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« 7 novembre 2005 - 13 novembre 2005 | Accueil | 21 novembre 2005 - 27 novembre 2005 »

Dégoussailler (Bibi)

Chère Ogresse Oquatredents,

Je viens par la présente déposer mes hommages à vos pieds si savoureusement dodus.

Je me permets de vous demander quelques conseils relatifs à votre fameuse recette d’Hommes farcis à la Barbaresque.

Vous suggérez d’ébouillanter les sujets afin de mieux les ébarbouiller ; ne serait-il pas tout autant divin de les passer quelques minutes au-dessus d’une vive  flamme ?

Sans compter que l’odeur des poils roussis entre pour beaucoup dans le plaisir que l’on prend à cuisiner. J’aimerais votre avis à ce sujet, ô ma rose amie charnue.

Vous écrivez d’autre part : « Fendez l’homme en deux, par le dos, de façon à pouvoir l’aplatir complètement. Eviscérez-le. Déposez la farce sur un des deux côtés, usez de l’autre partie comme d’un couvercle que vous maintiendrez fermé au moyen de points de couture. »

Etant très peu douée pour coudre, j’ai trouvé ce procédé long et fastidieux.

Je me demandais si, la prochaine fois, je ne pouvais tout bonnement pas vider mes hommes par le fondement, comme on le fait pour les encornets, puis les emplir de farce par le même chemin ?

Enfin, vous ne précisez pas de quelle manière l’on doit si prendre pour les dégoussailler. J’ai essayé au couteau, mais les goussailles étant trop molles, l’opération s’avère malaisée. J’ai bien pensé au coup de dents bien sec, mais n’ai pas osé, craignant de gâter la marchandise. Et puis quand la bistrouille reste lovée entre ses deux goussailles, c’est plus présentable, cela forme de mignonnes effondrilles qui surnagent dans la sauce. Je dois avouer que mes invitées m’ont joliment complimentée à ce sujet.

A l’avance, je vous remercie des juteuses astuces dont vous voudrez bien me régalez.

Les babines, très goulûment je vous bécote.

Ogresse Bibi

Dégoussailler (Cindybi)

Nous nous connaissions à peine.  Elle m'avait draguée sur la piste de danse du Sisters sans laisser aucun doute sur ses intentions, se foutant éperdument des gens autour de nous.  Puis, elle m'avait entraînée dans les toilettes, m'avait poussée dans une cabine et nous nous étions embrassées avec fougue, sans ménagement, sa main me pelotant allègrement.  Nous avions terminé la soirée dans un coin plus sombre, soudées l'une à l'autre dans un innommable délire, seules dans notre petit monde.  Et à la fin de la soirée, elle m'avait fait promettre d'être chez elle le lendemain pour le souper.  Son mari serait au travail et elle désirait me convier à un repas en tête-à-tête.  J'étais un peu étourdie par la situation, des lèvres si douces, des yeux si profonds, une invitation tellement inattendue et la perspective d'une aventure si coquine.  A ma sortie du bar, j'avais gagné une invitation et perdu ma petite culotte qu'elle avait enfouie dans la poche arrière de son jeans.

A 16 heures le lendemain, je sonnais à sa porte, une bouteille à la main et ne portant qu'une petite robe légère sans culotte … espérant récupérer celle de la veille.  Elle me répondit toute nue sous son tablier taché de sauce à spaghetti et la palette à la main.  Elle me la tendit.  Je goûtai du bout de la langue.  Lui dis que j'aimais bien.  Puis, elle m'embrassa pour confirmer que c'était bon.  Délicieux en fait.

Elle m'installa à la table et m'apporta l'ouvre bouteille pour que je nous serve deux coupes du Shiraz Australien que j'avais apporté.  Enivrant de voir son joli petit cul alors qu'elle nous servait à la cuisinière.  Elle me servi une portion d'homme que je dégustai qu'à moitié.  Elle se servit une portion de femme mais s'empiffra comme un homme.  Puis, nous nous retrouvâmes dans le lit conjugal pour y finir le vin et prendre le dessert.  Et elle me dit son secret.  La tomate dégoussaillée, tout simplement.  Et comment?  En mélangeant les tomates en dé (préalablement bouillies) à quelques petites gousses d'ail finement hachées.  Voilà.

