Rennes - souvenirs et blancs
Je ne dirais pas que j'ai les bleus, vraiment pas, mais il est difficile d'être seule à Rennes sans penser que j'y étais presque seule aussi, il y a cinq ans. Difficile de ne pas être un peu en pèlerinage et de ne pas constater combien la mémoire est une faculté qui oublie. J'ai finalement retrouvé, hier, la boutique où j'avais acheté ma vareuse il y a 5 ans. Et je crois avoir aussi identifié l'hôtel où je l'attendais. Je ne me rappelle pourtant pas avoir marché entre les deux, avoir parcouru la ville. Aucun souvenir, trou noir.
Mais je me rappelle comment il pleurait - moi et les hommes tristes vraiment, faudrait penser à me lobotomiser ou quelque chose. Je me rappelle avoir dit de gros mots d'amour - pour la première et la dernière fois.
Il y a une raison d'hygiène mentale si je m'obstine à garder contact avec ceux qui traversent ma vie, à contrer l'oubli. En partant comme ça, il m'a un peu volé mon histoire, si ce n'est ma mémoire. Quand j'y repense aujourd'hui j'ai la forte impression d'avoir rêvé.
Peut-être que c'était le cas... A présent je réinvente Rennes parce que Rennes ne se souvient pas de moi.
N'est-ce pas ainsi Catherine? Quand tout a été oublié, il reste, parfois enfouies sous les plis de l'âme, les traces indélébiles de l'émotion? Tu te promènes partout dans le pays et partout en toi, c'est réussi ce voyage!
Rédigé par: ginette | dimanche 16 nov 2008 at 08:55