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    Ce carnet est un site de création collective. Il regroupe les textes de plusieurs auteurs différents tous inspirés d'un thème commun. Le thème est mis en ligne dans la nuit de dimanche à lundi et la date de tombée est le dimanche suivant avant minuit (heure de Montréal). Pour tout renseignement, pour participer ou pour soumettre un thème pour les prochaines semaines:

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Il posa son doigt sur l'interrupteur (Jef)

Il posa son doigt sur l’interrupteur et attendait le signal.  La pièce était plongée dans une pénombre noire et dehors, le vent immobile ne soufflait pas sur les arbres dénudés de leurs feuilles tombées.

Depuis quelques jours, l’opération se préparait dans une discrétion secrète dont personne n’était au courant.

Le soir du jour était enfin arrivé.  Tous étaient en position à leurs places désignées.  La tension était tellement palpable qu’on aurait pu non seulement la coupée au couteau, mais aussi la cisailler aux ciseaux et la scier à la scie… euh... bref.

Puis, tout-à-soudainement, un bruit de clés pénétrant dans la serrure qui normalement devrait ouvrir cette porte close sur elle-même, fit sursauter de surprise les personnes cachées hors de vue.

L’excitation était à son comble du moment, et lorsque l’intrus entra sur le pas de la porte dans la pièce, tous rugirent d’un cri assourdissant et fort fort même : SURPRISE.

Le carnet de l'auteur

Lipogramme en TAS (Jef)

Coulé en mer

Je ne peux expirer

Courbé, broyé

Le cou cordé

Imbibé de noirceur

Je coule, je croule.

Le carnet de l'auteur

Mémoire fragmentée (Jef)

Petits bouts de mémoire d’histoire, pas la mienne mais la notre, depuis l’année de ma naissance à aujourd’hui… et oui, je me fais vieux !  ; )

1971 : Mort de Jim Morrison : ou Jim Morrison pour les intimes, célèbre chanteur du groupe The Doors.  Décédé à Paris le 3 juillet.

1972 : Bloody Sunday en Irlande : Au cours d'une émeute à Derry, en Irlande du Nord, treize civils sont abattus par des parachutistes de l'armée britannique. Vous connaissez maintenant l’origine du classique de U2.

1973 : Mort de Picasso : L'artiste espagnol meurt à 91 ans dans sa propriété de Mougins dans les Alpes-Maritimes. Son vrai nom ;  Pablo Ruiz Blasco.

1974 : Découverte de Lucy : Au sud de l'Ethiopie, une expédition de 17 paléontologues découvre 52 restes d'un squelette vieux de 3 millions d'années. Restitué à 40%, le corps sera baptisé "Lucy". Et dire que je me croyais vieux !  ; )

1975 : Fondation de MicroSoft : William H. Gates et Paul Allen fondent la société Microsoft Corporation à Albuquerque… depuis ce temps, tout le monde connaît le fameux : ctrl+alt+del.

1976 : Ouverture des J.O. de Montréal :En présence de la reine d'Angleterre Elizabeth II, les XXIème jeux olympiques d'été sont ouverts à Montréal. 92 nations y sont représentées… et nous venons tout juste de finir de les payer :S

1977 : Début de la saga : La Guerre des étoiles du réalisateur américain George Lucas sort dans 32 salles aux Etats-Unis. Réalisé avec un budget modeste de 10 millions de dollars, il remporte en trois mois 100 millions de dollars. La force fut avec lui !!!

1978 : Première parution de Garfield : La bande dessinée du chat Garfield est publiée simultanément dans 41 journaux américains. Garfield est un gros chat orange rayé, fainéant et glouton, à forte tendance égocentrique a été créé par Jim Davis.

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Le goût du métal (Jef)

Elle est magnifique dans sa somptueuse robe bleue.  Ses mouvements sont fluides, presque hypnotiques.  Elle coule entre nous tous, calme et sereine. Son chuchotement est apaisant.  Elle nous berce tendrement si nous savons quand nous donner à elle.

