jamais, bien entendu, une froide et séduisante beauté blonde. Jamais.
Alors j'ai été surprise de me retrouver encore si vivante, si peu changée, dans ma relation à ce livre. Cette histoire d'une jeune femme qui attire vers elle un homme marié, quitte à ce que tout le monde s'y perde.
Alors j'ai une question: est-ce qu'à 15 ans ce livre m'a marqué si fort parce qu'il résonnait avec un univers intérieur que si jeune j'avais déjà en moi? ou est-ce que ce livre m'a marqué si fort qu'il a construit en moi un univers intérieur qui fait qu'aujourd'hui encore je m'enroule autour d'un archétype qui semble éternel?
Au risque de passer pour un quétaine, j'avoue que j'aime bien Marie Laberge. Je lis présentement «Martha» et j'y prends grand plaisir !
Rédigé par: Garamond | mercredi 01 juil 2009 à 16:50