Les cloches de l’église, les confettis, le ruban blanc sur la voiture de location, les 15 000$ investis en meubles Brault et Martineau, les sourires devant le Kodak, le regard du nouveau marié dans le décolleté de la cousine et celui du père se dirigeant à l’autel, mariée au bras, qui en dit long sur sa fille qui a assez putassé, le crayon tenu par une main tremblante s’engage par contrat, une aventure, qui s’amorce devant la robe noire du curé, risque de se terminer devant la toge noire de l’avocat, un silence dans l’église, le même que celui de la solitude à deux, pour être la vedette d’un jour aurait-il été préférable qu’elle participe à Mademoiselle Swan, elle ne le sait plus, le mononcle renverse sa bière sur la robe Ogilvy de la belle-mère, un ouragan pendant le voyage de noces à Cancun, un mariage dont les paiements sont échelonnés sur 10 ans, le chevalier servant du Moyen-Âge ne sait même pas monter à cheval, ni elle d’ailleurs ne s’adonne plus à la peinture à l’aiguille depuis des millénaires, ils ne se sont pas dit « Je t’aime », trop occupés aux faire-parts, aux réservations, aux photos, aux bavardages de la famille et aux cadeaux.
Pendant ce temps, Jean et Paul tentent de déterminer lequel des deux portera la robe blanche de la virginité, le porte-jarretelle qui flyera sur le prochain couple vedette – Mario et Guy, pensent-ils – et entendent déjà leurs invités autour d’eux, s’écriant : « Vive la mariée », couverts des confettis, comme les paillettes couvrent les travestis, reflets intermittents sur la boule en miroir disco.
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