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Il paraît que 28 ans le 28... Ça porte chance. Fallait voir tous mes cadeaux d'anniversaire emballés dans la même couleur pour se donner le goût de croire aux signes.
Semaine magique pleine de trop de choses pragmatiques pour les étendre ici, ce lieu ayant tout de même un minimum de prétention à la poésie. Mais au plan professionnel c'est un peu l'apogée, stimulée, décidée à avancer ce nouveau projet que je porte... faute de bébés à porter.
Niveau coeur, rien à déclarer! Une certaine sérénité contrastant avec le roller-coaster du week-end, des contradictions aussi, comme un amoncellement de paradoxes dans un coin de l'intime de ma vie. Et ce souper de fête, avec ma garde rapprochée. Quelques amis choisis à se dire dans ma caboche qui roule comme un hamster insomniaque ces gens sont trop merveilleux pour que je leur fasse l'affront de me sentir si seule si souvent...
Et puis pour finir cette semaine magique, j'ai parlé au téléphone avec le beau petit Rémi, monsieur j'ai un an et demi.
Et
il
a
dit
mon
nom
!
Comme quoi la magie n'est pas plus conne que le malheur, elle non plus n'arrive jamais seule!
Quand j'étais jeune j'ai été très marquée par cette histoire qui voulait qu'en regardant dans un miroir à minuit pile on puisse voir le diable. Il m'arrive d'y penser encore quand je me réveille la nuit, même s'il est généralement bien passé minuit. J'ai tout de suite pensé à cela en croisant ceci...
- Sais-tu ce que tu viens de faire? dit-il en commençant de faire chauffer de l'eau. Tu viens de faire sans le savoir deux vers de huit pieds.
J'ai passé ma vie dans la crotte et dans la bouette, et bien je vais vous dire, je ne savais pas qu'il y en avait de si longs. Mais je rapporte ce qu'on m'a dit sans chercher à comprendre
[...]
- Tu ne sais donc pas que tu es une jeune fille? Et même, je dirais... (ses lèvres découvrirent toutes ses dents, ce qui me fit songer au soleil quand il se fraie un petit passage entre deux nuages dans notre domaine) et même je dirais une très très jolie jeune fille.
Je jure que le deuxième très, il l'a dit en italique.
La petite fille qui aimait trop les allumettes, Gaétan Soucy
Avons-nous donc commis une action étrange?
Explique, si tu peux, mon trouble et mon effroi:
Je frissonne de peur quand tu me dis: «Mon ange!»
Et cependant je sens ma bouche aller vers toi.Femmes damnées - Delphine et Hippolyte, Charles Baudelaire
Pendant ces quelques jours, ils furent plusieurs à s’excuser d’être utopistes, ou de ne plus l’être. C’en était à souhaiter que le prochain Forum social québécois s’organise autour de la réhabilition de l’utopisme. L’utopie n’est pas la naïveté et n’a pas à être considérée comme un terme péjoratif. L’utopie c’est le grand refus, refus de l’oppression et refus de s’arrêter dans le combat sous prétexte que «c’est moins pire qu’ailleurs» ou que «c’est mieux qu’avant».
Personne ne s'étonne quand un enfant apprend à dessiner qu'il souhaite un jour dessiner aussi bien que les belles images qu'il a plein ses livres. Pourquoi s'étonne-t-on qu'en voulant apprendre en société, nous ayons besoin d'un modèle plus juste que juste, plus grand que grand.
Être utopiste, dans le sens le plus éclairé du terme, c'est savoir visualiser cette société plus juste, plus égalitaire, plus sereine dont on rêve et c'est savoir que cette société ne sera pas là demain. C'est constater que si chaque pas dans la bonne direction mérite une main d'aplaudissement, il mérite aussi un coup de pied au cul. Ça ne se finit jamais là.
Si nous souhaitons dire vraiment qu’un autre Québec est en marche, il serait bien que celui-ci soit utopiste… et fier de l’être.
(Mes Aïeux - Qui nous mène?)
Pour le meilleur et pour le pire est un très beau film.
L'amour est une très belle chose.
Pour le meilleur et pour le pire est un très beau film d'amour.
Ma vie est parfois pleine de lumière.
Je suis certaine que l'amour est quelque chose plein de lumière.
Par moment ma vie pourrait ressembler à un beau film d'amour, si les scènes se décidaient à bien finir.
L'autofiction est une méthode d'écriture qui puise un pourcentage certain dans la biographie (99% ?) avant de romancer (1% ?).
Un jour quand je m'autofictionnerai il y aura une scène dans un taxi en plein après-midi avec un gars dont le regard fuit un peu vers la fenêtre et un chauffeur qui fait comme s'il n'écoutait pas. Il y aura ce drôle de soleil qui pointe parfois entre deux averses dans une journée d'intense humidité. Il y aura cette épaisseur entre les deux protagonistes, comme ce temps tampon qui ne s'explique pas entre deux êtres qui se comprennent mal. Et la fille dira au gars qu'il a une belle bouche, et le gars sourira avant de dire qu'il embrasse bien. Et puis il dira un truc sur les atomes crochus en regardant par la fenêtre, un truc sur les atomes crochus qui se développent même quand des fois on pensait pas. Et puis la fille elle regardera par la fenêtre en essayant de pas tout filtrer ce qu'il dit, en essayant de sortir de l'analyse. (99 %)
Et puis ça finira bien. Genre ils s'embrassèrent et se pratiquèrent un peu à faire des enfants. (1 %)
23 août, le Medley est sombre. Sur la balustrade s’étend un immense SOS rouge sans qu’il soit trop clair de quel péril il est question. Avec un peu d’imagination, on meuble nos propres cris de détresse. La provocation policière à Montebello, le système capitaliste qui semble se nourrir de ses contradictions jusqu’à plus soif, la marginalité de plus en plus judiciarisée, la lutte environnementale qui semble faire deux pas dans les mentalités pour reculer de quatre dans les politiques publiques, les mouvements anti-féministes qui revendiquent des «droits» pour réclamer le retour au statu quo de l’oppression. Un peu tout cela et bien plus encore, derrière ce SOS qui cache une litanie de cris d’alarmes. C'est pour ça qu'on vient au Forum social québécois ou on trouve vraiment de tout... même des amis!
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