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    Ce carnet est un site de création collective. Il regroupe les textes de plusieurs auteurs différents tous inspirés d'un thème commun. Le thème est mis en ligne dans la nuit de dimanche à lundi et la date de tombée est le dimanche suivant avant minuit (heure de Montréal). Pour tout renseignement, pour participer ou pour soumettre un thème pour les prochaines semaines:

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Regrets et remords (Alexie)

Un certain confort s'installe autour de moi au sommet de ma fuite l'air prend plus de temps à s'avaler et les paupières me tombent, ma tête oscille avec le vent et mes yeux aiment à se perdre dans le ciel, à contempler les ombres chinoises des cimes d'arbres contre le ciel. Je vois pas d'étoiles, à quatre heures du matin, les nuages passent en vitesse, masse unique qui pèse sur l'air, maintenant le soleil se fait sentir derrière, révèle les textures, il y a quelques heures, c'étaient des murs, à un mètre des murs de vide et derrière des gouffres, au sommet de ma fuite - sans issue possible ce soir - j'ai cauchemardé des fantômes sont venus cogner à mes tempes jusqu'à m'empêcher de dormir et pourtant dans cette noirceur mieux aurait fallu ne pas leur ouvrir mes quelques centimètres cube à l'abri, il y a l'infini à sillonner dedans, j'ai écouté les fantômes et dehors le vent et j'ai prié pour l'aube je ne la verrai pas, ce matin, à cause des nuages, mais la lumière montera à six heures, les paysage du sommet de mon exil se dévoilera et mettra une heure à prendre ses couleurs, mêlée au vent j'entends peut-être la mer qui tirera mes remords avec la marée basse, qui les lavera à l'aube, quand j'aurai distingué le chemin vers la plage.
Au bout du monde, les pieds dans le sable, aucun remord ne tiendra plus.

Le carnet de l'auteure

Totem Mouvant (Alexie)

Nous avons fait partir un feu entre les racines d'un gros pin, à l'abri du vent.
En forçant des yeux, on voyait encore le champ entre les branches des arbrisseaux qui obstruaient notre champ de vision.
Le feu brûlait bien quand le soleil s'est finalement couché. Nos sacs de couchages bien déroulés, nous dedans, nos sacs à proximité, les objets de première nécessité, cigarettes, lampe de poche, king cans, bouquins, aussi, nous pouvions sortir nos sandwichs à l'expérience mystique de nos sacs à lunch avec un relatif sentiment de sécurité, quoique le mauvais goût du sandwich et le délai précédant l'expérience mystique nous cause toujours des angoisses de plusieurs ordres: passerons-nous la plus belle ou la plus éprouvante nuit de notre vie, avons nous payé pour de la merde, tout ça.

En peu de temps, nous oublions et nous devenons un mélange d'émotions frénétiques, peur, extase, bonheur, et légèreté.

Notre respiration et nos pulsations cardiaques s'accélèrent, mais nos nerfs sont confus, et même si nous nous écorchons la peau, nous ne sentons rien.

Nous avons d'abord eu envie de nous enfoncer dans la forêt, nous avons couru, nous nous sommes plantés, roulés dans l'amadou, nous avons voulu goûter l'eau du ruisseau, et c'est avec des épines plein les cheveux et un mal de ventre solide, que nous nous sommes crus perdus.

Nous nous sommes blottis l'un contre l'autre, nous avons ri de peur, nous avons hurlé de joie. Nous avons fait monter les insectes sur nos vêtements, un relent de civilisation nous a empêché, à la dernière seconde, de goûter aux insectes. Nous nous savions perdus pas trop loin, nous aurions peut-être pu apercevoir le champ si les branchailles à l'horizon ne s'étaient pas mues en toile abstraite mouvante, dans laquelle nous avons inventé des animaux, des guerres et des villages.

Transis de froid et mouillés, nous ne nous étions pas sentis si harmonieux et complets depuis des jours.
Dans la nature avec la nature en nous. Nous avons souhaité avec insouciance nous faire foudroyer.

Nous avons vu le soleil se lever, alertes mais pleins de tremblante fatigue bienheureuse, pleins de boue, les cheveux mêlés.
Il fallait se résigner à regagner nos maisons.
Le carnet de l'auteure

Déjà un trou (Alexie)

Des cochonneries qui font l'amour afin d'engluer les engrenages de l'infernale machine institutionelle sans pilote

Déjà un trou, pourtant il était neuf, mon rassembleur de mémoire. Rien à faire, avec moi, l'incurable distraite, aucun cricuit n'y changera quelque chose. Je suis une erreur du Bureau de la Direction du Projet d'Eugénime National, l'Affaire de la Commision pour la Préservation de l'Orde Vital pour l'Éradictaion Ponctuelle des sujets ratés. Comme moi qui lutte contre les cachets, qui s'envole dans les classes, verbomoteur dissipé entourée par une bulle de verre givré, deux mètres de diamètre, plein de cris et de musique; je suis intraitable. C'est la Régie de la Sériosité qui sera déçue de son investissement , le premier rendez-vous, le suivi bimensuel, je l'ai égaré dans un parc en fonte printanière, déjà un trou et pourtant il était neuf, mon sécastreur à folie, mais rien à faire, rien à faire contre l'exaltation printanière, pas moyen de ce coherciser quand le soleil vente à dix degrés dehors. À la Régie de la Responsabilité du Bon Citoyen, à l'Office de Contrôle des Poussières Festoyant dans les Rouages, ils me colleront bientôt une étiquette, "cas désespéré, Complexe d'Icare, recommandation, nicher pas trop loin un tireur d'élite qui fera le nécéssaire si elle devenait contagieuse".

Le carnet de l'auteure

Renaissance (Alexie)

Je secoue la tête, tombent quelques pétales frippées,
j'ouvre les yeux, je ne sais plus rien nommer,
aujourd'hui, j'enregistre mes premiers souvenirs,
je dilate les pores de ma peau,
je suis pure sensation,
la première femme du monde,
pur instinct.

Le carnet de l'auteure