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avril 2008

mercredi 30 avr. 2008

Trac!

Je l'ai dit maintes, fois, je suis une traqueuse. Je l'ai même dit en pleine radio. Depuis, plus rien ou presque... jusqu'à aujourd'hui.

C'est vraiment une perte de contrôle, une pente glissante sans frein. C'est quoi? Le lieu? Les gens? Le fait d'arriver la soirée bien entamée. Mon trac reposant essentiellement sur une peur panique et généralement injustifiée de déranger, arrivée quand les autres fraternisent depuis plusieurs heures c'est replongé le couteau dans la plaie.

Ne pas être bienvenue.
Ne pas être appropriée.
Ne pas être à la hauteur.
Dire ce qu'il ne faut pas.
Ou ne pas dire ce qu'on attend.

C'est bien la preuve que la Fourmi Hystérique ne s'emballe pas uniquement devant l'homme, mais aussi devant les Hommes, surtout ceux qu'elle ne connaît pas très bien.

Où est ma toute-puissance? I lost the line, I lost the line...

mardi 29 avr. 2008

En photos, j'aime mieux le flou au flash. Dans la vie aussi.

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lundi 28 avr. 2008

Re(de)venir (chez) soi

C'était il y a sept ans. À la sortie de l'hôpital, quelque chose s'était brisé dans mon corps. J'avais voulu crier à l'aide, peut-être mourir un peu, en tout cas j'avais tué quelqu'un en moi parce qu'il ne restait qu'une enfant. J'avais perdu la femme, qui s'était construite toute croche mais qui s'était construite tout de même, j'avais perdu la femme dans un drap qui sentait les médicaments. Une fois réfugiée en France, j'ai demandé à Alexandre pourquoi il me traitait comme si j'étais sa petite soeur. «On est toujours deux pour faire une relation!» Et toc! J'étais devenue ça en effet, une petite soeur...

C'était il y a deux ans, non trois. Trois ans. Je réagissais à un texte de Charles Bolduc dans une envolée qui aura fait parler. Les hommes qui... une envolée sans fausse pudeur dans laquelle je disais avoir trouvé quelque chose de nouveau, avoir quitté le monde des hommes-mépris pour rencontrer celui des hommes-partage. Et que s'est-il passé après... La peine je suppose, la douleur de ce grand amour, de cet homme-partage justement, qui ne serait pas. Cette douleur-là aurait été assez forte pour me repousser vers le mépris? Une nouvelle forme de mépris, un mépris blanc. Comme si petit à petit mon corps se cadenassait. Et alors je suis devenue une grande soeur. Et j'ai exploité ce filon-là...

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dimanche 27 avr. 2008

Je t'aime, moi non plus

Quand t'as un peu plus de deux ans mais à peine, tu parles de mieux en mieux et tu répètes tout ce qu'on dit. Et comme c'est beau...

Mais il y a des principes grammaticaux ou des expressions plus complexes qui t'échappent. Comme le 'ou'... «Veux-tu les comptines sur les disques ou tu veux que je chante une chanson?» BIMP! Too much information!

Depuis qu'il est né, chaque fois que je couche Rémi, je lui répète que je l'aime en éteignant la lumière. Aujourd'hui, il a répondu «Oui!». Un petit accusé de réception, la voix plein de tendresse. Bon c'était pas «Moi aussi!»...

Mais aujourd'hui, pour la première fois, j'ai eu l'impression qu'il comprenait ce que je disais. Et qu'il acquiesçait.

samedi 26 avr. 2008

I comme dans Injustice

Je sais bien que rien dans la vie ou le destin ne relève de la justice. Tout de même, dans cette étrange semaine où je me disperse entre un sentiment de toute puissance et une tristesse lancinante, il m'arrive de sacrer (trop souvent) contre ce qui me semble relevé d'une injustice fondamentale. Tout en sachant que je me plains pour rien, mais je sacre tout de même quoi...

Ce midi, le gym avait un goût particulier d'amertume. J'ai pesté pendant plusieurs minutes contre mes orteils qui s'engourdissent, mes pieds qui souffrent et les kilos qui s'accrochent. Post-ado en crise débile... Bien sûr, bien sûr. Je me rappelle clairement d'avoir pensé quelque chose comme «J'en ai marre de ce maudit corps qui n'a pas 30 ans et qui se comporte n'importe comment...» Quelque chose comme...