Dégoussailler (Catherine)

la pudeur au vestiaire, l'amour en épluchures
le coeur vert, au vent, virevoltant
la chair goûteuse, la tête éteinte
ton sourire en couteau
dégoussaille mes restes d'égo

Le carnet de l'auteure

Dégoussailler (Cali Rise)

Dégoussaillez, dégousaillez qu’elle a dit ! Je t’en ficherai du dégoussaillage ! Elle ne va tout de même pas me faire croire que cette forêt vierge était un jardin, avant ?

L’homme noir avançait en bougonnant vers l’abri de jardin, derrière la maison. Il n’était vêtu que d’un jean troué à plusieurs endroits. En équilibre sur sa tête, un chapeau de paille largement penché vers l’arrière terminait sa mise exotique. Son torse musclé et nu ruisselait de sueur.

D’une main ferme, il saisit l’outil adéquat. Un manche long taillé dans le bois le plus dur était prisonnier d’un morceau d’acier. L’usage de la dégoussailleuse demandait un savoir et une expérience qui n’étaient pas donnés à tout le monde. Bob avait le don. Ce qui l’exaspérait le plus dans cette histoire, c’était qu’elle le regarde, debout sur sa terrasse !

Le fer pénétra le sol et miraculeusement l’éclat de terre fut déshabillé des mauvaises herbes.

-         Oh Bob, comme vous faites cela délicieusement bien !

Si je lui collais un coup de dégoussailleuse, est-ce que cela aurait un effet bénéfique ? Est-ce que la mauvaise herbe qui a grainé en elle serait séparée de son corps ?

-         Vous n’avez donc rien d’autre à faire ?

-         Que voulez-vous que je fis ? Vous regardez œuvrer est un tel délice pour mes yeux que mon cœur en chavire.

M’est d’avis qu’il n’y a pas que le cœur qui est chaviré ! Allez mon gars, dégoussaille va. Et oublie-la ! N’empêche, un p’tit coup vite fait…

Le carnet de l'auteure

Dégoussailler (Lola Litha)

La dernière fois

Ce soir, sans un mot, on se retrouve, on se regarde, et on se dégoussaille.
Mais cette fois, je vais te dégoussailler jusqu'au bout.
Fini les petites morts dont on se relève.
On se déguste, on s'imbrique, mais ce n'est que le début.
Tu m'envahis et je vole en éclats, tu me pulvérise, la perte de conscience n'est pas loin;
c'est à ce moment-là qu'un petit effort bien appliqué m'emmène où je veux
en toi
mes doigts ne s'enfoncent plus dans ta peau d'argile ils y sont
je suis passée en toi toute entière et j'investis enfin la mémoire de ton corps
tapie au creux de tes organes et perdue doucement dans les informations de tes synapses
l'enfant que tu étais l'homme que tu es, ta vie, et ta mort,
je les suivrai avec toi je suis dans ton souffle
je t'ai dégoussaillé jusqu'à l'âme et je n'ai plus besoin d'en bouger.

Le carnet de l'auteure

Dégoussailler (Wictoria)

  • C’est quoi le temps ?

  • Tu veux dire, le temps qui passe ?

  • Et bien, oui…

  • Quand j’étais petite, j’avais entendu dire que le temps était comme une succession de pelures d’oignons.

  • ?

  • Oui, c’est étrange n’est-ce pas ? C’est une très belle image. Il faut que tu visualises l’univers dans lequel nous vivons comme un oignon : les temps sont représentés par des pelures superposées.

  • Mais cela voudrait dire qu’il y a plusieurs temps dans un même endroit. Où juste à côté…

  • Oui, c’est un peu cela.

  • Mais c’est incompréhensible !

  • Non ma chérie, n’oublie pas ce que disait Einstein : « Ce qui est incompréhensible c'est que le monde soit compréhensible. »

  • Oh ! Ta théorie me fait perdre l’esprit…

  • (rire) Oui je te comprends ! Quand je me mets à imaginer cette vision, j’appelle ça « dégoussailler ».

    Le carnet de l'auteure

Dégoussailler (Traou)

-         Mais ma pauvre fille, tu dégoussailles complètement !!!

Il a osé me dire ça, à moi ! Excédé, il était, je le conçois, mais il y a des limites à ce qu’on peut dire à une dame, quand même ! Dégoussailler ? Moi ?! Mais pour qui il me prend, à la fin !

