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    Ce carnet est un site de création collective. Il regroupe les textes de plusieurs auteurs différents tous inspirés d'un thème commun. Le thème est mis en ligne dans la nuit de dimanche à lundi et la date de tombée est le dimanche suivant avant minuit (heure de Montréal). Pour tout renseignement, pour participer ou pour soumettre un thème pour les prochaines semaines:

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Six mois (Kto-eto)

Capsule, européen de six mois avait les boules si on peut dire…On venait de lui enlever les pendentifs sans somation.

De retour dans ses pénates et après avoir essuyer un torrent affectif (peluches à la con, souris en plastique bon marché, piafs à ficelle, double ration de croquettes) quelque peu emprunt de remords de la part d’un maître somme toute compatissant, Capsule était bel et bien déterminé à se venger coûte que coûte de l’affront subit.

L’ambiance délétère de ces derniers jours avait quelque peu éveillée dans l’esprit du maître comme une vague idée de vengeance de la part du petit félin…Idée qui le fit gentiment sourire au début puis franchement paniquer lorsqu’il retrouva son calbut Calvin Klein préféré savamment déchiqueté, là ou jadis, son service trois pièces seyait si bien.

Les « drôles de coïncidences » ayant laisser place à la paranoïa suite à cet incident, le maître quelque peu angoissé se dirigea dans la cuisine afin de se remettre les idées en place à grand renfort de whisky.

Ce n’est qu’après le troisième verre sifflé et l’esprit occupé à contempler son calbut troué, qu’il entrevu par le-dit trou, la petite fiole de sédatifs pour «Farinelli-à-moustaches-susceptibles » que le vétérinaire avait eu soin de lui laisser (« Au cas où !», avait-il expliqué en souriant), trônant non loin de la bouteille de pur malt…

Fiole non encore utilisée, mais pourtant vide…

A son « réveil », Capsule, se tenant à quelques centimètres, interrompit de se lécher le cul pour le fixer d’un œil intéressé. Le maître reconnut autour de la petite boule blanche à billes vertes, le mobilier si familier de la cuisine, à un détail près cependant…le sol était beaucoup plus bas.

Le cul sur la faïence et les jambes écartées, ligoté au tabouret en alu grâce aux piafs à ficelle, il distingua non sans étonnement et posé entre ses jambes, ce qui s’apparentait être son Smith & Wesson, version canon orienté bijoux de famille. Capsule entreprit de finir sa toilette et au dernier coup de langue, posa nonchalamment sa patte sur la gâchette en ronronnant…

- P’tit enfoiré, t’as pas les couilles de…

La détonation mis fin à la discussion.

Madeleine (Kto-eto)

Réveil.
Cuvette des wc.
Téléphone. Répondeur.
- Ouais c’est moi, Roger. J’ai signé tes putains de papiers pour le divorce. Je me casse demain avec ta sœur pour la Guadeloupe. Allez…bonne bourre la grosse !
Bourdonnement du néon.
Clapotis de l’eau dans le lavabo.
Téléphone.
- Madeleine ? C’est Ginette. Devine ou Roger m’emmène. Hein ? Hein ? Devine !! All…
Bruit sec du combiné raccroché.
Chuintement de la bouilloire.
Ressort du grille pain.
Téléphone.
- Madame Martin ? B’jour, c’est Monsieur Fion là…Bon, dîtes, bonne nouvelle. Pas la peine de venir travailler aujourd’hui, on ferme pour la journée.
Bruits de voitures dans la rue.
Claquements de chaussures dans l’entrée de l’immeuble.
Téléphone.
- Oui bon ben c’est encore Monsieur Fion. Finalement c’est plus la peine de venir du tout. Je vous envoie votre chèque demain, enfin, dès que je peux quoi…Sans rancune hein ?
Cognement du cadre d’une fenêtre qu’on ouvre en grand.
Deux pas sur le rebord de la fenêtre.
Chute sur l’asphalte trois étages plus bas.
Bruit sourd.
Cris.
Téléphone. Répondeur. Voix mécanique.
Félicitations Madame….Martin….Madeleine. Vous venez de gagner deux tubes de notre nouvelle crème rafraîchissante pour peaux grasses. Et si vous envoyez à notre adresse un mandat de cent quarante euros, vous recevrez notre superbe aspirateur…

Le carnet de l'auteur

... j'ai rajouté un peu de sel (Kto-eto)

Le cul bien incrusté dans leur sofa, ils attendaient que ça commence…Une demi-heure d’avance. Comme d’hab.

Le ken en costard-cravate commença sa litanie…

- «Mardi 2 août…attentat à l’ouest de Bagdad…les images exclusives…»

- P’tain m’amour, t’as vu la main là ?

-  Hein ?

-  Ouais, juste devant la carcasse de la bagnole là…r’garde !

- Yarkkk, c’est dégoutant !! Ils pourraient éviter de montrer ça…

- Bof…On s’en branle, c’est pas chez nous…

- Je vois pas le rapport !

- Bah laisse tomber. Va donc chercher la bouffe au lieu de faire ta chochotte. Ca va bientôt commencer je te signale !

- Oui mon amour…

- « Famine au Niger…l’état d’alerte décrété par l’OMS…de notre envoyé spéciale…»

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Un petit bout de papier... (Kto-eto)

C’est en cherchant son feu qu’il tomba dessus. Il y avait toujours un sacré bordel dans les poches arrières de ses jeans, même les vieux. Celui là avait encore les traces de peinture d’octobre. Vieux souvenir. Coriace comme la toile rêche…Impossible de s’en défaire…

Il déplia le papier. La forme de la bouche était encore visible. La couleur, elle, avait foutue le camp comme tout le reste. Il le saisit délicatement et, en souriant, posa ses lèvres sur celles du bonheur passé avant d’y mettre le feu.

