Renseignements



  • Top Blogues
  • Avertissement
    Veuillez noter que l'hôte du site et les administrateurs ne sont pas responsables des propos tenus par les auteurs, ni de la qualité de la langue
  • Pour participer
    Ce carnet est un site de création collective. Il regroupe les textes de plusieurs auteurs différents tous inspirés d'un thème commun. Le thème est mis en ligne dans la nuit de dimanche à lundi et la date de tombée est le dimanche suivant avant minuit (heure de Montréal). Pour tout renseignement, pour participer ou pour soumettre un thème pour les prochaines semaines:

    Écrivez-nous

Administrateurs

Blog powered by TypePad

La lune dans le caniveau (Ars_')

Vous vous souvenez, il y a quelques temps, la lune avait rendez-vous avec le soleil mais ce pauvre soleil a attendu en vain …. La lune n'est jamais venue ! Oh que non, ce n'est pas parce qu'il faut la nuit pour la voir et que le soleil toujours luit (lui ?) qu'ils n'ont pas pu se rencontrer. C'est une bien plus tragique histoire dont j'ai été le témoin malgré moi.

Ce soir là, la lune toute pimpante se prépare pour son rendez-vous avec le soleil. Sans le savoir de mon coté je me préparai pour un dîné entre amis. Ma soirée ce passa bien, nous mangeâmes trop, burent sans avoir invité cette chère Maud Eration et rirent beaucoup ! Vers 23h je rentrais tranquillement chez moi, la rue que j'empruntais est pauvrement éclairée mais la Nat, pas peureuse pour un sous, marchait d'un pas décidé vers sa demeure quand soudain mon regard fut attiré par une étrange lumière. Une lumière blanche, pas éblouissante mais donnant à la rue un aspect fantomatique. Plus je m'approchais plus je pensais avoir réellement trop bu … Je distinguais une forme dans le caniveau, une sorte de croissant. J'ai tout d'abord pensé à un jouet qu'un enfant avait perdu mais il me paraissait bien trop grand et surtout il émettait une sorte de gémissement. Pas curieuse pour un sou je cours vers la source lumineuse et me voila face à la Lune, nageant dans les immondices du caniveau et pleurnichant comme une gosse.

Nous nous assîmes toutes les deux sur le bord du trottoir et elle me raconta comment elle avait bêtement trébuchée sur un astéroïde avec pour résultat un valdingue phénoménal qui l'a fait échoir ici. Elle me dit aussi que, dans l'état pitoyable dans lequel elle se trouvait, il était hors de question qu'elle se rende au rendez-vous galant que le soleil lui avait fixé.

Après qu'elle eut séché ses larmes en épuisant mon stock de kleenex elle reprit le chemin du ciel, camouflée dans un nuage de brume afin de dissimuler ses joues roses de honte de s'être retrouvée dans un caniveau.

Il posa son doigt sur l'interrupteur (Ars_')

Il posa son doigt sur l’interrupteur mais rien ne se passa. Il actionna le bouton plusieurs fois dans l’espoir que la lampe de chevet se mette subitement a fonctionner mais ... rien ! Le noir total, effrayant... Le plus étrange était qu’aucune lumière matinale ne filtrait par les fenêtres de leur chambre, ni par la porte entrouverte. Pourtant Maurizio était déjà levé, sa place vide dans le lit était encore tiède et une douce odeur de café venait de la cuisine. Franck se leva à tâtons, sur le palier l’odeur de café se fit plus forte, elle était accompagnée d’une odeur de pain grillé qui habituellement le mettait en appétit mais ce matin son estomac était noué. Pied nu pour mieux sentir le bois sous ses pieds Franck s’engagea dans l’escalier, il a toujours aimé marcher nu-pied chez lui et ne portait jamais de chaussons mais c’est à peine s’il se rendait compte qu’il marchait. Descendre dans le noir ne lui faisait pas peur, de nombreuses fois il est descendu sur la pointe des pieds pour aller grignoter un morceau en pleine nuit ! Mais son cœur battait à tout rompre.

Au milieu de l’escalier il appela Maurizio, l’homme qui l’avait sauvé de l’abîme dans lequel il s’enfonçait après sa dernière rupture.

            - La grasse mat’ a été bonne ? Lui répondit-il avec son accent chantant qui avait séduit Franck lors de leur rencontre.

Franck ne répondit rien, sa gorge était comme prise dans un étau, il continua à descendre, lentement, la peur au ventre. Ses jambes tremblaient sur le froid carrelage rouge de la cuisine.

            - Maurizio, dit il dans un murmure, les larmes commençant a couler sur ses joues râpeuses.

Et Maurizio comprit.

Ce qu’ils redoutaient le plus était arrivé cette nuit, sournoisement, peut-être même tandis qu’ils faisaient l’amour.

L’un comme l’autre savait que l’échéance était proche, le mois dernier le médecin leur avait tout expliqué.

Mais pas si vite, pas si brutalement !

Maurizio prit Franck dans ses bras, l’embrassa tendrement, un flot de larmes déferlait des yeux morts de Franck. Plus jamais il ne posera son doigt sur un interrupteur, la lumière lui était désormais interdite

Le carnet de l'auteure