Mais quand la rage la gagne, rien ne peut arrêter ses élans dévastateurs.  Impossible de la calmer, nous ne pouvons qu’attendre et constater l’ampleur des ravages qu’elle peut provoquer.  Elle ne fait aucune discrimination dans ses sautes d’humeur;  qui que vous soyez, où que vous soyez, elle peut frapper selon son bon vouloir.

Nous devons avouer que nous n’avons pas toujours été tendre à son endroit.  Nous l’avons trop souvent prise pour acquise.  Nous avons sans cesse déversé nombre de venins en elle en croyant qu’elle pouvait tout absorber sans broncher.

Maintenant, nous devons réparer nos torts.  Nous devons la nettoyer et oblitérer toutes les souillures que nous y avons déversées.  Nous avons beau la purifier, l’assainir et la filtrer, elle aura dorénavant et à tout jamais ce petit goût de métal à chaque gorgée que nous avalerons.

Le carnet de l'auteur

Une nuit chaude à Tombouctou (Jef)

Le mercure aguichait les 40 degrés.  Le soleil couchant plombait encore, de ses plus chauds rayons, ce petit coin de paradis.  Quant au vent, dans une immobilité statuesque, ne faisait rien pour l’aider à ce rafraîchir.

Il attendait avec hâte que la lune chasse ce soleil infernal.  Mais quand cette lune, reine de la nuit, s’installa sur son trône étoilé, les oiseaux nocturnes sortirent pour assaillir le calme tant souhaité.  La musique se mêlant à la mélodie des vagues s’échouant sur les plages parsemées de danseurs.

Il les regarda de loin.  Ces corps, légèrement vêtus suivant les rythmes suaves et envoûtants.  Les regards se faisaient sensuels et les mains curieuses.  Les doigts mesquins frôlèrent un cou, un dos, un ventre ou une cuisse provoquant frissons malgré la chaleur suffocante.  Les cheveux trempés tombant contre les visages ruisselant de sueur, donnaient à tous ce petit air à la fois mêlé d’innocence et de désir.

Peu à peu, il les voyait se fondre les uns dans les autres.  Les mains s’exploraient par-dessus ces tissus légers et humides qui les recouvraient à peine.  Les regards provocateurs s’entrechoquèrent en un duel suivant les rythmes endiablés.  Les lèvres se sondèrent alors que les corps se frôlèrent de douces caresses, n’ayant que pour but de faire augmenter les désirs charnels de ces êtres qui, depuis trop longtemps déjà, avaient inconsciemment cédés leurs âmes à cette chaude nuit.

Enfin, le temps qu’il préférait arriva.  La lune, toujours reine de cette nuit étoilée, serait témoin de ce petit moment anodin.  Il pouvait enfin traversé la pelouse tapie de rosée et s’installer sur cette pierre fraîche qu’il lorgnait depuis le coucher du soleil.  Il leva la tête vers sa majesté et lui fit un petit clin d’œil… Petit lézard s’endormi.  C’était enfin SON moment sous la lune.

Le carnet de l'auteur

Sauvée par ses attributs (Jef)

Elle embrassa bébé tendrement « maman reviens mon amour » lui dit-elle avant de fermer la porte de sa chambre.  Bébé dormait à points fermés.

Elle mit son blouson et se dirigea vers la sortie, elle s’y arrêta et écouta une dernière fois… silence, tout allait bien, bébé était parti pour sa nuit.  Prenant soin de verrouiller la porte, elle glissa les clés dans son sac.

Elle détestait cette maudite ville, ses ruelles sombres, les « animaux » qui y rôdaient.  Prédateur sans scrupules, cherchant à assouvir leurs besoins primales.  C’était malheureusement son monde, son mode de vie, un qu’elle n’avait pas choisi.  Mais ne sachant rien faire d’autre, elle s’y pliait.  Il fallait survivre.

