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mai 2008

jeudi 29 mai 2008

Que défend une louve qui n'a jamais enfanté?

Je m'étonne toujours de l'esthétique de la toile faite de peine et colère qui peut se dresser en moi. Comme un filet de secours quand on me pousse vers le bas. De réelles envies de boxer, du vide ou des nez. Une espèce de colère volcan, comme si sans raison réelle je me sentais trahie. Je n'arrive même pas, même pas en reculant, à comprendre ce qui arrive parfois à me mettre hors-de-moi dans cette vie.

Et j'entends la peine au fond. Est-ce le bruit de l'abandon? L'autre face de la trahison? Je ne sais pas.

Souvent j'aurais voulu que ce sentiment n'existe pas. Aujourd'hui, maintenant, je le trouve un peu incontournable. Presque justifié. Pourtant quand on enlève une couche de corne de colère vive, un peu de pue d'une peine endémique, ce qu'il reste au fond de tout, c'est encore de la culpabilité. Une putain d'impression d'être fautive en tout.

Les chansons n'ont pas à se mouler sur nos vies pour faire sens. Elles peuvent se contenter de laisser entendre l'essentiel.

Cliquez ici pour télécharger le MP3

(Jennifer Warnes: Famous Blue Raincoat/Chanson de Leonard Cohen)

Extrait correspondance

... peut-être les guillemets sont-ils la marque de l'ironie si la suspension est la marque de l'érotisme...

mardi 27 mai 2008

Romantique

Écrire me ramène toujours à la notion de rédemption. Je refuse obstinément d'écrire un roman où la rédemption passera par une histoire d'amour.

Mon problème est toujours le même: je ne suis pas trop certaine d'avoir identifié autre chose dans cette vie qui puisse être une force rédemptrice. Autre chose, qui puisse vraiment faire sens.

C'est peut-être ça, finalement, être romantique.

lundi 26 mai 2008

Miss Lapsus a des conversations de fille

Valérie: Me semble que mes cheveux sont laids aujourd'hui?
Moi: Ben non, sont corrects.
Valérie: T'es sûre, même avant que j'en parle?
Moi: Ben oui...
Valérie: On dirait que je les trouvais moches aujourd'hui chaque fois que je me regardais dans le frigdaire.

dimanche 25 mai 2008

Aimes-toi et les autres t'aimeront

Ce qui a du sens dans cet axiome: Il est bien entendu que lorsque nous allons bien, nous dégageons une énergie plus intéressante, plus positive, plus attirante que lorsque nous raclons les bas-fonds de nos doutes névrotiques.

Ce qui n'a pas de sens dans cet axiome: Il me semble faux de croire que l'humain se construit seul. Animal social, nous ne sommes rien sans le regard des autres. Toute la psychopop (néolibéralisme des âmes) se construit sur une idée fondamentalement dangereuse, celle que l'individu possède en lui toutes les solutions à ses problèmes. Poussée à son extrême, cette idée nous interroge sur l'utilité même de vivre en société. Cette idée culpabilise toujours le sujet qui n'a nécessairement pas voulu assez fort puisqu'il doute encore de lui. Comme je le répète souvent, il me semble qu'il y a encore trop de gens qui meurent de faim sur cette planète pour qu'on puisse se permettre d'adhérer à un Secret qui dit pour l'essentiel qu'il suffit de vouloir pour avoir ce dont on rêve. Ça en fait un paquet de milliards qui ne veulent pas assez quand même!

Je ne l'aurais pas exprimé aussi clairement adolescente, mais j'avais déjà cette intuition que quelque chose clochait dans le «Aimes-toi et les autres t'aimeront». L'idée même qu'on puisse être indépendant du regard des autres ne me semble pas un but à attendre: le regard des autres nous construit, il nous consolide. Il nous fait exister.

Bien entendu, il faut tenter de bien s'entourer, au moins à partir de l'âge où nous avons un certain contrôle sur l'entourage en question.

