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    Ce carnet est un site de création collective. Il regroupe les textes de plusieurs auteurs différents tous inspirés d'un thème commun. Le thème est mis en ligne dans la nuit de dimanche à lundi et la date de tombée est le dimanche suivant avant minuit (heure de Montréal). Pour tout renseignement, pour participer ou pour soumettre un thème pour les prochaines semaines:

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La lune dans le caniveau (Basta)

La lune est pleine, j’ai vu son reflet sur le pavé mouillé.

Ventre montgolfière, il y a 17 ans, je me suis retrouvée légalement hors circulation.

3614 par minitel et c'est comme si je prenais le bus... Bonjour, Bonsoir, pseudo "Lucie", un semblant de relations sociales pour juste réaliser que j'étais seule à couver, et qu'avec mon identité cachée je pouvais abréger ou prolonger la conversation, la maîtrise complète, le pouvoir de couper court.

Couper court à tout d'ailleurs, mon ventre étant le centre du monde, mais aussi envie d'écouter les  autres.

Hors circuit, j'ai même trouvé le bon garçon prêt à prendre en charge la mère et l'enfant avant même que le bébé ne soit là.

Curieuse, couffin à la main, Lucie est allée prendre le petit café, au coin de ma rue. Et là, je me suis dit que ok, j'avais un gosse sans père, et que celui qui discutait avec moi était vraiment très bien, le pigeon idéal prêt à roucouler autour de mon nid et amener les vers de terre pour la becquetée du petit, mais que zut, ce café prenait une tournure bizarre.

D'avoir discuté par écran interposé avait été pour mon correspondant timide le seul moyen de prendre contact avec le sexe opposé. Il s'était enflammé tout seul.

Demi-tour dans les relations virtuelles, les roses blanches sous un bras, le couffin dans l'autre, je me suis dis basta , finit la pêche aux dialogues sur minitel , moi c'est le feeling, le rire au coin des yeux que j'aime,  ce petit supplément d'épices et de rêves.

Après, entre boulot, bébé et nidification gros blanc sur les relations virtuelles, pour les relations sexuelles tout court, le milieu professionnel m’a dépanné, une famille d’accueil sans histoires, quelques câlins dans le respect mutuel en 20 ans de boîte, rassurant de savoir que j’ai la possibilité de grappiller un peu de plaisir.

Fourmis suractive, je consulte et traque l’info sur Internet via carte modem, consultations rapides, tarifs prohibitifs.

Fascinée par toutes les possibilités.

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Lipogramme en TAS (Basta)

Boulimie.

Gober une mouche, une deuxième pour l’exemple,

En bonne poire  mure d’expérience.

D’évidence niée en choc digéré.

Réflexion poivrée pique l’indifférence de l’embourbé en ego.

D’une queue folle, je jouie en colère, nier le pleur

Un chemin de vie proche du déni de mon moi

Vivre en énergie ou  mourir un peu  enfermée en peine

Le minou en berne pour l’hiver

Mon deuil blindé d’une bouée de  lipokilo,

Douleur  enfoncée en douceur mixée de miel

Loin de l’œil, loin le coeur du problème.

Je me goinfre pour oublier en déconvenue.

Le carnet de l'auteure

Delete (Basta)

Ma vie sentimentale est off line.
Vieux fichiers numérotés archivés.
Une horloge coincée dans le bulbe zombi.
Ondulée branchée, j’assure.
Pas d’amour, de peine, ni d’angoisse.
Sourire figé en Excel cynique.

Mes backdoors contrôlées, spammeurs ignorés.
Virus éradiqués, les trojans désactivés.

Clusters saturés de blessures,
Je photoshop mon écran de veille.
Défragmente le disque rayé,
La ram pédale.
Carte mère dépassée radote une mise à jour du bios.

Programmée en non sens.
Je n’appellerai pas la hot line.

Le carnet de l'auteure

Parasites (Basta)

La ligne est brouillée, mes capteurs nazes.

Monologue d’éclates, friture de non-dits.

Blablatages connectiques ondulées tout azimut.

Interférence et diffraction en non sens.

Désirs perdus dans le triangle des Bermudes.

Circuits niqués à l’eau pas tango Charlie,

Ton monde parallèle en dent de scie ego in.

Ronflements décodés:du morse noyé.

Déphasage sans regard, trou noir sans friction.

« ET » email maison, carte mère « off line »,

Puce saturée, souris dératée gratte le sonar-zona.

En caisson blindé,

La tornade magnétique neutralisée

L’après sans parasite.

Le carnet de l'auteure

La tour (Basta)

Sujet : La tour en commémoration du 11 septembre

j’ai déjà noté mon écoeurement là-dessus .

La seule grande émotion positive que j’ai pu avoir concernant l’actualité pas très longtemps après cet événement vécu à chaud en suivant les cours de Bourse est la petite fille aux yeux verts dorés, retrouvée 17 ans après son portrait dans les montagnes d’Afghanistan..

Photographiée par Steve MC Curry, son regard sauvage dérangeant, défiant le monde, témoin d’un pays en  guerre pendant 23 ans.

Incroyable, sa survie dans ce champs de bataille approvisionné politiquement par les marchands d’armes.

Protégée par sa burka prune voilant ses yeux inoubliables, ridées avant l’age, son regard est resté le même, furieux, retrouvée par le «  national géographic » début 2002, Chabat était ignorante de l’impact de son image.

Heureuse d’être libérée  des talibans ?

Non, pas vraiment, juste apaisée de savoir que ses 2 dernières filles allaient pouvoir apprendre à lire.

2005 ? Est elle toujours en vie ? Est ce que ses filles ont eu accès à l’éducation ?

