Le conte de la sorcière chagrine (Cindybi)
Au village, tout le monde l'appel la sorcière. Peut-être à cause de ses longs cheveux noirs qui caressent le bas de son dos, son éternel paréo sombre de la taille aux chevilles et ses pieds nus dans ses vieilles sandales sales. Sans doute, aussi, parce que ses seins lourds se promènent sans gêne sous ses gaminets et qu'elle ne parle que par obligation avec ce regard noir qui vous transperce et cherche au fond de votre âme.
Lorsqu'elle vient au village, elle parcourt les quatre ou cinq kilomètres à pied, d'une démarche lente, la tête tournée vers le sol, semblant être dans un autre monde. C'est peut-être ça. En tout les cas, c'est sans doute ce qui fait peur à ces villageois égoïstes qui lui ferment la porte, qui n'ont pas, pour elle, de pain ni de beurre, ni d'amour d'ailleurs.
Moi, je l'ai suivi, un soir, sans honte et sans peur, dans le seul but de savoir où était son repère, ce qu'elle faisait de ces nuits, est-ce qu'elle fait de la magie? Armé de mon amour pour l'être humain, d'une lampe et d'une couverture pour la nuit à venir, j'ai marché dans ses pas, fixant sa magnifique chevelure dans son long dos fin. Je crois bien qu'elle savait que j'étais là. Mais jamais elle n'a tournée la tête pour me voir, ce n'était sans doute pas nécessaire. Elle vivait dans une grotte ouverte, devant laquelle elle avait installé une grande toile défraîchie.
Devant la grotte, une braise encore chaude, et dès son arrivée la sorcière y mit des brindilles de bois mort et quelques branches pour raviver le feu. Je me suis assise contre un arbre à quelques mètres d'elle. Elle fit une chaudronnée de pomme et de légume et lorsque le repas fut prêt, elle m'en apporta une gamelle. J'ai voulu la remercier mais elle me fit signe de ne pas parler et retourna près du feu et moi, je restai contre mon arbre. À la nuit tomber, avec de plus grosses branches, elle fit monter le feu à sa hauteur, puis, se dévêtie et se mit a danser autour. Le rythme endiablé et la folie avec laquelle elle tournait autour du feu conquis mon esprit et je me dévêts a mon tour et la rejoignis dans cette danse furieuse. Mon corps frêle et avec mes petits seins de gamine et mon ventre plat, j'avais l'air d'une fillette près de cette femme mûre aux seins pleins qui battaient contre son ventre rond, qui avait les hanches fortes et un duvet intense et aussi noir que ça chevelure.
Lorsqu'elle arrêta de danser, elle me regarda et fit un signe pour me remercier, puis, elle tourna les talons et se rendis dans la grotte pour dormir. Je la suivis. J'avais envie de la prendre dans mes bras, de la serrer bien fort contre moi et lui dire que moi, je l'aime. Lorsque je fus suffisamment près d'elle pour la toucher, elle se tourna et m'indiqua l'autre coin de la grotte. Je compris qu'elle refusait désormais l'aide et l'amour qu'aurait pu lui apporter la moindre personne. Elle était devenue la sorcière chagrine.
Ensorcelant. Il y a de cette sensualité qui se dégage de tes textes, Cindybi, qui m'envoûte complètement.
Rédigé par: l'Indécrottable | 09/08/2005 at 23:06
Heureuse de savoir que mes textes plaises autant. Merci de ton commentaire. Je n'ai pas beaucoup de temps présentement, mais dès que j'ai une opportunité, je te lis aussi.
Bise,
Cindy
Rédigé par: Cindy | 13/08/2005 at 11:08