Ses yeux se perdirent dans les petites flammes qui dansèrent puis s’éteignirent sous ses larmes…

Le carnet de l'auteur

Photo (Kto-eto)

Singer... et tout devient clair!!!

Le carnet de l'auteur

Gate number J10 (Kto-Eto)

Putain de vie…

Et allez, encore une saloperie d’aéroport. La vague impression d’y passer les instants cruciaux de mon existence. C’est toujours au moment du départ que ça se complique. Les écrans qui vous crachent les numéros de vols en pleine poire, l’odeur rance de détergeant qui vous noue l’estomac, la kyrielle d’indications qui ne mènent qu’aux chiottes, les queues interminables aux guichets d’embarquement, les sourires carnassiers vous souhaitant bon vol alors que vous n’avez aucune envie de partir, les cerbères aux portillons de contrôle…

Me reste quelques instants à tuer avant d’embarquer. On vient de se laisser. Vieille habitude. J’ai encore la morve au nez et les yeux rouges. J’ai envie d’une clope. Direction le bocal des fumeurs. On est quelques clampins posés là, la tige aux lèvres à fixer le vide. J’ai une lettre dans mon sac, je dois l’ouvrir une fois dans l’avion qu’elle m’a dit. Je l’ouvre quand même. Je pars à chialer comme une madeleine dans mon bocal.

Derrière la vitre, j’aperçois des blaireaux sapés de fleurs de lys et de feuilles d’érable tout content de s’en retourner au pays. Ils sont sur mon vol. Ca sent le caméscope et les applaudissements à l’atterrissage.

Putain de vie…

Bon c’est fois ça y’est. Porte J10. C’est annoncé. Faut y aller. Pas envie. Toujours la même destination : Paris et les emmerdes. Deuxième fois que je m’y colle en un mois. Et toujours les mêmes saloperies de lettre et de numéro qui reviennent comme une fatalité poisseuse et ironique se foutre de ma gueule.

Nonchalamment je jette un œil à mon ticket pour voir ou je vais poser mon cul.

Seat : J
Rank : 10

Putain de vie…

Le blog de l'auteur

Roger au mois de mai (Kto-eto)

-C’est à ton tour, fit la voix en tendant le « bâton de parole ».

Roger resta dubitatif quelques instants avant de se décider à saisir l’infâme morceau de bois.

- Mais qu’est-ce que je dois faire au juste, balbutia-t-il.

- Tu dois te libérer Roger, précisa la voix. Il faut que tu t’aères les schakras, c’est très important. Pense à tout ce silence, ce calme. Imprègne toi du décor, imagine quelque chose d’envoûtant, « mentalise » tes désirs et laisse toi aller !

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Totem mouvant (Kto-Eto)

Les yeux hagards et la bouche pâteuse, Œil de Taupe titubait à travers le campement. Imbibé d’herbe à bisons frelatée, il arriva aux abords du grand Totem.

- Hugh mon pote, ça gaze bafouilla t-il avant de d’arroser copieusement l’emblème de la tribu.

C’est alors qu’une voix se fit entendre.

- Hey l’emplumé, t’aimerais ça que moi aussi je te pisse dessus ?

Œil de taupe se figea et regarda tout autour de lui. Personne.

C’est alors qu’il vit le grand Totem bouger frénétiquement de gauche à droite et deux tomahawks en sortire sur les côtés et essayer de le scalper.

Œil de taupe s’écroula dans sa pisse pour éviter les coups puis fila à toute berzingue en direction de sa tente en peau du cul de grizzly et réveilla Cumulus Coquet pour lui conter toute l’histoire. Cette dernière, après l’avoir renifler, lui remit les plumes en place d’une paire de baffes et se rendormit aussi sec. Lui aussi s’endormit comme un sac aux côtés de sa squaw.

Non loin de là, derrière le grand Totem, Mangouste à collerette ronflait comme un sonneur, cuvant son herbe à bisons, le sourire aux lèvres.

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Poisson d'avril (Kto-eto)

Deux heures que M…venait d’accoucher. Epuisée mais heureuse, elle attendait impatiemment le retour des sages femmes et du petit T…, 3.5 kilos qu’elle avait juste eu le temps d’apercevoir.

Les sages femmes finirent par faire leur apparition dans la chambre, suivies du docteur tenant précautionneusement T… dans ses bras. La petite équipe prit place autour du lit, M…couvant amoureusement son fils du regard, ne prêtant pas attention aux mines déconfites des sages femmes. Le docteur fit mine de tendre le petit à M… mais se ravisa au dernier moment et le laissa choir à terre. M…poussa un cri d’effroi et voulu se lever. C’est alors que d’un coup de pied bien placé, le docteur envoya valser le petit contre la porte de la chambre. M…s’effondra dans son lit sans pouvoir prononcer une seule parole.

Le docteur se pencha alors au dessus du lit et d’une paire de baffes ramena consciencieusement M…à la réalité avant de beugler, tout content :

- « Poisson d’avril ! Il était déjà mort ! »

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Déjà un trou (Kto-eto)

Déjà un trou et pourtant il était neuf. A peine servi. Modèle 78 avec léger souffle de série. Rien de grave. Il s’emballait bien de temps en temps mais pas au point de grimper dans les rideaux. Enfin…plus. Oui, plus depuis le fameux trou. Pourtant il avait bien été essayer de le combler mais sans succès. Manquait la pièce originale. On ne rafistole pas ces choses là avec n’importe quoi. On le fait pour la forme mais dans le fond on y fout du vide à qui mieux mieux dans ce putain de trou. A tel point qu’on s’y habitue…

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