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    Ce carnet est un site de création collective. Il regroupe les textes de plusieurs auteurs différents tous inspirés d'un thème commun. Le thème est mis en ligne dans la nuit de dimanche à lundi et la date de tombée est le dimanche suivant avant minuit (heure de Montréal). Pour tout renseignement, pour participer ou pour soumettre un thème pour les prochaines semaines:

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Amour digital (Chon)

Deux personnes se croisent sur un trottoir. Cette rue, ils y passent tous les jours, savent exactement où elle commence et où elle s'arrête, où se trouve le petit restaurant, le kiosque à journaux.
Elle, elle passe toujours en rasant le mur, qui est sur sa droite. Lui il marche en plein milieu, il brasse l'air avec son bras. Ils ont l'air concentré, chacun dans ses pensées. Ils ont l'air de savoir exactement où ils vont.
Un soir cependant il y a une nouvelle donnée.
Un petit quelque chose qui fait qu'elle doit s'écarter du mur familier, elle ne sait pas quoi exactement mais elle le sent et se déporte sur sa gauche. Et là, elle rencontre cet homme. Oui c'est un homme, elle le sait instantanemment. Elle sent son parfum, et sa présence tout près d'elle. Si près qu'aucun autre homme ne l'a jamais été.
Lui aussi sait qu'il s'agit d'une femme. Le léger choc lorsqu'il se sont téléscopés lui a appris qu'elle avait une petite taille, quand il a attrapé son bras qu'elle avait la peau douce, et une mèche de cheveux lui a effleuré la main.
Elle se redresse, essaies de retrouver ses esprits, elle ramène ses longs cheveux dans son dos, s'excuse. Il lui coupe la parole, s'excuse aussi, en espérant ne pas l'avoir blessée.
Ce genre de phrase que l'on dit quand on est embarrassé. Ils le sont chacun plus que l'autre. La conversation s'engage... Il n'y a personne qui les attendent chez eux. Ils décident de diner ensemble. Bien maladroitement ils se dirigent vers la terrasse du restaurant bien connu. Ils commandent leur plat préférés, passent une agréable soirée. Ces deux inconnus s'attirent comme aimantés, un pôle positif et un pôle négatif.
Il la raccompagne chez elle. Elle l'invite à entrer pour un dernier verre, un café, un baiser ?...
Et là, ils se découvrent, se touchent, le visage, la peau, son torse, sa poitrine. Tout ce que les doigts peuvent leur dire, la douceur, les muscles, ses cheveux longs, sa barbe de deux jours, son pull en laine, son haut en soie, sa taille si fine....

Laissons ensemble ces amants.
L'important quand on n'y voit pas et de savoir se servir de ses autres sens comme le toucher par exemple...

La reine déchue (Chon)

C'est l'histoire d'une mère.

La mère de 10 enfants, 4 garçons et 6 filles. A cette époque, qui ne remonte pas à si loin, croyez moi, la reine mère s'était faite une image très précise de l'avenir de ses enfants.

Ses deux filles aînées, puis le premier des garçons, et ensuite toute la ribambelle des mômes, chacun aurait un avenir bien tracé.

Les enfants ont grandi, doucement mais sûrement, les plus grands s'occupant des plus petits. Les filles apprenaient la couture, et les garçons couraient dans les champs, après leur cerf volant, et, accessoirement après les chats qu'ils attrapaient par la queue, faisaient tournoyer, puis lâchaient afin de vérifier l'exactitude des faits : les chats doivent atterrir sur leurs pattes.

Le temps passa, et les premiers flirts s'annoncèrent. Madame la reine mère surveillait les relations de ses enfants de près. En effet, l'ordre chronologique devait être respecté.

L'aîné des garçons sortait régulièrement et en cachette de sa mère avec la petite soeur d'un copain. Il travaillait dans cette boulangerie, et elle venait le dimanche chercher des pains au chocolat pour sa famille.

Il avait 22 ans quand sa soeur aînée se maria. La reine mère était satisfaite, tout se déroulait selon son plan. Le long processus des mariages était enclenché. La première était casée, il fallait maintenant s'occuper de la seconde.

Le temps passa, et un beau jour, le premier garçon annonça son intention d'épouser sa jeune amie et cliente privilégiée qui ne payait plus ses pains au chocolat depuis longtemps.

La reine mère fit connaître son mécontentement, elle s'opposait à cette union, ce n'était pas son tour à lui, pas encore, il fallait que chacun garde sa place. Après moultes discussions, disputes, raisonnements, parlementaires, négociations et j'en passe, la réponse était définitive : non il ne se marierait pas avant sa soeur.

Il ne l'entendait pas de cette oreille. Il était grand, majeur, amoureux et ne voulait pas attendre.

Il se maria contre l'avis maternel, et avec tout le soutien paternel. La reine mère n'assista pas à la noce.

Enhardis par cet épisode, les plus jeunes, et les plus forts moralement suivirent son chemin. 6 autres enfants se marièrent avant la seconde qui restait décidément bien seule.

Aujourd'hui, j'ai de nombreux cousins et cousines. Tous remercie mon père d'avoir « ouvert la porte ».

Il reste 4 enfants célibataires dans cette maison, dont la deuxième fille. Mais pour les 6 autres, la mère est une reine déchue.

Tout nu sur la paille (Chon)

C'est bientôt Noël, et je suis particulièrement inspirée par cette bonne nouvelle...

Imaginez votre fantasme le plus inavouable. Faire l'amour comme au temps d'Angélique Marquise des Anges : dans la paille, avec un si beau jeune homme, grand, fort et baraqué. Et comme c'est Noël, il ne porterai rien d'autre qu'un bonnet de Noël (oui, quand on imagine, ca fit ridicule, mais si je vous montre réellement ce que ca donne, vous changerez vite d'avis !)