Les scoops médiatiques passent et s’enchaînent.

Une photo associée à une chanson subversive qui parle d’un monde ou «Imagine qu’il n’y ait ni pays, ni religion » est une vision un peu simpliste, mais je pense que l’argent et le pouvoir sont aussi une religion .

Et si comme moi, vous avez un goût acide en avalant les infos, sachez qu’en parlant  de paix, tolérance et partage autour de vous, les personnes vous écoutant feront de même, peut être qu’un jour nous serons nombreux à dire  Basta !

Le carnet de l'auteure

Le lit japonais (Basta)

« Les histoires d'A
Les histoires d'amour
Les histoires d'amour finissent mal
Les histoires d'amour finissent mal en général » (Rita Mitsouko)

Véga,  fille d’un empereur céleste,  lasse de tisser le brocard des saisons, un jour s’encanailla.

Altaïr sur  simple couche nippone lui montra toutes les estampes de l’art du sexe.

Les amants séparés par la tache divine, le ciel  se trama de gris.

Aux bouderies tornades de sa fille, l’empereur leur accorda une nuit par an en concession.

Et c’est pourquoi le 7° jour du 7° mois du calendrier lunaire une passerelle sur la voie lactée se forme pour réunir les deux constellations.

A la nouvelle aube, il bruine les larmes de la princesse.

Le conte de la sorcière chagrine (Basta)

Ma roulotte boutique remplie d’opalines, velours cramoisis et satins défraîchis

Vapeurs odoriférantes,  huiles aromatisées, filtre d’amour, onguents de sueurs confinées.

Dans le miroir embué mon reflet fatigué, khôl cernant mes yeux tarot poisseux.

Douleur d’une boule cristal au ventre de la divination. Seins arides, les enfants fuyant mes jupons tsiganes.

J’écoute mon don en lisant vos désirs, vos rêves redorés et  peines creusent mes rides.

Inscriptions en vos paumes déchiffrées, atténuées en sillon dans mon cœur.

Survivante du savoir de la lignée,

Les bourgeoises méprisantes en médisance, me content chevauchant la queue du diable, nue basanée, roulant dans la rosée.

Ma paupière en voile noir sur l’avenir, sur les cendres d’un artifice brasier purificateur.

Intolérance sans sortilège, il n’y aura pas d’enquête,

Ils auront de nouveau brûlé une sorcière.

... j'ai rajouté un peu de sel (Basta)

Dans les pourpres cardinaux,
En parfum de chair impudique la mort frappe mes proches.
Pontificalement vénérée, chérie de mes frères,
Sur  tapis carmin, en troisième noce et vingtième printemps,
J’épouse politique en fine intelligence.

Trêve sensuelle veille mon prince raffiné du destin jaloux,
Félicité chlorée, l’aconit déchirure,
C’est toi mon fils d’une pubère liaison défendue.
Vénéneuse Venise, en cœur masqué j’aime l’orphelin retrouvé.

Calomnies m’assassinent plus lentement que Cantarella,
Un nom qui chante comme porc battu à mort, dont le sang est prompt poison.
Stupide légende pour une recette d’apothicaire.

Cantarella,
L’amour d’une Borgia infortunée pétille dans le vin du banquet vengeance.
Poignardée par le fruit agonisant de mes entrailles,
Mon secret proclamé en esprit venin, j’ai rajouté en un peu de sel.

Le carnet de l'auteure

Vive la mariée! (Basta)

L’enveloppe navigue en toutes occasions, contrainte d’une chaîne obligée. Témoignages d’affection hypocrite en bibelot kitch, les événements « vie privée » sont prétextes à quête dans l’entreprise.

En douce au coin du bureau, l’incontournable kraft.

Mal à réaliser, Il y a combien, 5, 7 ans,  15 ans aussi, pour le même motif, et la même personne notre participation sollicitée en liste de mariage : cocher, signer payer. En luxe déjà installée, cette fois ci, la lune de miel  divisée en bons cadeaux.

Nausée sur le racket organisé, la garce sait rentabiliser  mariages et divorces prendre le meilleur sans le pire.

En gestion intelligente du capital beauté, ses intérêts siliconés ont gonflés. Snob oxygénée, a les serres manucurées en dague.

Au premier « convolage », elle a pris  mi-temps, au deuxième elle est passée au tiers temps.

J’y vais d’un «  Vive la mariée » sur la carte jointe

Avec un peu de chance, ce coup ci la pimbêche démissionne.

Le carnet de l'auteure

Alice au pays des miroirs (Basta)

Par la gaze au reflet  mercure, tu passes le temps dissous en brouillard.
Callipyge complexée, la science est ton refuge d’adolescente.
Avant les vacances que tu redoutes,
Dernière rêverie rédigée dans ton petit cahier.

Echappée vers ton père spirituel, cet ingénieur génie décrivant les orbes célestes.
Flottant au bain, tu penses à l’excentrique des figures géométriques tracées dans le sable.
Lui qui en moyens simples calcule le diamètre du soleil sans se tromper.
Découvreur des miroirs « ardents »  par concentration des rayons.
Voyage initiatique dans les prémices des champs de glaces paraboliques qui fleuriront un jour les déserts.
Reflets d’autre chose que ton mal être.

Brûlée d’émotions,
Des ruelles de Syracuse, surgit le grec courrant nu en criant Euréka
Mirage de tes sens refoulés bridés d’équations.
Yeux gazelles aux loupes embuées
Venus au cœur des théorèmes,
D’une poussée de bas en haut,
S’imbibe de l’aura d’un maître.

Remise en place par un :
« Ne dérange pas mes cercles »

Le carnet de l'auteure