Ce qui a du sens dans cet axiome: Il est bien entendu que lorsque nous allons bien, nous dégageons une énergie plus intéressante, plus positive, plus attirante que lorsque nous raclons les bas-fonds de nos doutes névrotiques.
Ce qui n'a pas de sens dans cet axiome: Il me semble faux de croire que l'humain se construit seul. Animal social, nous ne sommes rien sans le regard des autres. Toute la psychopop (néolibéralisme des âmes) se construit sur une idée fondamentalement dangereuse, celle que l'individu possède en lui toutes les solutions à ses problèmes. Poussée à son extrême, cette idée nous interroge sur l'utilité même de vivre en société. Cette idée culpabilise toujours le sujet qui n'a nécessairement pas voulu assez fort puisqu'il doute encore de lui. Comme je le répète souvent, il me semble qu'il y a encore trop de gens qui meurent de faim sur cette planète pour qu'on puisse se permettre d'adhérer à un Secret qui dit pour l'essentiel qu'il suffit de vouloir pour avoir ce dont on rêve. Ça en fait un paquet de milliards qui ne veulent pas assez quand même!
Je ne l'aurais pas exprimé aussi clairement adolescente, mais j'avais déjà cette intuition que quelque chose clochait dans le «Aimes-toi et les autres t'aimeront». L'idée même qu'on puisse être indépendant du regard des autres ne me semble pas un but à attendre: le regard des autres nous construit, il nous consolide. Il nous fait exister.
Bien entendu, il faut tenter de bien s'entourer, au moins à partir de l'âge où nous avons un certain contrôle sur l'entourage en question.
C'est un peu ce que je me disais l'autre jour en croisant mon reflet dans le miroir, reflet qui me semblait plus harmonieux, plus solide et plus beau que jamais dans les dernières années. Je me disais que j'ai le tour trop souvent de m'entourer de près de ceux qui me renvoient l'image qui fait mal, celle qui souligne tout ce qui cloche. M'entourer de ceux finalement qui sont un peu trop d'accord avec la moi des mauvais jours: celle qui dans son absence d'humilité trouve qu'elle est un être exceptionnel... mais pas vraiment belle. À peine une femme en fait.
Depuis qu'il est entré dans ma vie, rien n'a bougé. Mais il me semble que les miroirs me sourient. Comme ses yeux. Rien n'a bougé. Mais je respire un peu mieux.
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