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    Ce carnet est un site de création collective. Il regroupe les textes de plusieurs auteurs différents tous inspirés d'un thème commun. Le thème est mis en ligne dans la nuit de dimanche à lundi et la date de tombée est le dimanche suivant avant minuit (heure de Montréal). Pour tout renseignement, pour participer ou pour soumettre un thème pour les prochaines semaines:

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Le conte de la sorcière chagrine (Coyote-des-neiges)

Au village, on l’appelait la sorcière. Non qu’elle jetât des sorts ou qu’elle confectionnât des potions, mais elle était, comme qui dirait… bizarre.

Jamais elle ne s’arrêtait chez aucun commerçant du hameau, elle ne fréquentait non plus aucun habitant de la communauté. Elle ne parlait à personne. La seule institution qui avait grâce à ses yeux semblait être le petit bureau de poste.

Et «avoir grâce» était un bien grand mot puisqu’elle y revenait toujours d’une humeur massacrante. Un jour, la postière, n’y tenant plus, lui demanda ce qui l’affligeait tant.

Et miracle, ce jour là, la sorcière lui parla de ce qui la tracassait ainsi!

La postière, ravie de détenir une information privilégiée, répandit aussitôt la rumeur dans le village, et c’est ainsi que tout le monde sut que c’était son compte d’Hydro qui rendait la sorcière si chagrine…

Le carnet de l'auteure

... j'ai rajouté un peu de sel (Coyote-des-neiges)

Mon Œuvre était presque parfaite. Une belle boule ronde, avec des continents, des océans, de l’air, des nuages, des insectes, des oiseaux, des poissons. J’avais fait tout ça en sept jours. Il en était sorti, des choses, depuis la soupe primordiale! Pas toujours pour le mieux.

Dans mon Infinie Sagesse, je me demandai ce qui manquait. Je goûtai aux océans. Et je sus.

Alors…

Bin rien.

Ou pas grand-chose.

J’ai rajouté un peu de sel.

Le carnet de l'auteure

Photo (Coyote-des-neiges)

Coudrex! La toute nouvelle machine à coudre qui survit à toutes les catastrophes! Vous aussi, vous finirez par lui dire «oui»!

Le carnet de l'auteure

Roger au mois de mai (Coyote-des-neiges)

Analysons un peu la chose : Roger. Au mois de mai, qui plus est.

D’abord Roger. Un prénom qui évoque irrésistiblement le camionneur, le plombier dont on voit la craque de fesse, le gros colon de la chanson de Lynda Lemay. Un prénom court, drôle. Presque mythique.

Oui, il y a encore des gens qui le portent (quelques-uns de mes meilleurs amis sont des Roger) mais toujours avec un peu d’embarras. Ils se présentent comme en s’excusant. C’est pas leur faute, semblent-ils dire.

Et le mois de mai! C’est le mois de Marie, c’est le mois le plus beau, dit la chanson (celle que nous chantions au mois de mai dans nos écoles catholiques de l’époque). Mois fleuri, poétique, qui fait rêver. L’antithèse d’un Roger. Mais Roger, comme tout le monde, doit bien passer par les 12 mois de l’année. C’est un fait qui relève de la physique pure et dure, celle qui établit un continuum espace-temps dans lequel les particules de matière se meuvent, tout Roger fussent-elles.

À moins que…

Les lois de la physique quantique échappant à notre logique, se pourrait-il que…

Roger soit une entité quantique???

Le carnet de l'auteure

Lipogramme en A, I et L (Coyote-des-neiges)

D’un coup porté sur une porte fermée, je poste un texte un peu trop grotesque sûrement composé pour des benêts. On refuse toute erreur. Or, précédemment, on remet trop de choses superbes et soutenues!

Bof, on comprend que ce texte est sûrement poche. Trop creux, trop ennuyeux! Excuse : c’est duuuuuuur! Somme toute, on s’empresse de d’ordonner un consentement, encore que contre son gré.

Mon nom est tout de même conforme : Coyote

Le carnet de l'auteure

Totem mouvant (Coyote-des-neiges)

Ah, zut! Encore trop tôt! «T’aime mou!!! Vante toi pas de ça… Pffft…»

Le carnet de l'auteure

Déjà un trou (Coyote-des-neiges)

Déjà un trou, pourtant il était neuf... Je venais tout juste de l'acheter et d'ouvrir le sac quand j'ai remarqué ce trou béant en plein au milieu.

Ce n'est pas possible, il y en a qui nous prennent pour des cons! En plus, j'avais pris soin d'acheter d'une grande marque! Mais je n'allais pas me laisser faire comme ça! On allait voir de quel bois je me chauffe! Je préparai la bouche de mes canons et retournai illico vers la succursale où on m'avait refilé cette chose défectueuse.

J'exigeai un remboursement ou un item équivalent, mais intact. On ne put répondre à ma demande. Mais je restai sur mes positions! Et enfin, après bien des négociations, des menaces d'aller en haut lieu et de faire paraître l'histoire dans les journaux, j'obtins un règlement satisfaisant. On allait me fournir de quoi combler ce trou ignominieux. Et douze fois plutôt qu'une!

C'est ainsi que je pus sortir du Donkun Donut la tête haute, avec une boîte de trous de beignes gratuite sous le bras.

Le carnet de l'auteure

L'Être et le néant (Coyote-des-neiges)

Je l’aimais beaucoup. Nous l’aimions tous beaucoup, nous qui sommes rassemblés dans cette église pour l’oraison funèbre de mon ami.

Il est mort rapidement. Il a vécu une bonne vie, je crois. Parfois mouvementée, peut-être essoufflante, certainement intéressante.

C’est fini. Il est en paix. Il a été, mais il n’est plus rien. Enfin, il a terminé. Plus de mal, plus de tourmente, plus rien. Il est passé au travers de la vie, il s’en est bien sorti. Pour un peu, je l’envierais. Il nous laisse avec notre peine, mais lui, ça va. Il est parti.

On se console comme on peut. Je suis presque apaisée par mes réflexions et j’ai moins mal.

Le curé, que j’écoutais jusqu’alors distraitement, enchaîne : «…et il vit maintenant parmi les anges, dans le ciel…»

AH NON! Non! Ne me dites pas que tout est à recommencer pour lui, qu’il vit encore, qu’il n’a pas encore tout fini!!! Mais laissez-le donc se reposer!

S’il vous plaît, laissez-moi croire au Néant…

Le carnet de l'auteure

La fascination du pire (Coyote-des-neiges)

Je me réveille en pleine nuit… Une tempête! J’aime bien les tempêtes, quand ça roule, ça bouge, ça tangue… Le mouvement va presque jusqu’à me donner un «buzz» : l’impression d’être soûle, sans avoir pourtant pris une goutte d’alcool.

Mais cette nuit, il me semble que ça y va un peu fort. Les tempêtes, c’est normal en novembre, dans l’Atlantique Nord. J’y suis habituée. Ça ne m’empêche pas de dormir et je ne connais pas le mal de mer. Mais cette nuit, je ne sais pas pourquoi, mon imagination part au galop.

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