Oui cette fois mesdames, c'est à votre vous profond que je m'adresse : laisser votre imagination parler à votre place.

Je n'en dirai pas plus, et je vous laisse savourer la photo autant que vous le voudrez.

Monstres (Chon)

Nous les vampires sommes considérés comme des monstres. Mais mon maitre m'a toujours appris qu'il ne fallait prendre la vie que des malfaisants. Au moment ou je vous écris, je viens de me régaler : un homme d'age mur qui a commis un crime atroce, tel que je ne peux vous le relater. En buvant longuement à ses veines, j'ai vu. J'ai vu tout ce qu'il avait fait seulement quelques heures auparavent. Son sang en était encore en ébullition.

Je suis à l'affut des personnages qui n'ont aucune considération pour l'être humain. J'aime l'humanité. J'aime vous espionner, vous voir vivre une vie mortelle que jamais plus je ne connaitrai. Avec mes yeux surnaturels de vampire, je vous vois tels que vous êtes réellement, comme à nu, beau et puissant.

Et vous, avec vos yeux humains, que voyez vous ?? un monstre, ou un justicier ?

Réflechissez y avant de répondre. Certains d'entre vous me craignent, d'autres m'adulent et m'appelent afin que je leur fasse le Don du Sang Ténébreux.

Certains doivent me craindre, car rien ne leur sera pardonné dans l'au delà : voleur, meurtrier, violeur : méfiez vous !

Alors finalement, c'est qui, le monstre ?

Lipogramme en TAS (Chon)

Pour une bien bonne journée :

1)   réveil d'une douce lumière

2)   le bon pied en premier

3)   boire un verre de pulpe bourrée de  bonne humeur

4)   prendre une douche froide pour réveiller l'épiderme

5)   enfiler un peignoire doux

6)   ne rien prévoir

7)   vivre une journée cocooning.

Mémoire fragmentée (Chon)

C'est  étonnant comme après certains évènements les souvenirs s'oublient, s'effacent, du moins le croit-on.

Il y a environ 15 ans, ma maman a subi de nombreux mois de traitement de chimiothérapie et de rayons, ce qui a guéri la maladie qui grandissait en elle. Elle a décidé il y a peu d'écrire ses mémoires, ses souvenirs... Elle a commencé en trombe, se rappelant des détails infimes sur sa vie d'enfant... Le nom de la rue ou elle a grandit, le nom de la fleuriste d'en bas, le nom du docteur venu aidé sa propre mère a accoucher de son frère, la date a laquelle elle a obtenu son certificat d'étude, et meme le jour exact de l'incendie de la maison familiale. Tout des évènements de sa petite enfance.

Ensuite l'adolescence, c'est déjà plus compliqué... Il manque certains faits comme l'annonce de la terrible maladie de son père, et la découverte de sa famille cachée... Faits revenus en mémoire grace à ses frères qui l'aident autant que possible dans ses écrits.

Alors qu'elle était jeune femme, elle rencontre mon père. Mais ou et comment.... ca reste un mystère pour elle. Heureusement papa est là : pains au chocolat, croissants et gateaux, il était patissier et elle était (est toujours) gourmande !

Ils se marient et quelques années plus tard, ma soeur arrive, puis moi... et nous grandissons. Elle n'a pas encore commencé à écrire cette partie là de sa vie, mais je sais déjà que ce sera difficile pour elle de décrire mon enfance et celle de ma soeur. Nous l'aiderons du mieux que nous pourrons. Elle ne se rappelait pas que je n'avais pas le droit de m'asseoir sur mon lit en journée, ni que je devais me déchausser à l'extérieur de la maison. Oui elle était maniaque et heureusement, elle a bien changé : il y a des choses plus importantes dans la vie que le ménage, comme se souvenir, par exemple des bons moments de la vie.

Le goût du métal (Chon)

le médecin m'avait dit que je manquais de fer... je devais suivre un traitement pour remonter mes stats. Il n'y avait pas 36 solutions, juste 2. La première un médicament, dont je tairais le nom. Il me préviens que certaines personnes ne supportent pas cette médication. Mais je tente quand meme. Le principe est simple. Le comprimé effervescent fond dans l'eau, et je dois avaler cette mixture tous les matins à jeun. Ce que je fais. Le premier matin, tout va bien. Je bois cette potion, orangée, sucrée au possible, pour faire oublier l'arrière gout de fer. Oui, j'ai bu du fer ce jour là, je m'en rappelle très bien. Ce gout "rapeux", qui donne l'impression de boire quelque chose de... poilu.
Le deuxième jour, meme geste, je laisse tomber le comprimé dans mon grand verre d'eau, et je bois. Sauf que là, 2 minutes top chrono après, je suis la tete au dessus de la cuvette, et non contente d'avoir senti descendre les "poils ferreux" je les sens remonter. Je vous passe les détails.
De retour chez mon docteur, je lui explique la situation. Il me dit qu'il ne reste qu'une solution :
les injections. Douloureuses me dit-il, et le traitement est long. Je me renseigne plus avant, et
j'apprend que les injections de fer laissent des marques à vie. Le liquide injecté est sombre, épais.
La piqure a lieu généralement à des endroits "qui ne se voient pas", les fesses ou cuisses par exemple, car effectivement le fer agit comme un tatouage, et une tache sombre restera à jamais sous ma peau. Alors je refuse. Je n'ai que 23 ans, et je ne veux pas être marquée à vie de cette manière là.
Depuis je fais des cures de lentilles, on y trouve beaucoup de fer.
Le gout du métal, physique et mental.