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    Ce carnet est un site de création collective. Il regroupe les textes de plusieurs auteurs différents tous inspirés d'un thème commun. Le thème est mis en ligne dans la nuit de dimanche à lundi et la date de tombée est le dimanche suivant avant minuit (heure de Montréal). Pour tout renseignement, pour participer ou pour soumettre un thème pour les prochaines semaines:

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... j'ai rajouté un peu de sel (Anne Bonaventure)

Je n’arrivais jamais à l’heure, et c’était tjrs la même histoire, il attendait sur le palier, les yeux baissés, l’air tristounet. Il n’osait rien dire, et d’ailleurs qu’avait-il à dire à me dire. Pas grand-chose. Je l’aimais bien il avait cet air de chien battu que je trouvais attendrissant, comme pratiquement toutes les femmes j’aimais jouer, avec ce genre d’homme,  à celle qui console.

Nos soirées étaient souvent tristes, mais je m’y suis accoutumée, en écrivant cela je m’aperçois que je m’y suis accoutumée trop rapidement.  Mais peu importe l’essentiel c’est que j’y ai trouvé du plaisir, et du plaisir, et bien il savait m’en donner.

Il ne causait pas mais faisait une excellente cuisine des plus raffinées : des poulets agrémentés de toutes sortes de légumes exotiques, des desserts embaumant la cannelle, et tout cela arrosé des meilleurs bordeaux . Seulement  un jour je l’ai vexé j’ai rajouté un peu de sel…….

Vive la mariée! (Anne Bonaventure)

Cela faisait un bon moment qu’elle pensait qu’il était temps d’officialiser leur relation, mais Jeff ne disait mot et vivait au jour le jour ne se souciant que de l’essentiel.

Pour lui tant que le frigo était plein, et que les chiens avaient à manger, le reste il s’en souciait peu.

Josie, elle, voyait les années passer et la monotonie s’installer. Quelques voyages agrémentaient les années : une croisière celle du Nil lui avait donné l’espoir que son compagnon dans un espace aussi idyllique lui promettrait le mariage, mais rien n’arrivait.

Elle n’était pas du genre à bousculer les évènements.

Son ancien compagnon  l’avait laissée sur le carreau pour une histoire d’enfant,  il était divorcé et en avait déjà 5 alors pas question de rallonger la liste. Décidément les hommes ne sont jamais sur la même longueur d’onde. Mais là Josie s’était attachée à ce Jeff. Il n’était pas comme les autres et lui laissait le temps de vivre sa pauvre existence, de sortir avec ses copines, de partir en week-end seule, bref « l’homme tranquille ». Il lui convenait, même s’il manquait un peu de piment à leur vie.

Depuis quelques mois elle ne rêvait plus que d’entendre « Vive la mariée », mais Jeff restait toujours silencieux. Elle accepta  son silence et se dit pourquoi vouloir espérer le mariage quand ils sont déjà si bien installés dans la vie, la bague au doigt ne veut plus rien dire se disait-elle pour  ne pas sombrer dans la tristesse.  Elle retourna toutes ses pensées dans sa tête jour et nuit, l’obsession l’envahit, jusqu’au moment où  elle le lui dit : « Chéri ne penses-tu pas qu’il soit temps de nous marier ? Jeff d’un ton des plus neutre lui répondit : « Ok baby,  no problem ». Elle en resta sur le cul.

Alice au pays des miroirs (Anne Bonaventure)

Elle se réveilla en sursaut un bruit infernal avait envahi sa chambre. De tous côtés les murs tremblaient , les peintures tombaient sur le sol où l’eau verdâtre était monté.

Alice avait rêvé qu’elle était au pays des miroirs, mais la réalité lui montrait bien que tous ces miroirs avaient dû s’effondrer et que le rêve et la réalité s’étaient rejoints. Des bruits de verre cassé se répercutaient d’une pièce  à l’autre, elle se rua dans le couloir interminable où la galerie des miroirs ne reflétait plus son image de poupée Barbie, les milliers de morceaux de verre crissaient sous ses pas et elle se blessait. Le sang se mêla à l’eau qui montait montait... Non plus de miroirs plus de tableaux tout était à terre, plus rien le chaos.

Elle se souvint de Paul qui avait perdu son pantalon et pleura, elle se n’était pas son pantalon qu’elle perdait mais le souffle de sa vie, les miroirs ne reflèteraient plus son si joli visage de poupée Barbie.

Regrets et remords (Anne Bonaventure)

Après avoir pris un petit-déjeuner léger, elle sortit, prit le boulevard du Montparnasse, et se dirigea vers la rue Bréa. Il y avait avant une boutique de couleurs, où l’on trouvait des carnets à dessin et aquarelle faits en petite quantité, reliés, de vraies merveilles, des pinceaux faits main, des pigments de toute beauté.

Cette boutique avait plus de 100 ans. Une foule de regrets traversa son esprit, le temps était révolu où encore étudiante elle venait s’approvisionner dans cette antre de la couleur. Vision d’un autre temps : fin 19ème.

Elle partait avec quelques collègues d’atelier, soit au Louvre, soit au Jardin des Plantes, carton à dessin sous le bras. Prise de remords elle se souvint d’avoir fait souffrir ce beau garçon qui ne la lâchait plus, elle ne pouvait faire plaisir à tout ses prétendants. Celui-là était particulier, il était timide, mais quand il peignait c’était avec fougue. Au Musée du Jeu de Paume, perché sur des échafaudages,  il avait entrepris une toile immense d’après Renoir. Peintre qu’à l’époque elle n’appréciait pas.

Armelle fixa le coin... (Anne Bonaventure)

Armelle fixa le coin de drap, son regard était vague. Elle eut comme une envie de vomir,

Sera sa machoire. Elle ne savait plus l’heure qu’il était, ni le jour.  Le soleil pointait derrière les persiennes. La torpeur l’a repris, elle s’enroula dans ce drap qui avait encore l’odeur un peu suave de son amant, imprégré de vétiver et de sueur.

Il était parti sans un au revoir. Elle étira ses bras et se mis sous le drap, respira à fond, et se dit : « je ne bouge pas d’ici, tant qu’il ne reviennne ».

La nuit arriva brusquement, son estomac criait famine, les yeux mi-clos elle s’enroula son corps moite dans le drap qui maintenant trainait dans la poussière et les poils du labrador,  ouvrit les volets, respira l’air du soir et se dit : « Zut j’ai pas son téléphone »

Note de l’auteur : Scéne banale et sans surprise d’un dimanche dans l’inconscience d’une suite de soirée enfumée et alcoolisée. Comme quoi faut faire attention aux mecs qui ne pensent qu’à b……

Le carnet de l'auteure