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    Ce carnet est un site de création collective. Il regroupe les textes de plusieurs auteurs différents tous inspirés d'un thème commun. Le thème est mis en ligne dans la nuit de dimanche à lundi et la date de tombée est le dimanche suivant avant minuit (heure de Montréal). Pour tout renseignement, pour participer ou pour soumettre un thème pour les prochaines semaines:

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La reine déchue (Justine Miso.)

<p><p><p><p><p><p><p><p>Décadence</p></p></p></p></p></p></p></p>

Décadence par douzaine

Envie de jouir,       Envie de rire,                 Envie de sortir,       Envie de fuir

Envie de jouer,      Envie de rêver,               Envie d’aimer,        Envie d’oublier

Envie de te plaire,  Envie que tu me serres,  Envie de faire,        Envie de taire


Compte à rebours (Justine Miso.)

5: le nombre de doigts de leurs mains, comme pour nous
4: le nombre d'enfants partageant une chambre, un cahier, un matelas
3: le nombre de chiffres qu'ils peuvent compter; au delà, vers les
milliers, ou
ces zones étragnes, c'est trop éloigné de leur réalité et leur
apprentissage
2: le nombre de mains, de pieds, de jambes, d'yeux... comme pour nous
1: vêtement de rechange, c'est un maximum
0: cadeaux pour Noël... Ah si j'avais du savon, disait la maman, comme
j'aurai
les mains douces.

Et ils sourient... Paraphrasant Aznavour, je dirai :"Il me semble que
la misère,
est bien moins pénible au soleil".

C'était Justine Miso. En direct d'Afrique.

La lune dans le caniveau (Justine Miso.)

Acrostiche

La lune s’est cachée

Ah bon ?

La lune est mal lunée

Une fois de temps en temps
Ne peut-on pas lui pardonner ?

En effet, mais juste rarement

Dans quoi se trouve la lune
Accrochée sur les dunes ?

Non, je ne le crois point

Sur un rideau en croix de points ?

Lune

Es-tu là?

C’est cachée que je vous regarde

Allez-vous en, je suis hagarde

Ne me cherchez plus, je suis irritée

Irisée par le soleil qui est rentré

Venez chère lune, votre peau nous manque

Eclairez nos prunes, pour vous elles trinquent
Allez, la prune plutôt que la poire… pour une lune

Un caniveau, c’est un peu noir, Madame La Lune !

Mémoire fragmentée (Justine Miso.)

Fragment 1 :

Alors que la nuit s’avançait, mon angoisse montait. Nous revenions de diner et le repas avait été évocateur :gingembre mais aussi lait pour les jeux possibles, glace pour les boules et banane pour la forme je présume… des choses basiques comme ça. Edouard et moi avions la finesse grossière parfois. Après nous être restaurés,  nous revinmes vers son domicile, errant dans Paris.

Fragment 2 :

Alors que j’étais ainsi agenouillée au bas de l’escalier de son immeuble, son plombier de voisin rentra et appela l’ascenceur accolé aux marches. Il ne nous avait pas accordé un regard et je me relevais en quatrième vitesse avec un sourire dégoulinant. Je retins un frisson et nous acceptâmes l’air de rien la bière qu’il nous proposa.

Fragment 3 :

Mon ami me vit et cela l’excita au plus haut point (son vit ainsi se vit). Il était assis à côté de moi et se mit à soulever ma jupe laissant courir ses doigts sur mes jambes. Finalement, notre hôte réalisa ce qu’il se passait à son domicile, eut un œil lubrique qui déplut profondemment à sa femme. Elle nous mit donc rapidement dehors prétextant de soudains maux de tête.

Fragment 4 :

Quand nous entendîmes le bruit de la porte qui se refermait derrière nous,  l’épicier (qui n’était pas épicier mais ça l’énervait terriblement que je l’appelle ED et donc ça m’amusait) décida de voir mes fesses. Il insista, et je me retrouvais à moitié nue sur mes talons aiguilles sur le pallier lorsque nous entendîmes un retentissant « Bonjour ».

Nous détalâmes, et j’entendis les importuns frapper à la porte des voisins…

Fragment 5 :

Je vis que les voisins et leurs invités nous admiraient… Ce n’était pas ce que nous avions envisagé mais après tout, quoi de plus beau que le partage du plaisir ?

Parasites (Justine Miso.)