J’aurais pas dû m’énerver, je le reconnais, mais quand même : dégoussailler…. Je ne sais pas si vous vous rendez compte, ça, on ne me l’avait encore jamais sorti, même ma sœur au cœur de nos pires peignées d’adolescentes, c’est pour dire ! Alors j’ai vu rouge, j’avoue :

-         Je dégoussaille ???! Je dégoussaille !!!! Non, mais ça va pas ! C’est toi qui va dégoussailler pour quelque chose, mon pauvre ami !!!

Et bing, le coup était parti.

J’aurais pas dû. Je sais.

Mais bon, son œil est déjà beaucoup moins violet.

Et puis, au fond, il l’a pas volé.

Le carnet de l'auteur

Dégoussailler (La lionne)

Cauchemar végétarien

(Il est rappelé*** que l’auteure est exclusivement carnivore)

Je suis trempée, étendue sur une planche de bois tâchée,
sans défense au milieu des courges,
des patates et d’un tas de légumes verts de peur
dont je ne connais pas le nom.
Soudain Sa gigantesque main velue s’approche… de moi.
Je ne peux pas bouger ; je ne peux pas réfléchir…
Suis-je moi aussi une cucurbitacée kaputt*?

« Et toi, la Ciboulette****, allez dégoussaille**-toi… A la poile et qu’ça saute !!!
Après ça … tu vas passer à la casserole !!! »

Au moment où Il va se saisir de moi, je me réveille en sueur…

*L’auteur voulait simplement dire « concombre » ; mais elle a été influencée par sa mère latiniste qui emploie couramment l’expression « tête de courge » en latin d’où la traduction approximative employée par sa fille indigne dans ce texte, qui se rapproche plus au final de « courge cassée ».
** L’auteure voulait simplement dire « retire tes pelures », mais elle a trouvé un synonyme plus recherché dans l’encyclopédie du
Coïtus Impromptus (publie par Laurence) en surfant sur l’Internet au lieu de vaquer à ses passionnantes obligations.
*** Un lecteur attentif a suggéré à l’éditeur de décoder un peu les textes de l’auteure. (Merci à WWF)
****Référence pénible au blog de l’auteure qui est complexée du ciboulot, on l’aura compris.

Dégoussailler (Lilidub)

Qu'est ce j'aime comme y causent, les canadiens. L'autre jour, j'ai vu un minot, y s'est pris un gadin et y s'est foutu à la baille. Vu que c'était de la vase, y puait, un vrai bocon! T'aurais entendu la mère: "tabarnak! tu t'es encore tout dégoussaillé!" avec l'accent et tout...
Je m'suis bien marrée, mais en loucedé...si elle m'avait entendu, elle m'aurait r'mis mes raves dans mon panier!
-Ouais, moi aussi. je tchipe nave, mais j'les kiffe dur."

Dégoussailler (Anitta)

Le onzième.

A l'issue d'un long moment de réflexion, l'homme se tourna vers son interlocuteur.

– Dîtes, vous n'avez jamais travaillé dans la pub ? lança-t-il. On ne vous a jamais appris qu'en matière de communication, on ne doit JAMAIS envoyer plus d'un message à la fois ? Et comment je vais faire, moi maintenant ? En plus, votre support est trop lourd, il ne tiendra jamais dans la voiture ! Qu'est-ce que je vais leur dire, moi, aux autres ? Jamais ils ne retiendront vos dix machins, là…

Alors, le visage marqué par le courroux, son interlocuteur brisa en deux les plaques de marbre et les jeta violemment par terre. Puis, avec un rictus démoniaque, il souffla sur le buisson qui séparait les deux hommes. Aussitôt, les feuilles de l'arbuste s'embrasèrent en un crépitement de mauvais augure ; le ciel s'éclaircit, et comme par magie, la fameuse phrase vint s'inscrire en lettres de feu sur une nuit devenue pâle.

– Tu ne désires qu'un seul message ? tonna-t-Il. Le voilà !

S'étant jeté par terre dès les premiers instants de la colère divine, Moïse releva les yeux. Désormais, tout était on ne peut plus clair, et il savait qu'à ces mots, le troupeau se rassemblerait à nouveau.

– TU NE DÉGOUSSAILLERAS POINT, était-il écrit dans l'azur.

Le carnet de l'auteure