Quelques réflexions quant au journal du samedi matin
D'abord, la chronique de Gil Courtemanche sur l'opportunité de s'éloigner du Québec et du Canada pour pouvoir y réfléchir a quelque chose de dérangeant.
Grand bien fasse à M. Courtemanche s'il a l'opportunité de s'éloigner régulièrement pour réfléchir mieux, mais j'ai la non-humilité de croire que j'ai été capable d'arriver aux mêmes conclusions que lui sans bouger d'ici. On a quand même pas besoin d'un séjour à La Haye pour conclure que l'opposition libérale à Ottawa est une opposition fantoche!
Ce qui m'a surtout énervée c'est la référence à cet «endroit où les idées existent encore». Et que ça m'énerve cette dévotion à l'Europe des idées. Premièrement, les idées existent au Québec comme au Canada et aux États-Unis. Qu'elles ne soient pas ou peu relayées par les médias relèvent d'autres considérations, sociologiques certes et qui méritent attention.
Mais les intellectuels d'ici qui se pâment sur la vie intellectuelle de là-bas se sont-ils déjà demandés si leur connaissance intrinsèque du Québec leur fait voir des réalités d'ici qui leurs sont inaccessibles là-bas parce qu'ils sont de passage et fréquentent essentiellement les cercles intellectuels? J'étais en France en 2002 lors de l'horrible 2e tour opposant Le Pen et Chirac et je vous avoue que dans la commune de jeunes où j'évoluais, ça idéationnait pas très fort et ça se sentait pas mal coupable de ne pas avoir été inscrit sur la liste électorale. On écoutait Loft Story, de le musique américaine, se nourrissait au Kinder Surprise et au McDo (bien plus que mes amis d'ici!), on ne connaissait rien aux grandes idées de l'heure et on zappait devant les émissions d'affaires publiques où les intellectuels s'engueulent. D'ailleurs, lors d'une émission de Qui veut gagner des millions? j'étais la seule de la commune à savoir que Rousseau avait écrit Du contrat social. Donc basta hein...
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Le Devoir répondait ce matin à l'invitation à rendre les armes des éditorialistes de Gesca à leurs «amis souverainistes». Notons la finale de l'éditorial de Bernard Descôteaux: «Déposer les armes est une expression qui a d'ailleurs un sens bien concret, celui de la reddition... à moins que tous ne le fassent. Disons «à nos amis fédéralistes» qu'il leur appartient de s'ouvrir aux préoccupations des souverainistes s'ils veulent que naisse un projet de société commun pour le Québec.»
Et je crois que Michel David est un de mes journalistes préférés. Pour la justesse de son propos souvent, mais surtout pour l'efficacité de sa plume et sa douce ironie. Entendez: «Le moment semble bien mal choisi pour rendre les armes, comme Alain Dubuc invite ses amis souverainistes à le faire. Remarquez, il y aura toujours des gens pour trouver que la soumission à la loi du plus fort est une preuve de discernement.»
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Mon journal du samedi matin (voir le Devoir de philo avec Georges Lereoux) me fait dire à Gil Courtemanche que les idées existent encore au Québec. Pas tout le temps sur les sujets dont on voudrait parler et avec la répercussion qu'on souhaiterait leur donner. Mais elles existent...






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