Dernier soir de la saison de la Maison de la Culture, Les printemps de la danse 2008, 4ième pièce: S'ancrer dans la suspension de Marie-Hélène Bellavance et Stéphanie Vignau. Comme elle est belle la danseuse. Vous voyez belle comme j'ai tant rêvé de l'être. Mince, élancée, féminine, pleine de caractère. Et la belle danseuse... ben elle porte des prothèses. Pas de jambes. Aucune des deux. Elle danse avec ses prothèses, sans la même fluidité de mouvement que ses compagnons, mais avec une grâce incroyable, un sourire, une flamme. Et dans la deuxième partie, elle enlève ses prothèses, et elle danse au sol. Avec une force, une vigueur, une vie.

Les larmes aux yeux j'ai juste ravalé mes conneries sur l'injustice et eu une petite pensée pour mes orteils qui engourdissent sous l'effort physique.

vendredi 25 avr. 2008

Une madeleine toute en aspérités

C'était un plancher de bois. De larges planches, toujours froides. J'écoutais Starmania.

Nous vivions comme dans un Québec d'il y a 50 ans. Avec des tuyaux qui gelaient l'hiver et un puit qui s'assèchait l'été. Avec une maison mal isolée qui ne se chauffait que de poêle à combustion lente, une pile de couvertes qui sacraient le camp en pleine nuit dans ma chambre sans rideau qui donnait dans la forêt. Quand je me réveillais, et je me réveillais souvent, j'avais peur sans le dire et rejoignais ma mère dans son lit. Elle acceptait si je promettais de ne pas bouger. Alors je ne dormais pas vraiment, trop occupée à retrouver ma chaleur et à contracter mes muscles pour trouver l'immobilité et éviter de bouger. Je finissais par m'endormir en évitant qu'elle ait gueulé dans son sommeil contre son vers gigoteur qui était rendu un peu grand pour partager son lit, qui avait ses 10 ans et déjà ce corps de femme.

Je ne voulais pas. J'avais des Barbies et des rêves romantiques et j'étais trop jeune pour une puberté non-préparée.

Et dans la pièce commune du deuxième étage, les planchers étaient en larges planches de bois peintes en blanc. c'était mon univers les soirs où je restais seule. Presque tout le temps. Des planches irrégulières, imparfaites, avec des noeuds mais surtout un nombre incalculable d'aspérités causées par la peinture mal foutue. Des aspérités qui écorchait la peau de ma paume, comme si ma main pleurait en même temps que mes yeux. La joue contre le bois froid, j'aimais déjà sentir les larmes glissées. Les larmes sont la clé d'une tristesse qui a du style, les tristesses en sècheresse se contentent d'être hystériques, aucune dignité.

Je n'avais rien en particulier... Mais si! J'étais petite encore et femme déjà, il y avait ce corps trop tôt dont je ne voulais pas. J'étais seule au deuxième étage de ma maison d'un autre siècle, et que dire du deuxième étage de ma tête. J'écoutais Starmania et quand je l'entends aujourd'hui je pense davantage à ce plancher qu'à quoi que ce soit d'autres. Il me semblait que la tête qui éclate, l'envie de dormir, s'étendre sur l'asphalte et...

J'écoutais Starmania et je voulais mourir.

jeudi 24 avr. 2008

Débiles Légers

Fou rire d'enfants dans le hall d'entrée du bureau. Le collègue J et la collègue V, qui s'en vont au gym, ont pris un ascenceur, moi un autre, et nous sommes arrivés EN MÊME TEMPS au rez-de-chaussée... Oui, oui, une course d'ascenceur. Dire qu'on a plus de 100 ans à nous trois ... ... DEUH!

Cat: Ouin, ça nous prend vraiment pas grand chose pour nous amuser!
Collègue V: En fin de journée comme ça...
Collègue J: Peut-être la température...
Cat: Non, non, je pense qu'on est comme ça tout le temps, on se contente de peu.
Collègue J: Heyhey, un bureau de débiles légers.
Collègue V: Merci d'avoir dit LÉGERS!
Cat: Ben entraînez-vous bien, je vais au yoga. Je penserai à vous quand je vais me tenir sur la tête.
Collègue V: ... quand tu vas venir sur la tête?
Collègue J: Méchante soirée en perspective!

C'est drôle, c'est pas comme ça que j'imaginais le milieu du travail!

mercredi 23 avr. 2008

T comme dans Totem

En plein été, période caniculaire, mon totem est Béluga Échoué. Et encore, Béluga me semble un peu gracieux, et trop peu humide!

Le reste du temps, je suppose que Fourmi Hystérique me convient assez bien. Je vous entends d'ici protester: "Hystérique, franchement..." Ah ben le totem sert justement à dévoiler la nature profonde.

