H comme dans Hygiène
Depuis des mois rien n'y fait. À l'adolescence c'était plus facile il me semble. Aujourd'hui les réflexes sont moins vifs, la chair moins souple, je ne sais trop. Mais rien n'y fait.
Depuis l'été dernier je dirais, rien n'y fait. Des fois une se glisse entre les pages d'un livre ou sur une émission dont on aurait même honte de dire qu'on l'écoutait. De temps en temps, une petite fêlure, mais rien de majeur.
Jusqu'à ce soir de vacances. Je faisais la vaisselle, robe de chambre, mains gercées, le bain refroidissait un peu. Il n'y avait ni musique, ni livre, ni télévision. Il n'y avait personne qui ait dit quoi que ce soit. Il y avait moi en dialogue avec moi, qui racontait je sais plus quoi, toujours la même histoire je suppose.
Et j'ai senti l'orage arrivé. Je me suis retournée vers le vide un peu hébétée, à la fois heureuse et craintive. Et s'est tombé. Pluie d'été au fond de moi, j'ai fini recroquevillé dans mon divan sans musique, sans télévision, sans rien, juste la main contre mon ventre, des sillons d'eau pour tracer le printemps et surtout la profonde libération des sanglots.
Une fois l'orage passé je suis allée au miroir. Fripée, humide, moche et émouvante à la fois. Et je me suis souris d'aboutir à ça après des mois de régime anti-hygiénique.
Lâche pas ma grande, tu peux encore pleurer. À ma santé!
(Michel Rivard - Pleurer pour rien)
Pleurer aussi pour une belle chanson et un billet qui résonne bien.
Merci Catherine. ;-)
Rédigé par: dda | dimanche 27 mai 2007 at 03:41
Quel texte !
Rédigé par: obni | dimanche 27 mai 2007 at 10:46