Renseignements



  • Top Blogues
  • Avertissement
    Veuillez noter que l'hôte du site et les administrateurs ne sont pas responsables des propos tenus par les auteurs, ni de la qualité de la langue
  • Pour participer
    Ce carnet est un site de création collective. Il regroupe les textes de plusieurs auteurs différents tous inspirés d'un thème commun. Le thème est mis en ligne dans la nuit de dimanche à lundi et la date de tombée est le dimanche suivant avant minuit (heure de Montréal). Pour tout renseignement, pour participer ou pour soumettre un thème pour les prochaines semaines:

    Écrivez-nous

Administrateurs

Blog powered by TypePad

Monstres (Julius Rosenburger)

Tel un lapsus du hasard, le fait que la montre du suisse Alan Gusman ait retardé lui fut salutaire.  Pourtant il vit plein d’autres montres, horloges et cadrans en s’en allant…  Pourquoi ne réalisa-t-il donc pas que chacune de ces montres lui renvoyait une réalité biaisée, fausse et déformée.  Il lui aurait alors été possible de débiliter ses fables philosophiques, physiques ou métaphysiques quant à tous ces mondes possibles.  À l’intérieur duquel des mécanismes de ces montres vibrait son être, probablement celui intime attaché à son poignet dont le quartz battait vitement, comme son pouls devant ces portes fermées?

Le carnet de l'auteur

Miss Lapsus (Julius Rosenburger)

Lorsque le cirque fit un malheureux come-back en force au Qwébek, Roger Bigras, plusieurs fois ex-alcoolique, ex-bagnard et ex-jongleur – Ah! les doux souvenirs de plaisirs à se retrouver devant les publics adorateurs des années soixante-dix! –, reprit du métier, à contre-cœur, la mort à l’âme battue par la violence des prisons, des ruelles, des tavernes, mal rasé, blasé, le regard hagard du mort-vivant qu’il était devenu, cigarette au bec, sauf dans ce cas-ci, dans un gymnase d’école primaire, devant une marée de jeunes de la maternelle et de la pré-maternelle; Roger Bigras, donc, jonglait.  Juché sur une planche, elle-même équilibriste sur un ballon, Roger soupirait sans sourire, jonglant avec trois fourches – vrai de vrai! – tandis que les éducatrices faisaient de leur mieux pour tenir la marmaille à une distance sécuritaire, ce qui dans le cas présent relevait de l’impossible.  Les fourches sifflaient dangereusement dans les airs tandis que Roger songeait à reprendre plutôt du métier de buveur, au café d’en face en pensant dans un de ses – nombreux – moments d’égarement à sa vieille mère violentée pour des paroles mal comprises et dont il était le fruit, comme les pointes de sa fourche préférée – il l’appelait Fifi – lui transperça le front.  Étranger à la cacophonie ambiante, Roger Bigras sourit enfin.

Le carnet de l'auteur

Mémoire fragmentée (Julius Rosenburger)

Mais qui diable a eu l’idée folle de planquer une bouche d’aération digne d’une robe de Marilyn au bon milieu de cet escalier déséquilibré et aux marches mouillées, avec cette fenêtre ouverte, tandis qu’au dehors souffle Wilma ou Bertha, je ne sais plus; et que je bondissais armé de mes béquilles neuves, le dernier jet de mon mémoire enfin fraîchement imprimé dans les bras?

Le carnet de l'auteur

Le goût du métal (Julius Rosenburger)

Quand le fils de Martin lui re-avouait
Que son grand-père le touchait,
Ça lui rappela quelque vieille douleur et,
Il marcha les fesses encore plus serrées;
Mais ce qui le réconforta le plus dans sa béate torpeur,
Ce fut un vieux riff de Kreator.

Le carnet de l'auteur

Delete (Julius Rosenburger)

Intro. Poste de télé. Changement de chaînes, avec moult neige et « white noise » entre les captations décentes.  Visiblement pas un poste cablé.  Quelques arrêts, quelques pubs stupides, changement de chaîne, puis arrêt sur la scène suivante.  Studio de télévision.  Un animateur et son invité se prélassent comme il se doit, en discutant.  Vraisemblablement, nous tombons sur une émission déjà passablement en cours.

(…)

Intervidouilleur : Mais encore, cher Motte Metmamaindanfassmonosti, la célébrité dont vous jouissez n’est-elle pas empreinte d’un peu trop de polémique indésirable?

Motte : Toute polémique, par définition est désirable et sexy.  Aussi nagez-vous dans une certaine contradiction.  Et je ne parle pas seulement de miction, mais aussi de pognon.  Parlant de miction, ne sommes-nous point comme Anne- Marie Losique: qu’on parle de nous en bien ou mal importe peu, en autant qu’on parle de nous.

