Amour digital (Yann)
Au bout de mes doigts
Le frémissement de ta main
Au bout de mes doigts
Le frémissement de ta main
Te voilà donc seul au cul de l’Aber
Tristement armé pour ton ultime escale
La marée aux amarres infidèles t’a largué
Parmis le requiem saumâtre des salicornes
Abandonné aux blasphèmes de la rouille
Tu sombres peu à peu dans le compost du temps
Ici la Ria a déjà digéré nombre des tiens
Et la vase a l’infortuné goût du métal
Tu t'étais jadis souvent rêvé Vaisseau Fantôme
Mais te voici ... Épave.
… puis,
d’un coup l’endorphine me submerge
et en toi je me délète.
Devant la terre bénie des hauts murs
Tu regardes philosopher les sables
Ils te chantent les voies de l’orient
Te murmurent les larmes de l’Afrique
Tu attends seule dans l’obscurité manuscrite
Patientant là depuis l’avant des livres
Même l’hégire ne connaît ton âge
Mais tu sais que la caravane reviendra
Pour toi, par une nuit chaude
À Tombouctou
Le carnet de l'auteur
- J’ crrr t’aim crrr …
- Crrr m’ crrr au crrr si crr m’crrr mour crrr…
- Crrr ...
Ce fut la dernière fois que Soizic entendit la voix de Pierre-Marie.
Dans les heures qui suivirent elle chercha désespérément la voix de son
homme au cœur des horribles crissements parasites de sa radio …
Trois jours plus tard la mer ramena les restes du chalutier démembré
sur les roches de Penmarc’h.
Les De la Tour
- Salut Quentin !
- Salut Georges !
Les deux peintres se croisaient tous les jours dans les nimbes pastel du Paradis…
Quentin, le plus jeune, était aux anges, ici il n’y avait que du beau monde et la lumière y était d’une douceur excise. Georges lui, regrettait presque d’avoir été trop honnête et s’ennuyait
ferme dans ce monde baigné de lumière. aaah... si au moins il pouvait descendre de temps en temps au purgatoire pour y peindre de vrais gens en clair-obscur.
Le carnet de l'auteur
Au matin du 6 août 1945 à 8h15, la bombe "Little Boy" explose à 580 mètres au-dessus d’Hiroshima.
Au soir du 6 août 1945, Soixante-dix huit milles Japonais ne dormirons plus dans leurs lits.
Au soir du XXe siècle, plus de Trois cents milles Japonais ne se réveilleront plus.
Au matin du XXIe siècle, Les USA n’ont jamais étés condamné pour crime contre l’humanité.
À la nuit de l’humanité, nous dormirons encore tous du "sommeil du juste" dans nos lits japonais recouverts d’une bannière étoilée.
Ça va bien nous arriver un jour…
Peut-être que ce sera un rich’man comme tu dis
Avec une grosse bagnole
et des tablettes de chocolat
Ou alors un prolo-intelo gaulé comme une crevette
Qu’en sais-je ?
Ce qui est sur c’est que, quoi qu’il fasse
Il ne va pas me plaire…
Sûrement qu’il sera beau
Et que je le dirais bellâtre…
Sûr qu’il sera dans ses petits souliers
La première fois qu’il débarquera à la maison
Et que moi j’en profiterais
Pour le faire flipper un peu plus
Tu le sais, je sais bien faire ça…
L’une avait la face tordue de douleur grimaçant de solitude
Une autre la peau couperosée bouffie par l’alcool
La troisième, le visage desséché, ridé, flétri par manque d’amour donné
Toutes trois regardaient Alice
Un à un Alice brisa chacun des trois miroirs
À chaque coup porté, elle répétait « Non ce n’est pas moi ! »
Mais à chaque fois les miroirs se reconstituaient
Et chacune de ses autres elle-même réapparaissait
« Non ce n’est pas moi ! »
« Non ce n’est pas moi ! »
« Non ce n’est pas moi ! »
Au bout de quelques heures et de milliers de miroirs brisés
Alice s’effondra sur le carreau de sa salle de bain
Son sang ruisselant parmi le scintillement des brisures de verre
« Pas moi ! »
« Moi ! »
« …»
Cette fois ci, Alice ne reviendrait plus de ce coté ci du pays des
miroirs.
Mamaan …
Regarde z’é mis mon Patalon tout seul !
PAN-TA-LON Paul... pas Patalon
dit Maman en remettant en place le pantalon de Paul
qui quand même était à l’envers
Le carnet de l'auteur
Les commentaires récents