Dégoussailler (Bibi)
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la pudeur au vestiaire, l'amour en épluchures
le coeur vert, au vent, virevoltant
la chair goûteuse, la tête éteinte
ton sourire en couteau
dégoussaille mes restes d'égo
Dégoussaillez, dégousaillez qu’elle a dit ! Je t’en ficherai du dégoussaillage ! Elle ne va tout de même pas me faire croire que cette forêt vierge était un jardin, avant ?
L’homme noir avançait en bougonnant vers l’abri de jardin, derrière la maison. Il n’était vêtu que d’un jean troué à plusieurs endroits. En équilibre sur sa tête, un chapeau de paille largement penché vers l’arrière terminait sa mise exotique. Son torse musclé et nu ruisselait de sueur.
D’une main ferme, il saisit l’outil adéquat. Un manche long taillé dans le bois le plus dur était prisonnier d’un morceau d’acier. L’usage de la dégoussailleuse demandait un savoir et une expérience qui n’étaient pas donnés à tout le monde. Bob avait le don. Ce qui l’exaspérait le plus dans cette histoire, c’était qu’elle le regarde, debout sur sa terrasse !
Le fer pénétra le sol et miraculeusement l’éclat de terre fut déshabillé des mauvaises herbes.
- Oh Bob, comme vous faites cela délicieusement bien !
Si je lui collais un coup de dégoussailleuse, est-ce que cela aurait un effet bénéfique ? Est-ce que la mauvaise herbe qui a grainé en elle serait séparée de son corps ?
- Vous n’avez donc rien d’autre à faire ?
- Que voulez-vous que je fis ? Vous regardez œuvrer est un tel délice pour mes yeux que mon cœur en chavire.
M’est d’avis qu’il n’y a pas que le cœur qui est chaviré ! Allez mon gars, dégoussaille va. Et oublie-la ! N’empêche, un p’tit coup vite fait…
Le carnet de l'auteure
La dernière fois
Ce soir, sans un mot, on se retrouve, on se regarde, et on se dégoussaille.
Mais cette fois, je vais te dégoussailler jusqu'au bout.
Fini les petites morts dont on se relève.
On se déguste, on s'imbrique, mais ce n'est que le début.
Tu m'envahis et je vole en éclats, tu me pulvérise, la perte de conscience n'est pas loin;
c'est à ce moment-là qu'un petit effort bien appliqué m'emmène où je veux
en toi
mes doigts ne s'enfoncent plus dans ta peau d'argile ils y sont
je suis passée en toi toute entière et j'investis enfin la mémoire de ton corps
tapie au creux de tes organes et perdue doucement dans les informations de tes synapses
l'enfant que tu étais l'homme que tu es, ta vie, et ta mort,
je les suivrai avec toi je suis dans ton souffle
je t'ai dégoussaillé jusqu'à l'âme et je n'ai plus besoin d'en bouger.
Le carnet de l'auteure
- Mais ma pauvre fille, tu dégoussailles complètement !!!
Il a osé me dire ça, à moi ! Excédé, il était, je le conçois, mais il y a des limites à ce qu’on peut dire à une dame, quand même ! Dégoussailler ? Moi ?! Mais pour qui il me prend, à la fin !
J’aurais pas dû m’énerver, je le reconnais, mais quand même : dégoussailler…. Je ne sais pas si vous vous rendez compte, ça, on ne me l’avait encore jamais sorti, même ma sœur au cœur de nos pires peignées d’adolescentes, c’est pour dire ! Alors j’ai vu rouge, j’avoue :
- Je dégoussaille ???! Je dégoussaille !!!! Non, mais ça va pas ! C’est toi qui va dégoussailler pour quelque chose, mon pauvre ami !!!
Et bing, le coup était parti.
J’aurais pas dû. Je sais.
Mais bon, son œil est déjà beaucoup moins violet.
Et puis, au fond, il l’a pas volé.
Le carnet de l'auteur
Cauchemar végétarien
(Il est rappelé*** que l’auteure est exclusivement carnivore)
Je suis trempée, étendue sur une planche de bois tâchée,
sans défense au milieu des courges,
des patates et d’un tas de légumes verts de peur
dont je ne connais pas le nom.
Soudain Sa gigantesque main velue s’approche… de moi.
Je ne peux pas bouger ; je ne peux pas réfléchir…
Suis-je moi aussi une cucurbitacée kaputt*?
« Et toi, la Ciboulette****, allez dégoussaille**-toi… A la poile et qu’ça saute !!!
Après ça … tu vas passer à la casserole !!! »
Au moment où Il va se saisir de moi, je me réveille en sueur…
*L’auteur voulait simplement dire « concombre » ; mais elle a été influencée par sa mère latiniste qui emploie couramment l’expression « tête de courge » en latin d’où la traduction approximative employée par sa fille indigne dans ce texte, qui se rapproche plus au final de « courge cassée ».
** L’auteure voulait simplement dire « retire tes pelures », mais elle a trouvé un synonyme plus recherché dans l’encyclopédie du Coïtus Impromptus (publie par Laurence) en surfant sur l’Internet au lieu de vaquer à ses passionnantes obligations.
*** Un lecteur attentif a suggéré à l’éditeur de décoder un peu les textes de l’auteure. (Merci à WWF)
****Référence pénible au blog de l’auteure qui est complexée du ciboulot, on l’aura compris.
Qu'est ce j'aime comme y causent, les canadiens. L'autre jour, j'ai vu un minot, y s'est pris un gadin et y s'est foutu à la baille. Vu que c'était de la vase, y puait, un vrai bocon! T'aurais entendu la mère: "tabarnak! tu t'es encore tout dégoussaillé!" avec l'accent et tout...
Je m'suis bien marrée, mais en loucedé...si elle m'avait entendu, elle m'aurait r'mis mes raves dans mon panier!
-Ouais, moi aussi. je tchipe nave, mais j'les kiffe dur."
Le onzième.
A l'issue d'un long moment de réflexion, l'homme se tourna vers son interlocuteur.
– Dîtes, vous n'avez jamais travaillé dans la pub ? lança-t-il. On ne vous a jamais appris qu'en matière de communication, on ne doit JAMAIS envoyer plus d'un message à la fois ? Et comment je vais faire, moi maintenant ? En plus, votre support est trop lourd, il ne tiendra jamais dans la voiture ! Qu'est-ce que je vais leur dire, moi, aux autres ? Jamais ils ne retiendront vos dix machins, là…
Alors, le visage marqué par le courroux, son interlocuteur brisa en deux les plaques de marbre et les jeta violemment par terre. Puis, avec un rictus démoniaque, il souffla sur le buisson qui séparait les deux hommes. Aussitôt, les feuilles de l'arbuste s'embrasèrent en un crépitement de mauvais augure ; le ciel s'éclaircit, et comme par magie, la fameuse phrase vint s'inscrire en lettres de feu sur une nuit devenue pâle.
– Tu ne désires qu'un seul message ? tonna-t-Il. Le voilà !
S'étant jeté par terre dès les premiers instants de la colère divine, Moïse releva les yeux. Désormais, tout était on ne peut plus clair, et il savait qu'à ces mots, le troupeau se rassemblerait à nouveau.
– TU NE DÉGOUSSAILLERAS POINT, était-il écrit dans l'azur.
Le carnet de l'auteure
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