Intervidouilleur : Mais n’y a-t-il pas tout de même une certaine limite morale à respecter?

Motte : N’avez-vous pas invité Céline Dion la semaine dernière?

Intervidouilleur : Oui...

Motte : So much pour la morale...

Intervidouilleur : Tout de même, pourquoi refusez-vous de me parler du fond de votre œuvre, de votre âme, de votre pulsion créatrice, …

Motte : Je l’ai dit maintes fois auparavant, il ne faut jamais expliquer.

Intervidouilleur : Jamais expliquer?

 

(…)

Lire la suite "Delete (Julius Rosenburger)" »

Une nuit chaude à Tombouctou (Julius Rosenburger)

Après cet interminable temps passé
Dans cet aride et pérenne désert,
Il m'aura fallu l'huis de cette huître,
Et son délicat suc perlier,
Pour me faire à nouveau apprécier,
Hui, qui l'eût cru?,
La chaleur de la nuit...

Le carnet de l'auteur

Sauvée par ses attributs (Julius Rosenburger)

La jeune femme, accompagnée d'une gang de chums de gars, dans une position affriolante, est penchée sur la table de billard.    Elle se concentre, calcule, estime les angles, recalcule, prend son temps.  Même la fumée suspend son aéré envol.  Puis finalement, sa queue s’élance, rate presque la boule blanche, laquelle s’empoche négligemment.  Le ridicule porte le masque d’un silence de mort.  Les gars se regardent, puis la contemple, elle : « Nous autres aussi, on aurait fait pareil… »

Le carnet de l'auteur

Parasites (Julius Rosenburger)

Tchkssh... est une femme qui veut ...tchkssh... certaines étapes, qui est prête à un ...tchkssh... plus rapide, quitte à se ...tchkssh... plus tard, ...tchkssh... plus doucement, mais ...tchkssh... l’instant, elle voudrait presque ...tchkssh... les devants, elle est toute ...tchkssh... , elle ...tchkssh... prête, elle veut être ...tchkssh... tout de suite, prise, ...tchkssh... , déchirée, ...tchkssh... et elle entendrait bien le ...tchkssh... faire comprendre ...tchkssh... .

Mais notre Dan est ...tchkssh... fin salaud après tout. ...tchkssh... la force à une ...tchkssh... docile, chaque fois qu’elle semble ...tchkssh... des devants, il la ...tchkssh... , arrête ...tchkssh... , arrête tout, lui dit des ...tchkssh... infini en ...tchkssh... , reprend ...tchkssh... dessus, comme un ...tchkssh... traditionnel, présage ...tchkssh... bête position ...tchkssh... ad vitam aeternam,...tchkssh... se sent frustrée...tchkssh... , mais également ...tchkssh... de le voir prendre ...tchkssh... en main, ...tchkssh... l’opération, une partie ...tchkssh... allumée, malgré ce que sa tête en ...tchkssh... , à cette idée de ...tchkssh...
, pendant que ça dure...tchkssh... . Et toujours, il ...tchkssh... à en ...tchkssh... sur le champs, tandis ...tchkssh... , son ...tchkssh... Niagara commence presque à la ...tchkssh... gêner…

Le carnet de l'auteur

La tour (Julius Rosenburger)

Sic(k).

Lorsque mon distingué collègue de D.D.O., 
Licencié ès sciences po, rien de moins, me dit :
« J’aime toujoursse ça prendre un bon marche, le nuitte,
Pa’ce que ça me donne le chance de faire la tour du Bloc »,
Je souris plutôt djaune
Le carnet de l'auteur

Le lit japonais (Julius Rosenburger)

Que j’eusse voulu qu’Emma lise cette confession ne faisait aucun doute.

J’eusse voulu qu’elle lise que…
Quand Sam Uraï le samouraï s’amouracha de cette geisha,
Elle, sa moue railla le gars…
Ensuite, sa geisha gâcha le repas
Et s’arma d’un bokuto,
Lui d’un beau couteau…

J’eusse voulu qu’elle sache que…
Sam eût préféré un katana, un vrai sombre sabre japonais,
L’honneur sauf , quoi! Sauf, que quand t’en n’a pas…
Ou même d’un chisa-katana, bien qu’un vrai katana,
Ça brasse plus, ça embrasse dans le corps, s’embrase dans le cœur…

J’eusse voulu qu’elle suce que…
Linda la geisha préféra la gâchette, finalement.
R’ga’-çha, ce beau gâchis-là!

Mais jamais elle ne lira tout ça,
Car Emma ne m’aime pas,
Et ne parle pas français,
Pas plus qu’elle lit japonais…

Le carnet de l'auteur