Dans A Bug's Life, première scène, les fourmis traînent le bouffe vers l'autel quand une feuille d'automne tombe au sol et coupe la ligne. Fourmi Hystérique gèle sur place, devant la feuille, fait de grands yeux avant de se mettre à hurler "I lost the line, I lost the line..." (2 points pour connaissance cinématographique!). Ben moi je fais ça des fois dans la vie. Je suis plus sensible à la présence masculine qu'aux feuilles mortes, mais quand on se met en travers de mon petit bonhomme de chemin y'a le totem au fond de moi qui hurle "I lost the line, I lost the line...". Symptôme: consommation exagérée de sucre cachée au fond de mes coussins (c'est là que se profilent les restes du Béluga Échoué de l'été dernier!), air hagard, maux de têtes et nausées. Et bien entendu: parties de Tetris ou autre inutilité à répétition juste pour faire taire Ange et Démon qui dans mon esprit s'envoient promener à coups d'espoirs et de fatalités.

En vieillissant les égarements durent moins longtemps. La fatalité gagne toujours la main sur l'espoir et je reprends la ligne et le petit bonhomme de chemin en l'espace de quelques jours.

Et un soir tu te réveilles en sursaut à 23:30. Tu viens pourtant à peine de sombrer. Était-ce un rêve? Était-ce juste une pensée? Ô le bel éclairci, le ciel presque bleu mais sans ecchymose. Dans un demi-sommeil tout est tellement clair, chaque personne à sa place. La ligne est là, droite tracée. Il n'y a certes pas d'espoir mais pas vraiment de fatalité. Un certain apaisement devant le retour des terrains connus et non-accidentés.

La Fourmi Hystérique a tellement peur de la nouveauté qu'elle aime encore mieux suivre sa ligne droite sans en être détournée. La Fourmi est une bébête vraiment très organisée, tellement qu'elle préfère se tenir loin des cigales et des dangers.

mardi 22 avr. 2008

F comme dans Fièvre (bis)

Je dois admettre qu'il y a des moments où la fièvre semble me concerner.

Toutes les fièvres.

Faut juste accepter de ne pas trop y penser.

lundi 21 avr. 2008

B comme dans Bonheur

C'était il y a deux ans. Suite à un commentaire de Lady Guy j'explosais le blogue, tout en noir. Le commentaire disait «Catherine sera-t-elle heureuse un jour?».

J'ai fini par répondre, en substance, que pour moi la distinction malheur/bonheur fait partie des plus grands leurres qui soient. La tristesse, ça c'est quelque chose. La joie aussi. Le bonheur et le malheur supposent une certaine permanence auquel je ne crois pas. Je crois à la sérénité, par contre, mais c'est bien différent! J'écrivais «De toute façon, je ne crois pas au mythe de l'individu. Pour moi, sans résonance nous ne sommes rien. Le bonheur au fond de toi, je n'y crois pas.»

Tout ça est encore d'actualité. Pourtant, poussée par je ne sais quelle superficialité (l'amour des bons mots!), j'ai acheté un recueil de pensées sur le bonheur dans un magasin de livres usagés.

HELP!

Bon, ce livre est très nul d'abord. Si on se fie aux (vraiment mauvaises!) photos qui l'illustrent c'est assez pour donner le goût d'être malheureux ad vitam aeternam. Mais outre ça, ça me conforte encore dans l'idée que les discours sur le bonheur s'organisent autour de quelques lignes bien connues qui me lèvent le coeur:

- nous sommes responsables de notre bonheur (le Secret)
- le bonheur se bâtit sur les plaisirs simples (la simplicité)
- le bonheur siège dans l'âme et le coeur (la mystique)
- le bonheur passe par le don de soi (le judéo-chrétien)

Donc, que ce soit Châteaubriand («Le bonheur coûte peu. S'il est cher il n'est pas d'une bonne espèce.»), Claudel («Le bonheur n'est pas le but, mais le moyen de la vie.») ou Hugo («L'Homme est une prison où l"âme reste libre.»), je persiste et signe, le bonheur est un concept insupportable.

Si on tient à rester dans les catégories, j'aime mieux être malheureuse comme moi qu'heureuse de même. Mais je ne suis pas malheureuse. Je suis triste parfois, mordante à d'autres, névrosée souvent, rigolote aussi. Je me sens souvent seule et je n'ai rien de naïf. Mais j'ai aussi des joies intenses pour des banalités (ou non) et des certitudes d'amitié qui font du bien.