Perle de pluie, perle chaque nuit

Ami d’un soir, ami d’ici

Retourne toi, retourne moi

Alors que je larmoie

Saluons encore nos

Initiatives et nos
Talents oubliés

Enterrés

Sous les parasites.

Le tour (Justine Miso.)

Bonjour, c'est la rentrée, je vais faire court
Surtout que c'est sans détour que la tour
Parée de ses atours
s'en est allée sans ses trois petits tours

Six mois (Justine Miso.)

Pendant les six mois, ceux que nous passâmes ensemble, nous marchâmes main dans la main, sizx mois d’érotisme animal, six mois avec ses lèvres à dix centimètres des miennes. Nous eûmes des moments sensuels, des moments tendres, des petit-déj câlins, des balades parisiennes, des moments de gloire comme lorsqu’il m’invita à danser sur le parvis de Notre Dame sur le son d’un chanteur de rue devant les centaines de touristes qui nous applaudirent, des moments de rêves et souvent, il me regardait, sa main autour de ma taille, ses lèvres si près des miennes, avait un instant de silence et, comme après une hésitation, s’arrêtait.

C’était un vrai gentleman, il m’a laissé crever dans ma cyprine pendant six mois.

... j'ai rajouté un peu de sel (Justine Miso.)

Nous avons fait l’amour
C’était torride en diable
Nous avons fait la tour
En entier, elle était friable

Me croiriez-vous si
Je vous dis qu’il était beau ?
Me croiriez-vous si
Je vous dis qu’il était chaud ?

Penseriez-vous que
C’était moi qui voulais ?
Panseriez-vous la queue
De toutes mes plaies ?

Me diriez-vous alors
Que je n’aurais pas dû ?
Médiriez-vous dès lors
Parce que j’étais nue ?

Cette histoire ne serait
Pas tout à fait vraie ?
C’est-y que ça serait
Un peu trop parfait ?

Housse que j’ai
Sur mon bout de ciel ?
Ou serait-ce que j’ai
rajouté un peu de sel ?

Vive la mariée! (Justine Miso.)

J’avais oublié de trouver une pitance (à dire vrai, je n’y avais pas même pensé) lorsque je rentrai ce 24 décembre à mon domicile de vacances. J’envisageai de tester mon niveau d’espagnol en regardant la télévision en grignotant la boite de gâteaux dont je disposai avant d’aller à la messe… vaste programme !

Les bras chargés de courses (je m’étais offert quelques cadeaux de Noël), je mis la clé dans la porte et sentis qu’elle n’était pas fermée. J’ouvris. « Bonjour Monsieur »… Je venais de tomber nez à nez avec un inconnu, manifestement à l’aise chez moi, le soir de Noël. Illan, à qui il ne manquait que le cravate pour avoir l’air du parfait homme d’affaire, était un homme brun qui affichait une quarantaine peu sportive mais souriante. Je rentre chez moi et y trouve un inconnu, tout est normal.

Après nous être découverts quatre langues communes dont le français et le polonais, nous comprîmes que notre plus grand point commun était très certainement de sortir très fraîchement d’une relation ayant comptée dans notre vie… Lui venait de se faire virer de chez lui (à Noël, c’est un peu rude) par une femme avec qui il devait se marier, vive l’ex-futur-marié !

Il était ami avec ma logeuse qui lui avait dit que sa chambre était libre pour quelques jours.

Nous fîmes le tour de notre propriété commune et nous mîmes d’accord sur un dîner « petits gâteaux » suivi d’une sortie à la messe ; le choix du menu n’avait pas été trop difficile. Nous allâmes ensuite assister à un spectacle de flamenco dans un petit café familial sévillan. Le ravissement fit son effet.

La nuit fut entièrement blanche et nous nous endormîmes le 25 décembre à 21h, dans le même lit.

Vive la mariée… Grâce à elle, j’ai passé un joyeux Noël !

Regrets et remords (Justine Miso.)

« Tu sais qu’il te trompe » Ma mère débarqua effrayée dans le salon, avec l’air compatissant de quelqu’un qui a beaucoup hésité à dévoiler un secret douloureux

Je levais le nez de mon livre, calmement « Il ne me trompe pas, il a des maîtresses ». Puis après un instant de silence, « Je suis au courant ». Et après encore un instant de silence « J’ai également des amants ». La messe était dite.