Il est tellement plus facile de donner que de recevoir, ce voyage m'aura permis de m'en rappeler et de ne plus trouver exagéré le malaise des gens que je reçois chez moi. J'ai toujours dit à mes invités de faire comme chez eux... mais c'est une formule polie. On ne fait jamais comme chez soi quand on est chez les autres, on ne peut pas, et c'est une source de petites angoisses du quotidien. Je l'ai vécue des dizaines de fois, cette petite peur de déranger, pendant ce voyage où, partout, les gens m'ont accueillie avec une générosité qui fait presque mal.
Fou aussi de constater que dès que l'avion décolle, les souvenirs d'hier à peine semblent appartenir à une autre vie. Les voyages comme des boîtes noires qui se ferment, à la fois bien plus étanches, mais bien plus denses, que de simples parenthèses.
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