C'est un peu ce que je me disais l'autre jour en croisant mon reflet dans le miroir, reflet qui me semblait plus harmonieux, plus solide et plus beau que jamais dans les dernières années. Je me disais que j'ai le tour trop souvent de m'entourer de près de ceux qui me renvoient l'image qui fait mal, celle qui souligne tout ce qui cloche. M'entourer de ceux finalement qui sont un peu trop d'accord avec la moi des mauvais jours: celle qui dans son absence d'humilité trouve qu'elle est un être exceptionnel... mais pas vraiment belle. À peine une femme en fait.

Depuis qu'il est entré dans ma vie, rien n'a bougé. Mais il me semble que les miroirs me sourient. Comme ses yeux. Rien n'a bougé. Mais je respire un peu mieux.

samedi 24 mai 2008

Écrire...

Il y a une différence majeure entre avoir des choses à dire et avoir des choses à raconter.

J'ai beaucoup du premier et je manque cruellement du deuxième.

vendredi 23 mai 2008

Réflexions diverses

Ne vous en déplaise, la plus belle lumière est vraiment celle du soleil après la pluie.

Aucun lien... quoi que... Il m'arrive d'avoir de profondes envies de croire, juste pour penser qu'Elle pense à moi quand je pense à Elle. Juste pour penser que ça ne s'est pas connement achevé ce jour-là, son sang sur les rails et le coeur qui cesse de battre.

Il m'arrive encore des années plus tard d'avoir de profondes envies de croire. Et le néant me rattrape. La poussière qui redevient poussière.

Et peut-être est-ce mon orgueil exacerbé, mais il me semble que le suicide perd de son sens à partir du moment où le sujet prend conscience qu'il ne pourra jamais en mesurer les effets.

jeudi 22 mai 2008

Une autre bonne raison de remercier Canoë d'exister...

"Soderbergh [...] brosse ici le portrait de l'homme derrière la légende, présentant le Che comme un combattant et politicien idéaliste, mais aussi très humain et fragile (il était asthmatique)."
Maxime Demers tiré du Journal de Montréal

Il était asthamatique! J'en pleure encore... C'est dire comment ça m'humanise.

Future petite annonce sur Réseau contact: "Jeune fille propre de sa personne, rigolote et intelligente, très humaine et fragile, puisque asthmatique. Cherche homme solide pour lui donner le bouche-à-bouche."

Ou encore en épitaphe: "Il laisse dans le deuil une famille nombreuse et quelques maîtresses. Il était reconnu pour son humanisme et sa fragilité, à preuve l'asthme l'a tué."

Merci Canoë. De laisser fréquemment la parole à monsieur et madame tout-le-monde qui disent souvent des conneries ce qui me permet de deverser ma colère . Et pour ça aussi. (J'admets que je ne lis pas le JDM, sans Canoë j'aurais manqué ça!)

Merci aussi pour une ou deux raisons plus personnelles. Mais je n'en dis pas plus, par crainte que mon humanisme et mon émotion vous fassent vous étouffer sur le champ!

mercredi 21 mai 2008

Un de ces matins à la table d'à côté

J'avais beau essayé de lire, tout autour il y avait beaucoup d'agressivité dans l'air. À gauche, la conversation allait bon train entre un homme et une femme. On parlait cinéma et création. La femme venait de rappeler à l'homme qu'ils avaient vu un certain film ensemble «Oui, tu sais, t'étais fâché après moi parce que j'avais bougé pendant le film...» L'homme ne s'en rappelait pas. On peut comprendre oui... Qu'il ne se rappelle pas qu'elle avait bougé pendant le film. Et qu'il refuse de se rappeler qu'il était fâché pour ça.

Les deux travaillaient sur quelque chose s'apparentant à un scénario. L'homme accueillait toutes les propositions de la femme avec une froideur et une condescendance qui chaque fois me donnait un coup au plexus. Je me suis longtemps demandée si j'assistais au face-à-face entre un coach particulièrement sévère et une débutante.

J'étais déjà passablement abasourdie de cet échange quand ils en sont à chercher un défaut à un personnage masculin.

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lundi 19 mai 2008

Denis Villeneuve affirme...

... à propos de Un 32 août sur terre et Maëlstrom que ce ne sont pas des films pour le public mais des films pour thérapeutes.

Et dire que ce sont mes films préférés!

What a surprise!