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    Ce carnet est un site de création collective. Il regroupe les textes de plusieurs auteurs différents tous inspirés d'un thème commun. Le thème est mis en ligne dans la nuit de dimanche à lundi et la date de tombée est le dimanche suivant avant minuit (heure de Montréal). Pour tout renseignement, pour participer ou pour soumettre un thème pour les prochaines semaines:

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Madeleine (Coumarine)

Pardonnez moi mon Père car j’ai péché :
Faut que je l’avoue, mais j’ai honte et  je n’ose pas.
Voilà : je l’ai sucée longuement, et la volupté m’a envahi tout entier,
Oui j’ai sucé la Madeleine et elle s’est laissée faire, la pauvrette, molle et sans forces, elle s’est liquéfiée sous mes assauts gourmands..
La Madeleine s’est attendrie sous ma langue quêteuse, sous mes dents affamées de ses blancheurs douces et tendres
Puis elle a fini par rendre un dernier soupir… me donnant d’autres idées, d’autres tentations que je n’ai pas pu surmonter
Toutes les madeleines y sont passées, mon Père, toutes, je suis un vilain gourmand  pardonnez-moi…

Le carnet de l'auteure

... j'ai rajouté un peu de sel (Coumarine)

Il a dit que le repas était fade.

(En fait ses vrais mots étaient bien plus salés, du genre : c’est de la merde ton truc, t’es vraiment nulle à chier)

J’ai  répondu calmement, j’ai dit que le repas était un peu fade en effet, qu’il avait peut-être raison. Que je ferais attention la prochaine fois.

(Mais dans ma tête,  des montagnes de mots salés du genre : fais chier , lâche-moi les baskets)

Mais je n’ai rien dit, comme toujours, comme une fois encore…et j’ai simplement rajouté un peu de sel…

Le carnet de l'auteure

Le pantalon de Paul (Coumarine)

Paul s’est couché ce soir sans pyjama.

Parce qu’il a des intentions ce soir. Des intentions très arrêtées, très décidées, très fermes.

Il a eu le temps d’y réfléchir toute la journée. Longuement, avec délectation, tiens rien que d’y penser, cela lui faisait déjà tout chose. Cela le mettait en forme…enfin plus exactement… sa…son…bon vous voyez de quoi je veux parler, ne m’obligez pas à mettre les points sur les i…Paul ne serait pas content du tout qu’on parle de lui comme ça derrière son dos à dire des n’importe quoi.

Donc Paul a des idées ce soir, de ce genre d’idées dont on ne vient à bout que sans pyjama, et plus précisément sans pantalon.

Le pantalon de Paul est resté sur la table de chevet, bien plié et Paul attend.

Je suis à la fête, moi aussi j’ai des idées, comme ça tombe bien, et je suis dans la salle de bain et je me fais belle et je me mets du parfum pchiit derrière les oreilles et pchiiit entre les deux seins et pchiit sur le ventre et pchhit sur les fesses.

Voilà je suis prête. J’arrive Paul mon chéri mon amour…

Zut Paul s’est endormi. Sans pantalon…

Le carnet de l'auteure

Armelle fixa le coin... (Coumarine)

Armelle fixe le coin de drap…
Le secret dans son ventre
grandit tendrement,
Le bonheur gonfle.
C’est bientôt le moment…
Mais Armelle s’étonne :
Ce silence  dans les entrailles…
Quelques gouttes de sang
comme des larmes d’adieu
Signent la déchirure.
L’avenir se démantèle
Sur les draps blancs tachés…

Trois dollars et quelques sous (Coumarine)

Elle est là, assise devant moi, dans une immobilité qui s’alourdit de seconde en seconde. Dans la pièce sombre, une atmosphère palpable d’insolite.

Les cartes sont étalées devant elle. Les cartes colorées du tarot. Calmement disposées. Elles patientent, elles ont le temps. Silence heurté de coups de détresses. Le cœur cogne toujours quand il se sent prisonnier.

Je la fixe d’un œil inquiet. Elle est entrée en transes. Partie dans un autre monde. Elle m’a réellement quitté. Je ne sais où. Je reste là à la regarder, comme un voyeur malgré lui. Mal à l’aise comme quand on surprend une étreinte impudique. Son visage grimace. « Oh ! les beaux jours ! » murmure-t-elle entre ses dents. Et ça me donne des frissons ses dents qui grincent, comme les craies sur le tableau noir d’il y a bien longtemps.

Je voudrais savoir… quoi au fait ? Pourquoi suis-je venu ici chez cette gitane à la peau ravagée de rides, et sillonnée de soleil ? Qu’ai-je donc besoin de savoir absolument ? Les mots s’entrechoquent dans ma mémoire. Ils s’effraient et se prennent le pied dans le voile noir qui les enlace.

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