L’animal de ce soir l’accosta, peu de temps après son arrivé sur le territoire désigné, sans discrétion.  Les yeux bouffis et rouges, empestant l’alcool et l’eau de cologne de basse gamme.  L’animal avait faim, il ne lui ferait pas de cadeau, ne la ménagera pas.

Se dirigeant vers la chambre mise à sa disposition.  Elle pouvait sentir ses yeux injectés de sang la déshabiller et la scruter comme si elle était un morceau de viande dans le comptoir du boucher.  Elle ferma la porte mais ne la verrouilla pas; directive de son patron, question de sécurité pour elle qu’il prétend, mais en fait c’est plutôt pour préserver la marchandise.

Sans paroles aucunes, il se dévêtit et se dirigea vers elle.  Il l’agrippa par les cheveux et la tira vers le lit où il la jeta sans ménagement.  L’animal releva sa jupe et déchira le nylon qui la recouvrait.  Elle savait que rien ne servait de se débattre alors elle ferma les yeux, étouffa un seul sanglot et pensa à bébé alors que l’animal s’acharna sur elle. « Ce soir Juliette, maman va pouvoir encore te nourrir ».

Le carnet de l'auteur

Parasites (Jef)

Persistant

Je fais un pas, tu ne me lâches pas d’une semelle

Toujours sur mon dos voûté sous ton poids

Un engourdissement dont on ne peut se défaire

Une goûte souillant la lunette

Ralentissant mon allure, m’ancrant au sol

Pesant de tout ton lot sur mon échine

Omniprésent

Assourdissant bourdonnement

Irritante démangeaison

Tel le robinet insomnisant

Rongeant l’os de ma patience

Frisson glacial en cette délirante fièvre

Tic suivant le tac de ma peine éternelle.

Le carnet de l'auteur

La tour (Jef)

Dans nos contes, elle y retenait la belle princesse d’où le valeureux prince devait (et réussissait toujours) à la délivrer.  Elle y refermait aussi souvent de fabuleux trésors.

Sur le jeu, elle protège plus souvent qu’à son tour le Roi

Elle a toujours été symbole de réussite, de dépassement.  Dans leurs quêtes de grandeur, les hommes ont toujours essayé d’aller plus haut.  Babel en témoignera jusqu’à la fin des temps.

Mais qu’arrive-t-il quand elle s’effondre ?!  Est-ce que l’homme a la capacité de se redresser d’une telle catastrophe ?!  Ou s’effondrera-t-il lui aussi ?!

Revenons à Babel, l’homme, dans sa vanité, croyait pouvoir parvenir jusqu’aux cieux.  Dieu, aurait pu d’un simple coup de point, tout envoyer valser.  Et qui lui en aurait tenu rigueur ?!  Mais il fut beaucoup plus subtil.  Il fit que chaque homme sur place se mit à parler une langue différente !  Le chaos total !! 

Quand elles sont tombées en 2001, c’est un peu la même chose qui c’est passé.  Tout le monde parlait mais personne ne se comprenait, tous n’avaient qu’un mot en tête avant même que la poussière retombe : vengeance !

Non, Bush n’est pas Dieu (merci !) il n’a pas ces pouvoirs, mais malheureusement, il n’a pas sa sagesse non plus.  Bien sûr, Bush n’est pas a blâmer pour la tragédie du 9-11, mais les hommes eux par contre ne peuvent échapper à ce jugement.  Quand nous sommes rendus à détruire des tours, des pays tout entier pour des raisons obscures et que personne ne peut vraiment expliquer.  Comme il y a bien longtemps, les hommes se parlent mais ne se comprennent pas et je me dis que s’il nous regarde encore, il doit avoir de plus en plus le goût de nous faire Ctrl-Alt-Del.

Le carnet de l'auteur